‹ Les modernistes, notes d'histoire religieuse contemporaine, avec le texte intégral de l'Encyclique Pascendi, du Syllabus Lamentabili et de la Supplique d'un groups de Catholique française au pape Pie XChapitre 57 sur 82 · Gbêuoihe XVI. Enc. VII, k. Jul · texte numérisé non relu

Gbêuoihe XVI. Enc. VII, k. Jul

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titudc de son existence, qui passe très toit toute certitude scientifique. Et cela est une véritable expérience et supérieure à toutes les expériences rationnelles. Beaucoup, sans doute, la méconnaissent et la nient, tels les rationalistes : mais c'est tout simplement qu'il» refusent de se placer dans les conditions morales (ju'elle requiert. Voilà donc, dans cette expérience, ce qui^ d'après les modernistes, constitue vraiment et proprement le croyant. Combien tout cela est contraire à la foi catholique, nous l'avons déjà lu dans un décret du Concile du Vatican ; comment la voie s'en trouve ouverte à l'athéisme, de même que par les autres erreurs déjà exposées, Nous le dirons plus loin. 36. Ce que Nous voulons observer ici, c'est que la doctrine de l'expérience^ jointe à l'autre du symbolisme, consacre comme vraie toute l'eligion, sans en excepter la religion païenne. Est-ce qu'on ne rencontre pas, dans toutes les religion^, des expériences de ce genre? Beaucoup le disent. Or. de (juel droit les modernistes dénieraient-ils la vérité aux expériences religieuses qui se font, par exemple, dans la religion mahométane ■' et en vertu de quel principe,attribueraient-ils aux seuls catholiques le monopole des expériences vraies ? Ils s'en gardent bien : le^^ uns d'une faron voilée, les autres ouvertement, ils tiennent pour vraies toutes les religions. C'est aussi bien une nécessité de leur système. Car, posés leurs principes, à quel chef pourraient-ils arguer une religion de fausseté? Ce ne jiourrait être évidemment que pour la fausseté du sentiment, ou pour celle de la formule. Mais, d'après eux, le sentiment est toujours et partout le même, substantiellement identique ; quant à la formule religieuse, tout ce «ju'on lui demande, c'est l'adaptation au croyant — quel que soit par ailleurs son niveau intellectuel — en même temps qu'à sa foi. Tout au plus, dans cette mêlée des religions.ee qu'ils pourraient

revendiquai' en tuveui- de la religion catholiciue, c'est qu'elle est plus vraie, parce qu'elle est plus vivante; <-'est encore quelle est plus digne du nom de chrétienne, parce (ju'elle répond mieux que toute autre, aux origines du cliristianisnie. — 37. De telles conclusions ne sauraient surprendre: l-IIos découlent des prémisses. Ce qui t;st fort (jtrange, c'est que des catholiques, c'est que des prêtres, dont Nous aimons à penser que de telles monstruosités leur font horreur, se comportent néanmoins, dans la praticpie, i-onime s'ils les approuvaient pleinement; c'est que diis catholiques, des prêtres, décernent de telles louanges, rendent de tels hommages aux • •oi-yphées de l'cM-reui-, qu'ils prêtent à penser que ce qu'ils veulent honorer pur là, c'est moins les hommes eux-mêmes, non indignes i>eut-être de toute considéralion, que les erreurs par eux ouvertement professées et ilont ils se sont laits lus champions.

L'expérii'iici' rclifjieu.^c et In Iradition (38-39)

38. Un autre poin( où les moderniste.- sf mettent en opposition flagrante avec la foi catholique, c'est que le principe de l'expérience religieuse, ils le ti*ansfèrent à la tradition ; et la tradition, telle que l'entend l'Église, Ti'en ti'ouve ruinée totalement. Qu'est-ce que la tradition, pour les modernistes :- La communicatiun faite à d'autres de quelque expérience originale, par l'organe d(; la pi'édication, et moyennant la formule intellectuelle. Car. à cette dernière, en sus de la vertu représentative, comme ils l'appellent, ils attribuent encore une vertu suggestive s'exerçant, soit sui" le croyant même, pour réveiller en lui le sentiment religieux, assoupi peutêtre, ou encore pour lui faciliter de réitérer les expéri(;nces déjà faites, soit sur les non-croyants pour engendrer en eux h- sentiment religieux et les amener aux expériences qu'on leur désire. C'est ainsi que l'ex-

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périence religieuse va se propageant à travers les peuples, et non seulement parmi les contemporains, par la prédication proprement dite, mais encore de généi'ation en génération, par l'écrit ou par la transmission orale. 39. — Or, cette communication d'expériences a des fortunes fort diverses : tantôt elle pr-end racine et s'implante ; tantôt (ille languit et s'éteint. C'est à cette épreuve, d'ailleurs, que les modernistes, ])Our qui vie et vérité ne sont qu'un, jugent de la vérité des relierions : si une religion vit, c'est qu'elle est vraie; si elle n'était nas vraie, elle ne vivrait pas. D'où l'on conclut encore : toutes les religions existantes sont donc

La foi expulsée de la science (40)

