Heinse, lettre à Gleim
que quelqu'un qui n'a ni vu ni entendu ce Goethe puisse écrire un seul mot de juste sur cette extraorr dinaire création du bon Dieu. Une heure passée dans sa compagnie suffît pour comprendre combien c'est absurde d'attendre de lui qu'il pense et agisse autre.ment qu'il ne fait ; non que je lui conteste la faculté de se perfectionner encore ; mais rien d'autre quç ce qu'il est n'est possible avec sa nature, laquelle se dér veloppe elle-même comme la fleur croit, comme le grain germe, comme l'arbre épanouit ses rameaux dans l'air et se couronne 1 . »
VIÏ
Cependant, que l'Olympe et ses habitants ne nous rendent pas injustes envers cette pauvre terre et n'oublions pas que dans ce demi-dieu que tentent les hasard?, dans cet aigle qui bat des ailes à l'éblouissante lumière de la vie, il y a aussi Fenfent des bords du Rhin, dont un vin limpide et généreux a dès le berceau frotté la lèvre. Ce fut dans Spinoza que les fébriles aspirations du Goethe de cette période trouvèrent à se satisfaire. Un jour, en remuant la biblio-