‹ Les modernistes, notes d'histoire religieuse contemporaine, avec le texte intégral de l'Encyclique Pascendi, du Syllabus Lamentabili et de la Supplique d'un groups de Catholique française au pape Pie XChapitre 14 sur 82 · Journul des Déhais du 24 février · texte numérisé non relu

Journul des Déhais du 24 février

Puisque le nom de ce journal est venu sous ma plume, il faul bien que je dise avec quel iutércL les personnes, préoccupées par les alTaircs relij;ieuses, y suivent, soiL les arlicles de M. de Quiiielle, soit les correspondances romaines sijrnées M. P. Ces études sont laites avec une connaissance et une conscience bien rares dans des questions aussi délicates. Je suis d'autant plus heureux de rendre cet hounnaj^e, qu'on est obiii;é de constater un étran.^c iléchisseincnt dans beaucoup dor^anes de la prcssieuropéenne, en ce qui concerne les ciioses de Home.

11 y a au Vatican un certam Mj;r Benigni, arrivé rapidement à une position unique et inespérée, par la maestria avec laquelle il a su orf;aniser les rapports du Saint-Siè^ic avec la presse. Je me jjarderai bien de l'accuser, comme on le fait quebjuefoi.s. d'avoir acheté à beaux deniers comptants tel ou lel

PRlJbACE XXIII

quelle le recleurd'uii séminaire d'Italie le queslionuait sur cet hérétique. Il pourrait retrouver le même iutérèt en Allemagne, même chez des hommes que M. Loisy combat ; en Angleterre, chez des prélats qui suivent ses travaux, à la fois anxieux et subjugués. En février dernier, sur la table de travail d'un évêque anglican, je vis le commentaire sur les u Synoptiques » et l'étude sur le « Quatrième Evangile » : ((Voici des années, me dit le précorrespondant de Londres ou de Paris, car je suis assez romain pour savoir que si, sur les bords du Tibre, on vend un peu tout, on se {^arde bien d'acheter quoi que ce soit. Mais il y a un moyen moins jrrossier et pourtant plus efficace de s'assurer la docilité des publicistcs, c'est de leur supprimer les communiqués,

Mjfi- Beniirni n'a pas la naïveté de ces gouvernements qui fournissent à toute la presse un bulletin quotidien identique. Il se donne la peine de nuancer sa prose, suivant qu'elle doit arriver à Madrid, New-York ou... Gejiève.

Cette main-mise par les ajrents du Saint-Siège sur un certain nombre d'organes de l'opinion publique, est bien un des plus tristes cotés du pontificat actuel. Le rôle étonnant de Lr Corrispondeiizn Homaiia, miroir fidèle des lectures, des vues, des pensées, des espoirs, des colères, des haines, des elTrois, de l'arrogance et de la niaiserie, d'un pouvoir qui parle au nom de Dieu lui-même, n'est pas la moindre ironie d'un pontificat qui en présentait déjà tant d'autres.

Pour le moment, l'opinion publique est occupée ailleurs, ei beaucoup de ceux qui jettent des pierres contre le Vatican lui paraissent, avec raison, peu quahliés pour se poser en apôtres de !a morale ou de l'idéal.

Mais, f^ui sait si le joui- où on verra Mgr Benigni et Mgr Moni.agnini recevoir le chapeau de cardinal, il n'y aura pas. dans l'Eglise, un irrésistible mouvement contre une camarilla dont le règne ne paraîtra pas seulement comme un scandale, niaits aussi comme un des faits les plus invraisemblables de l'histoire ecclésiastique de ces derniers siècles ? (Voir aux additions, p. 2il, note 1).

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