F.KS MODERNISTES
En délînitive, lo modernisme est un réveil. S'il f s'était produit dans un milieu protestant, il se serait traduit par des eojiversions ou des rég-énérations individuelles ; se produisant dans des milieux catholiques, il s'est traduil par un intense besoin de communion. Communion avecle passé, par les travaux de l'exég-èse et des études historiques ; avec le présent, par le renouvellement de l'apologétique et les elTorts démocratiques; avec l'avenir, que l'on s'ef- Inrcede préparer. C'est un courant inattendu de mysticisme qui traverse notre siècle et communique à ceux qui vont y boire, des ardeurs, des puissances indicibles.
Le 7 juillet dernier, jour de la commémoration de Garibaldi, j'étais à Florence. L'enthousiasme populaire était au comble ; la ville entière vibrait, unie dans un même sentiment de piété patriotique.
Seuls, au cœur même de la cité, trois monuments faisaient tache dans cette symphonie d'enthousiasme; l'archevêché, la cathédrale et le baptistère; ces maisons de Dieu, qui jadis furent bâties par le peuple et pour le peuple, restaient muettes, jalousement fermées, veuves de toute décoration. Pendant toute la journée, le dôme superbe eut l'air de dire à l'allégresse de la cité : « Qu'y a-t-il entre toi et moi, je ne te connais pas ».
Le peuple voulut constater cette abstention et cette antithèse.
Vers le soir des centaines de sociétés défilèrent à travers la ville. Elles décidèrent qu'en passant devant la cathédrale et rarchevêché, elles rendraient silence pour silence, dédain pour dédain. En arrivant sur la place, les chants et la musique cessaient ; devant Tarchevêché, les bannières étaient baissées silencieusement, la pointe vers le sol, en sig-ne de réprobation.
Et ce fut un spectacle que je n'oublierai jamais, que celui de cette ég-lise ne comprenant plus le peuple qu'elle a élevé, et de ce peuple blessé par sa mère et son éducatiice dans ses instincts les plus profonds.
Or, voici que le défilé touchait à sa fin, lorsque tout à coup, là-haut, dans les combles de l'aveug-le et muette demeure archiépiscopale, une petite fenêtre s'ouvrit brusquement. Une tète parut. Une main a^ita un minuscule drapeau... ô surprise ! le drapeau tricolore de l'Italie libre et unifiée, et dans le g^rand silence, augmenté encore par la stupéfaction, un cri tomba Evviva Italia! Vive l'Italie. Brusque, il se répète, douloureux, angoissé, triomphant. En un clin d\eil le cortège garibaldien s'était arrêté, drapeaux et bannières se relevaient. Une formidable acclamation retentit, et dans les yeux de beaucoup de ces hommes, l'instant d'avant courroucés et aigris, on voyait perler des larmes de joie.
Joie sainte et pure de la vie qui trouve la vie, là où elle ne pouvait plus 1 attendre.
Celte scène, Mesdames et Messieurs, n'est-elle pas, en petit, ce que le modernisme nous montre sur un plus vaste théâtre.
Ceux qui régissent ll^^i^lise Romaine, boudent la civilisation moderne. Ils se désintéressent de nos préoccupations scientifiques aussi bien que de nos aspirations populaires. Mais voilà qu'à Home même •et au Vatican, à Londres comme à Paris, k Milan comme à Munich, à Louvain comme à Fribourg-, du tond des palais, des couvents, des séminaires ou des universités, des voix ont appelé. Là-bas. où tout nous paraissait si mort, la vie palpite encore. Nous '.'acclamerons, comme firent les Garibaldiens de Florence, et nous retournerons à notre travail avec ane joie, une espérance et un amour de plus.
Mesdames, Messieurs,
Dans la précédente conférence, j'ai tâché de caractériser la renaissance catholique elle-même, vie vous montrer que c'est une crise de croissance organique et harmonieuse, une élaboration intime aussi naturelle et aussi merveilleuse que celle de la planLe qui s'épanouit et produit la fleur. Aujourd'hui je voudrais entrer dans quelques détails moins généraux, vous nommer quelques-uns de ces hommes traqués par Rome sans relâche et sans pitié : on en est arrivé là-bas à regretter le Conseil des Dix et l'Inquisition d'Espagne'.
i. Cette affirmation est trop frrave pour que je ne tienne pas à la documenter. Voici les textes dans leur intégrité et leur crudité. On a pu lire dans la Corrispondenza Romana (Voir dans la préface ce qui concerne cet intéressant orii^ane) du 18 septembre 1907.
« Abbiamo rilevato la nota dominante dci primi commenti t'atti noi giornali e circoli non cattolici a proposito dellEnciclica Piiscendi.
* E générale la costatazioue délia somma iniporlanza, teorica
Je ne vous parlerai point des modernistes anglais, quoiqu'il y en ait de tout premier ordre ; je ne vous en parlerai pas pour deux très bonnes raisons : lu première, cestquevousdevezles connaître beaucoup mieux que moi; la seconde, que Rome ne vous en connaît qu'un seul. 11 est vrai que celui-là en vaut beaucoup d'autres, c'est le P . Georges Tyrrell, ancie u membre de la Compagnie de Jésus'.
L'Angleterre aurait-elle donc échappé à la contamination moderniste? Je regrette de troubler un peu plus la quiétude de ce bon Pie X, el de lui dire que les rapports qu'il reçoit de l'épiscopat anglais, comme tous les documents officiels, sont d'un optimisme exagéré. On dit au Saint-Père : tout va bien, parce que cela lui fait plaisir et qu'on aime mieux lui annoncer de bonnes nouvelles, et puis aussi parce qu'onpréfèregarder la direction de son iliocèse. Les
e pratica. del documento pontificio, nonchè del ptio jrrando valore di concelto e di esposizione nella parte dotlrinak-. Quanta ai provvedimeiiti discipliuari délia parte dispusiti\a nei detti l'oj^Ii e ciicoli vi si vuulc (rovare un terrorismo chc fa ripeterc i nonii dell'Inquisizioue di Spagna c del Consiglio dei Dioci.
« Ui (juesla critica abbiaiiio doniandato un giudizio nei piu conipetenti circoli ecclcsiasLici ; e la risposta puô riassumersi cosi : « — I nomi tanlo abusati delllnquisizione spairnuola >■ del Gonsiglio dei Dieci possuno inipressionare gli ij.-^nari, non quelli che sanno quanlo contribni Tlnquisizione a nianteuero sempre ed intcramente caLlolica la Spagna e quanlu Venezia dovctte al Gonsiglio dei Dieci se la sua Hcpubliia fu cosi potenLe e longeva : sicchè quelle duc abusale rievo cazioni, nei nostro caso, sarebbero, se mai, una giustilicazione e un buon auspicio. »