SPANISH. ÉCOLE INDUSTRIELLE ET COUVENT
De fait, les inspecteurs officiels, dans leur double visite annuelle, n’ont jamais ménagé les éloges à 1 œuvre éducatrice de Wikwemikong d’abord, puis de Spanish. Il semble même qu’ils aient parfois exagéré. L un d eux déclarait en 1907: « L'École Industrielle de Wikwemikong l’emporte d’emblée sur les autres de même genre que j’ai visitées, et elle n'est certainement inférieure à aucune école de blancs dans ces régions. »
Ce qui est certain, c’est que l'amour de l'agriculture a été développé chez nos élèves de Wikwemikong et de Spanish, de façon à laisser loin derrière eux les élèves des Écoles industrielles protestantes. Un voyageur, très au courant des résultats chez les uns et les autres, en faisait l’aveu: «Je suis protestant, mais je reconnais franchement la supériorité de vos sauvages catholiques pour les mœurs et pour leur application aux travaux des champs. )) Les anciens élèves de l'École sont parmi les plus progressifs et les chefs du mouvement. On a remarqué que certains villages se dépeuplent au profit de la campagne. Dieu veuille que le feu sacré ne s'éteigne point au cœur de nos sauvages!
La forge, la menuiserie, la cordonnerie ont aussi leurs élèves, mais en moindre nombre que la ferme, et il arrive que plusieurs, au sortir de l'école, prêts à prendre un métier, s'adonnent plutôt à l’agriculture. Les métiers ont pourtant leurs adeptes: de bons forgerons, de bons menuisiers, d’habiles mécaniciens, des chefs d'équipe dans les chantiers conduisant une centaine d'hommes blancs, des marchands faisant leurs achats, leurs ventes, et tenant leurs livres à la perfection.
Ce que nous disons des garçons de l’école peut se répéter avec avantage des élèves du couvent. Les filles gardent généralement plus longtemps la formation reçue. Elle se remarque dans les jeunes ménages indiens où ce qui a été appris au couvent est appliqué avec soin, avec goût, avec une grâce parfaite: la maison est bien tenue, les repas sont appétissants, la couture, le tricotage se font régulièrement.
DU LAC NIPISSING A MICHIPICOTON
Mais au-dessus des métiers et des soins du ménage, il y a, dans l'une et l'autre école, la formation de l'intelligence et l’éducation de la volonté. L'enseignement est bon, les classes bien faites, les élèves dociles; les examens, régulièrement institués, prouvent les succès obtenus; 1 inspection officielle est très nette sur ce point. L’année dernière (1924), quatre élèves du couvent se sont pré-