‹ Les modernistes, notes d'histoire religieuse contemporaine, avec le texte intégral de l'Encyclique Pascendi, du Syllabus Lamentabili et de la Supplique d'un groups de Catholique française au pape Pie XChapitre 25 sur 82 · XLII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLII PRÉFACE

premire los tristes sentiers de l'hypocrisie et de la délation.

Mais l'appel des modernistes est allé émouvoir et réveiller bien des consciences, en dehors même des milieux et des institutions ecclésiastiques.

Qui pourrait dire la puissance rayonnante des jeunes laïques qui arrivent à la claire vision d'un catholicisme renouvelé? Parfois, sans le savoir, ils purifient la loi ef la vie de ceux qu'ils approchent.

I/an dernier, iun d'eux, menacé de l'excommunication majeure, sentit le besoin de s'approcher des sacrements et de leur demander la foice dont il avait besoin pour supporter la mesure dont il était menacé.

Un matin de juin, il alla frapper a la porte d un couvent, aussi célèbre que modeste, de 1 Italie centrale, et demanda un confesseur. Le frère portier eut un moment de stupeur. Certes, il voyait passer, chaque année, bien des milliers de paysans dans le petit sanctuaire, mais aussi loin (|ue ses souvenirs remontaient, il n avait jamais vu «< un Signore venant se confesser. Il hésita un instant , fixa l'étranger avec une insistance à la fois blessante et familière, puis, croyant avoir trouvé une réponse à l;i question qu'il s'était posée mentalement, il sortit les mains du baquet où il lavait de la salade, et

PREFACE XLlli

les essuyant vigoureusement : ■ Oui, oui, fit-il. je comprends... je vais appeler le Père Gardien. >'

L'étonnement du Supérieur ne fut pas moins ^rand que celui du frère lai. Tout préoccupé, il alla s'asseoir au confessionnal.

L'entretien fut court; déjà la main du prêtre se levait pour bénir le pénitent et lui donner l'absolution, quand celui-ci l'arrêta : « Ma confession ne serait pas complète, si je ne vous disais mon nom : je m'appelle et si vous avez lu certains journaux, vous savez que je suis menacé de l'excommunication ».

Le moine s'était presque dressé, il enveloppa son pénitent d'un long regard d'attendrissement et d'admii'ation. « .le vous remercie de jvotre franchise, dit il. Peut-être serez-vous excommunié demain, mais je n'ai aucun droit de vous traiter comme tel aujourd hui. Je prierai pour vous. Priez, vous aussi pour moi, beaucoup, beaucoup. »

L'instant d'après, rayonnant de joie il préparait lui-même l'autel ; puis il célébra la messe. Que se passa-t-il entre ces deux hommes, quand, le moment de la communion venu, le prôtrc apparut, les yeux pleins de larmes, transfiguré par l'émotion? Eux-mêmes, sans doute, ne pourraient pas le lire ; mais ce qui est sûr, c'est que ce bon religieux doit à un jeune la'ique suspecté et presque chassé de

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