SCÈNE V
Les MÊMES, LA TANTE GORJU.
LA TANTE GORJU, entrant.
Pauline I Nicolas ! Françoise !... Tout le monde sur le pont!
LÉON, i part.
Voilà les bordées qui commencent. (Françoise sfempreue d’approcher la table.)
LA TANTE GORJU
Vite ! mon déjeuner ! L’air de la campagne me donne un
appétit... (Pauline lui donne une chaise.)
CLÉMENCE
Voti.s avez ce matin une mine charmante.
LÉON
’Vnii, vous nijeuiiissez.
LES MITAINES UE L'aMI POULET
LA TANTECORJU.
Malhonnête ! Comme si j’en avais besoin.
CLKMENCE.
Ne faites pas attention, ma tante, Lrou est un peu agité, préoccupé.
LA TANTE GOiUÜ. déjeunant.
A propos, pourquoi ne vous ai-je pas encore vu, monsieur mon neveu ?
LÉON
J’ai eu affaire... je suis sorti...
LA TANTE GORJU
Sans me dire bonjour., sans l’informer de ma santé t Aurait-on supprimé les saluts d'usage envers les grands parents?
CLAUDE, bas à Pauline. j
Combien de coups de canon exige-t-elle ?
CLÉMENCE
Mon mari est évidemment très-coupable, chère tante ; mais c’est un petit oubli qui ne se renouvellera pas ; n’est-ce pas,
Léon ? '
• LÉON
Certainement!.,, comment donc!... Cette bonne tante!- .
(a part.) Qu’est-ce qui prend à ma femme ?
LA TANTE GORJU. '
Je tiens aux égards, des égards avant tout ! Sinon, je vous j en préviens, je place tout en viager. I
CLAUDE, bas. |
Si elle pouvait se placer aussi. (Nicolas apporte le thé et le plaoe sur U table.)
' LA TANTE GORJU
Qu’est-ce que m’a dit Nicolas? Que vous l’accusiez de voler vos pêches?
LEON
Certainement !... Je l’ai surpris se régalant des plus belles.
NICOLAS
Une malheureuse pèche tombée et véreuse.
FRANÇOISE
C’est comme pour moi; monsieur a bien l’air de supposer... D’abord, monsieur suppose toujours le mal, et ça ne me convient pas.
LÉON
Et il ne me convient pas non plus...
CLÉMENCE, It: retenant.
Mon ami, je t’en prie...
LA TANTE GORJU
Un garçon élevé sous mes yeux... mon ülleul 1 voler des pêches !... Pourquoi ne dis-tu pas aussi que j’en ai volé, moi ?
, LÉON
Mais, ma tante...