40. Au point où nous en sommes, Vénérables Frères, nous avons plus qu'il ne faut pour nous faire une idée exacte des rapports qu'ils établissent entre la foi et la science, entendant aussi sous ce dernier mot l'histoire. — En premier lieu, leurs objets sont totalement étrangers entre eux, l'un en dehors de l'autre. Celui de la foi est justement ce que la science d('Tlare lui être à elle-même inconnaissable. De là. un champ tout divers : la science est toute aux phénomènes, la foi n'a lien à y voir; lu foi est toute au divin, cela est au-dessus de la science. D'où l'on conclut enfin qu'entre la science et la foi, il n'y a point de conflit possible : qu'elles restent chacune chez elle, et elles ne pouri-ont jamais se rencontrer, ni partant se contredire. — Que si l'on olijecte à cela qu'il est certaines choses de la natvue visible qui relèvent aussi de la foi, par exemple la vie humaine de Jésus- Christ: ils le nieront. Il est bien vrai, diront-ils, que ces choses-là appaitiennent par leur nature au monde des phénomènes; mais, en tant qu'elles sont pénéti'ées de la vie de la foi, et que, en la maîiière qui a été dite.

SUR LES nOCiRINES DES MODERNISTES 165

elles sont transfiirurées et défigurées par la foi, sous cet aspect précis, les voilà soustraites au monde sensible et iraiispoi'téer^. ou j^uise de matièi-e, dans l'ordre divin. Ainsi, à la demande, si Jésus-Chrisi a fait do vrais niirncles et de véi'itahles prophéties ; s'il est ressuscité et monté au ciel : non, réi-.ondra la science agnostique : oui, répondra la foi. Où il faudra bien se gai-dor pourtant de trouver une contradiction : la négation est du pliilosoplic parlant ;'i des philosophes, et qui n'envisage .lésus-Christ que selon la réalité historique ; l'afïirmation est du croyant s'adrossani. à des croyaiils, pt qui considère la vie de Jésus-Christ, comme r'éc»^ <•( nouveau par la foi ot dans la foi.

... Mais assujettie à la science (41-il)

41. Or, l'on se tromperait très foi-t, si l'on s'imaginait, après cela, qu'entre la science et la foi il n'existe de subordination d'aucune sorte. C'est fort hioii et fort justement pensé de la science; mais non certes de la foi, assujettie qu'elle est à la science, non pas à un titre mais à trois. — Il faut observer, premièrement, que, dans tout fait religieux, à la réserve de la réalité divine et de Vexpérience qu'en a le croyant, tout le reste, notamment les formules religieuses, ne dépasse point la sphère des phénomènes, n'est point soustrait par conséquent au domaine scientifique. Que le croyant s'exile donc du monde, s'il lui plaît; mais, tant qu'il y reste, il doit subir les lois, le cont^'ôle, le jugement de la science. — En second lieu, si l'on a dit que la foi seule a Dieu pour objet, il faut l'entendre de la réalité divine, non de Vidée : car l'idée est tributaire de la science, attendu que celle-ci, dans l'ordre logique, comme on dit, s'élève jusqu'à l'absolu et à l'idéal. A la >cience, donc, à la philosophie, de connaître de l'idée lie Dieu, de la guider dans son évolution et, n'il venait

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à s'y mêler quelque élément étranger, de lu corrigei-. D'où, cette maxime des modernistes, que l'évolution religieuse doit se coordonner à l'évolution intellectuelle et morale, ou, pour mieux dire, et selon le mot d'un de leurs maîtres, s'y subordonner. — Enfin, l'homme ne souffre point en soi de dualisme : aussi le croyant est-il stimulé par un besoin intime de synthèse à tellement harmoniser entre elles la science et la foi, que celle-ci ne contredise jamais à la conception générale que celle-là se fait de l'univers. Ainsi donc, vis-à-vis de la foi, liberté totale de la science ; au contraire, et nonobstant qu'on les ait données pour étrangères l'une à l'autre, à la science asservissement de la foi.

42. Toutes choses, Vénérables Frères, qui sont en opposition formelle avec les enseignements de Notr»prédécesseur, Pie IX. Il écrivait, en effet, qu'il est de bi philosophie, en tout ce qui regarde la religion, non décommander, mais d'obéir, non de prescrire ce qui est h croira, mais de l'embrasser avec une soumission que la raison éclaire, de ne point scruter les profondeurs des mystf'res de Dieu, mais de les révérer en toute pié/,' et humilité \ Les modernistes renversent cet ordre, et méritent qu'on leur applique ce que Grégoire IX, un autre de Nos prédécesseurs, écrivait de certains théologiens de sou temps : Il en est parmi vous, gonflés d'esprit de vanité ainsi que des outres, qui s'efforcent de déplacer, par des nouveautés profanes, les bornes qu'ont fixées les Pères ; qui plient les Saintes Lettres aux doctrines de la philosophi' rationnelle, par pure ostentation de science, sans viser :'i aucun profit des auditeurs... qui, séduits par d'insolites ci bizarres doctrines, mettent queue en fête, et à h servant' assujettissent la rt^ind.

i. Brev. ad Kp. Wratislav., IH iiin. I8b7.

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