‹ Les modernistes, notes d'histoire religieuse contemporaine, avec le texte intégral de l'Encyclique Pascendi, du Syllabus Lamentabili et de la Supplique d'un groups de Catholique française au pape Pie XChapitre 20 sur 82 · PRÉFACE XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXV

est sans doute très fréquente ; elle )ie date pas d'aujourd'hui, et c'est elle qui fait si facilement accuser les croyants de duplicité et d'hypocrisie. Mais elle n'est à aucun degré celle des modernistes. Leur caractéristique est au contraire d'être arrivés à une harmonie intime parfaite. Leur science illumine leur foi, et si elle la leur rend moins mystérieuse, elle leur en montre mieux les racines et la solidité.

Prenons un exemple précis : la question du qua- Irième l'évangile est, à l'heure acluelic, une des plus débattues: une certaine orthodoxie délibérant à huis clos, décrète qu'il est de l'apôtre Jean et que ses récits sont k prendre dans un sens strictement historique.

Un certain rationalisme vient à son tour, et, après avoir démontré que ce document a un sens .symbolique, en arrive à conclure qu'il est sans valeur.

Le modernisme suivra-t-il la voie moyenne et acceptera-t-il théoriquement le point de vue rationaliste, tout en retenant l'usag-e orthodoxe de ce document? Non. Par une vue plus scientifique que celle du rationaliste, il échappe au dilemne : k L' Évangile et la tradition chrétienne ne sont pas seulement de vieux souvenirs qu'il nous est loisible de consulter ou de laisser tomber: ce sont des expériences religieuses qui subsistent en quelque façon dans les

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nôtres, et f oserai dire que nous ne réussirions pus à les détruire tout à fait en nous-mêmes, supposé que nous puissions les chasser de notre mémoire '.

Jamais on n'avait marqué avec plus de honheui' la faute de ceux qui, sous prétexte d'exalter les livres sacrés, en font des documents d'origine extrahumaine, et de ceux qui, ayant constaté qu'ils n'ont rien d'absolu, ne veulent plus s'apercevoir de leur immense valeur, comme éléments constitutifs d»^ notre pensée^ de notre vie morale.

Le rationalisme antireligieux et 1 intellectualisme orthodoxe, plus opposés eu apparence qu'en réalité, partent l'un et l'autre d une identique notion d'absolu. Le modernisme se meut dans un tout autre plan, celui de la réalité, de la vie et de l'expérience ; il n'a pas plus besoin de croire son ég-lise métaphysiquement infaillible, pour lui être fidèle, qu'il n'a eu besoin de croire ses parents impeccables ou omniscients, pour les aimer et leur obéir.

Il est très vrai qu'il voit les grands Jémoins de la vie religieuse de l'humanité bien plus près de nous, mais ceux-ci gagnent en réalité et en vérité ce qu'ils perdent en majesté.

Le moderniste sent la vie actuelle de l'Eglise et

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