‹ Les mitaines de l'ami Poulet comedie en deux actesChapitre 33 sur 51 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

PAOUME.

Mais, comme pénitence, nous vous garderons jusqu’à ce

soir. (Claude leur prend les mains à toutes deux et les porte en même temps à ses lèvres.)

LÉON, le taisant tourner de son cêté.

Et moi?

CLAUDE, gaiement.

Toi? je te méprise; mais j’ai besoin de ta protection, et je ie ménage, (it le prend sous le bras.)

Tu ne risques rien, je vais te faire aller, (coup de sonnette à gauche.)

PAULINE

Ah ! mon Dieu, voilà ma tante qui sonne I

LÉON

Va vite voir ce qtx’elle veut, Pauline.

CLÉMENCE

Moi, je vais veiller à son déjeuner. (Appelant.) Françoise! Allons donc, Pr.tnçoise! (Pauline entre à gauche, Fraueoise vient du dehors et prépare la table, aidée par Clémence.)

CLAUDE, à Léon, sur l'avaut-scénc.

Mon cher, je vais te dire deux choses qui te surprendront peut-être beaucoup.

LÉON

Voyons la première.

CLAUDE

J’ai vendu mon tableau dix mille francs, et j’en ai un second de commandé au même prix.

LÉON

Dix mille francs I Fichtre I quel succès ! A quels protecteurs en es-tu redevable ?

CLAUDE

Aux meilleurs de tous, à mes dix doigts.

LÉON

Mille francs par doigt I c’est superbe ! El lu ne nous eu disais rien !

claudeI

Cela rentre dans la secoinle surprise que je te prépare. Maintenant que je suis à peu jirès sûr de ne pas mourir de faim, je voudrais mettre mes Itillets de banque au fond d’une corbeille de mariage.

LÉON

Monsieur a des projets d’établissement?

CLAUDE

‘ Tu as des yeux, n’esl-ce pas, et ta femme aussi? Voilà huit mois que j’aune ta sœur.

LES MlTAl.VRS UE L ASII POULET.

LÉON

C’est ça qui t*a ramené, lu’if'and.

CLAUDE

Veux-tu me la domier, oui ou non?

LÉON, jouaut le protecteur. '

Cerlainenieiit, cher monsieur, je serais enchanté de vous être agréable... Mais, vous comprenez?... une airaire de celte impoitancc... Kutin je réfléchirai... revenez me voir datis quelque temps... Du reste, comptez sur moi... je vous suis entièrement dévoué.

CLAUDE

Tu plaisantes?

LÉO.N

Du tout, je te protège! Ah! tu voudrais arriver du premier coup, toi? tu ne connais pas d’obstacle. Gnsman va!... Mais moi qui te parles, voilé un an que je demande aussi une

f tauvre petite place en mariage, et qu'on me tient le bec dans 'eau avec de belles phrases.

CLAUDE

Parce que tu ne vas pas droit au but, franchement, hardiment, couüant dans ton mérite et dans la bonté de ta cause.

LÉON

C'est ça, dis-moi tout de suite que ma sœur t’adore, qu’elle est folle de ta personne.

CLAUDE

Non... ce serait bête ! Mais, sans lui avoir parlé de mes sentimeuts, je crois m’être a|)erçu que Pauline...

PAULINE, reolnat.

Ah t vous parlez de moi? Qu’esl-ce que vous dites?

CLAUDE

Demandez à votre frère...

LÉON

Permets... permets...

CLAUDE

Moi, j’ai un mot à dire à ta femme.

LÉON

Ta complice...

CLÉMENCE| se relouroAuta

Qu’est-ce que c’est?

LÉON

Vous VOUS entendiez, j’en suis sûr.

CLAUDE

Malin! (ll remoute vers Clémence.)

PAULINE

Je ne comprends rien à tout ça.

LÉON

Approcbiîz, mademoiselle. Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

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