XLI. Les sacrements n'o;it d'autic but que d'évoquer
;ï l'espi'it de l'homme la présence (oujours bienfaisante du Créateur.
XLII. La conuuunaulé chrétienne a introduit la nécessité du Baptême, en l'adoptant comme un rite nécessaire et en y annexant les obligations de la profession chrétienne.
XLIII. L'usage de conférer le Baptême aux enfants fut une évolution de la discipline, qui fut une des causes pour lesquelles ce sacrement se dédoubla eu Baptême et en Pénitence'.
XLIV. Rien ne prouve (jue le rite du sacrement de Confiiination ait été usité par les Apôtres ; au contraire, la distinction formelle des deux sacrements, savoir le Baptême et la Confirmation, n'appartient pas à l'histoire du christianisme primitif.
XLV. Tout n'est pas à entendre historiquement dans le récit de l'institution de l'Eucharistie par Paul (I Cor., XI, 23-25).
XLVL Le concept du cin-étien pécheur réconcilié par l'autorité de l'iilglise ne s'est pas présenté dans la primitive Eglise; mai.-> l'Église ne s'est faite à ce concept que très lentement. Bien plus, même après que la Pénitence eut été reconnue comme une institution de l'Eglise, elle ne portait pas le nom de sacrement, regardée qu'elle était comme un sacrement honteux.
XLVII. Les paroles du Seigneur : Recevez V Esprit- Saint; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Je, XX, 22-23), ne se rapportent point du tout au sacre-
1. Cette traduction est plus exacte que celle de l'Univers (iO juillet 1007) : <> L'usag-e de conlérer le bajitcnie aux enfants l'ut une évolution disciplinaire, dont une des raisons élait de faire deu.x sacrements d'un seul, le baptême d'une part et la pénitence de l'autre. »
["Note de la Revue du Clergé français.] J. B.
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ment de Pénitence, quoi (ju'il ait plu ;iux Pèi-os de Trente d'affirmer.
XLVIII. Jacques n'entend pas, dans son épître (vers. 14 et 15), promulguer un sacrement du Christ, mais recommander un pieux usage, et s'il voit peut-être dans cet usage un moyen de grâce, il ne l'entend pas avec la même rigueur que les théologiens qui ont fixé la notion et le nombre des saci-ements.
XLIX. La Cène clirétieiine pi-enant peu à peu le caractère d'une action liturgique, ceux qui avaient coutume de présider la Cène acquirent le caractère sacerdotal.
L. Les anciens, qui étaient chargés de la surveillance dans les assemblées des chrétiens, ont été établis par les Apôtres prêtres et évèques. (;n vue de pourvoir à l'organisation nécessaire des communautés croissantes, non pas proprement en vue de perpétuer la mission ei le pouvoir apostoliques.
LI. Le mariage n'a pu devenir sacrement de la Nouvelle Loi que beaucoup plus tard; en effet, pour (jue le mariage tut tenu pour un sacrement, il fallait au préalable que la doctrine théologique de la grâce et desacrements eût acquis son plein développement.
LIL II n'était pas dans la pensée du Christ do constituer l'Eglise comme une société destinée à durer sur la terre une longue série de siècles: au contraire, dans la pensée du Christ, la fin du monde et le royaume du ciel étaient également imminents.
LUI. La constitution organique de lEglise n'est pa^immuable; mais la société chi'éticnne est sujette, comme toute société humaine, à une évolution perpétuelle.
LIV. Les dogmes, les sacrements, la hiérarchie, tant dans leur notion que dans la réalité, ne sont que les interprétations et les évolutions de la pensée chrétienne, qui ont développé et perfectionné [par des ap-
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Iioits exti'i'ieurs le petit germe latent dans l'Évangile.
LV. Jamais, on vérité, Simon Pierre n'a même soup- (;onné que le Christ lui eût délégué la primauté de l'ICglise.
LVI. L'Kglise romaine est devenue la tête de toutes les Eglises, non pas par une disposition de la divine Providence, mais eti vcitu de circonstances purement politiques.
LVII. L'Eglise se montre ennemie du progrès des sciences naturelles et théologiques.
LVIII. La vérité n'est pas plus immuable que l'homme lui-même, puisqu'elle évolue avec lui, en lui et par lui.
LIX. Le Christ n'a pas enseigné un corps déterminé de doctrine qui fût applicable à tous les temps et à tous l(>s hommes, mais il a plutôt inauguré un mouvement religieux qui s'adapte ou (jui doit être adapté à la diversité des temps et des lieux.
LX. La doctrine chrétienne fut, en ses origines, judaïque, mais elle est devenue, par évolutions successives, d'abord paulinieniie, puis joIianni(|ue. enfin hellénique et universelle.
LXL On peut dire sans paradoxe que, du premier chapitre de la Genèse au dernier de l'Apocalypse, aucun chapitre de l'Ecriture ne renferme une doctrine absolument identique à celle que l'Eglise enseigne sur la môme matière, et, par conséquent, qu'aucun chapitre (le l'P^criiure n'a le même sens pour le critique et pour le théologien.
LXILLes principaux articles du symbole des Apôtres n'avaient pas, pour les chrétiens des premiers siècles la même signification qu'ils ont pour ceux de notre temps.
LXIIL L'Église se montre incapable de défendre efficacement la morale évangélique, parce qu'elle se tient obstinément attachée à des doctrines immuables qui
ne peuvent pas se concilier avec les progrès modernes.
LXIV. Le progrès des sciences exige que l'on réforme les concepts de la doctrine chrétienne sur Dieu, sur la Création, sur la Révélation, sur la Personne du Verb<* Incai-né, sur la Rédemption.
LXV. Le catholicisme d'aujoui-dhui ne peut se concilier avec la vraie science que sïl se transforme en un christianisme non dogmatique, c'est-à-dire en un protestantisme large et libéral.
Le jeudi suivant, 4 du même mois de la même année, rapport de tout ceci ayant été fait très soigneuseraeni à Notre Très Saint-Père le pape Pie X, Sa Sainteté .1 approuvé et confirmé le décret des Eminentissime> Pères, et Elle a ordonné que toutes et chacune des propositions ci-dessus consignées fussent tenues par tou> comme réprouvées et proscrites.
Pierre Pai.ombelli, notaire de la S. I. R. U.