PRÉFACE XLV
pond à une si vivante réalité. Ce que nous avons surtout dans les lettres, ce sont les i^elations de TauLeur avec sa paroisse. Elle ne ressemble guère, il est vrai, à une paroisse ofïicielle ; le curé ne porte pas sur les épaules l'étole, marque distinctive de sa charge ; mais il a dans le cœur le signe d'élection par excellence, il sent qu'il se doit à son troupeau. Il ne mesure pas son zèle d'après le rang- des paroissiens ; il court à celui qui a le plus ])osoin de lui, à l'isolé, au dévoyé, au plus faible.
Il s'attarde dans la maison du pauvre, du péager, de l'hérétique, et quelques-unes de ces lettres, peut-être les plus importantes, sont adressées à de simples prêtres, à des séminaristes, à un étudiant protestant, voire même k des hommes qui ne jouissent que d'une considération mitigée, et pour lesquels Loisy n'éprouve aucune sympathie personnelle. Il a suffi qu'ils aient exprimé le désir de recevoir ses avis, pour qu il se soit senti tenu de leur répondre, obligé de se donner à eux.
Certains de ses adversaires ont constaté dédaigneusement qu'il n'avait pas réussi à fonder d'école. C'est qu'il a fait plus et mieux : il a fondé une famille qui a jeté ses racines dans le monde entier.
Les fils de Loisy ne se figurent pas honorer leur père spirituel, en répétant ses conclusions; ils ont