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LA CHINE

il s’est rué, pourrait-on dire, dans la voie de la civilisation, il a adopté une constitution parlementaire; et bien qu’actuellement il se soit produit une réaction contre les nouveautés, le Japon est entré dans une voie d’où il ne sortira plus. Voici un fait qui le prouve. La baptême du premier Japonais converti a eu lieu en 1864. Les progrès de l’Evangile ont été d’abord lents et contrariés; si bien qu’en 1875 encore, deux Japonais étaient menacés d’amende pour avoir assisté à un enterrement chrétien. Et aujourd’hui, — ou plutôt en 1893, on comptait 35,531 chrétiens protestants au Japon.

La Chine était naguère fermée aux influences du dehors par une muraille cent fois plus solide, plus haute, plus infranchissable que la fameuse muraille qui garantissait la frontière; c’était le rempart de son orgueil et de ses préjugés nationaux qui interdisait à toute idée, à tout progrès venant de l’étranger l’accès de ses populations.

Depuis, la Chine a ouvert aux étrangers, d’abord quelques-uns de ses ports, ensuite l’intérieur de ses dix-huit provinces, vastes et peuplées comme des royaumes... si bien qu’outre les Sociétés de missions qui opèrent depuis des années sur les côtes, Hudson Taylor a pu fonder pour la Chine intérieure, exclusivement, une société qui ne compte pas moins de 552 missionnaires, hommes et femmes.

Je ne dis rien de l’Inde, dont l’ouverture est un

l’afrique.

peu moins récente, et je passe à l’Afrique, cette autre forteresse du paganisme. Ici, encore, je pourrais citer des chiffres et des dates. J’aime mieux vous décrire la petite carte que je tiens à la main. Elle représente l’Afrique telle que l’ont faite les derniers traités. Dans un cartouche placé à l’angle inférieur on peut voir l’Afrique telle qu’elle se présentait, au point de vue colonial, en 1876, c’est-à-dire il y a dix-huit ans Le contraste est immense, écrasant. Alors les possessions et les zones d’influence européenne n’occupaient qu’une partie infinitésimale de la surface totale du pays. En dehors des colonies françaises de l’Algérie et du Sénégal, des colonies anglaises de Sierra Leone, de la Côte d’Or et du Cap, des possessions portugaises d’Angola et de Mozambique, l’Afrique était livrée à elle-même ; les dix-neuf vingtièmes de son territoire étaient indépendants. Aujourd hui, c’est à peine s’il reste un cinquième ou un sixième de surface totale qui ne soit pas occupé ou tout au moins revendiqué. Cette partie sans maître européen, c’est, outre le Maroc, la portion orientale du Soudan, bornée au nord par la Tripoli laine, à l’est, par l'Egypte et la mer Rouge, à l’ouest, par le Soudan français, au sud, par le Cameroun, le Congo français, le Congo belge et l’Est africain anglais. — Tout le reste est aux mains des nations européennes : la France, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal, l’Italie.

Que conclure de ces faits, sinon que, comme

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