‹ Les modernistes, notes d'histoire religieuse contemporaine, avec le texte intégral de l'Encyclique Pascendi, du Syllabus Lamentabili et de la Supplique d'un groups de Catholique française au pape Pie XChapitre 60 sur 82 · Sess. VII, de Sacrnmentis in génère, can · texte numérisé non relu

Sess. VII, de Sacrnmentis in génère, can

SUH LES UOCTRlNIiS UKS .MMUIOUMSTKS 173

C'est ainsi <jue Dieu, dans leur ducii-ine, est le principe de l'inspiration des Saints Livres. —

Cette inspiration, ajoutent-ils, rien, dans ces mêmes Liv!"es, qui lui écliappe. En quoi vous les croiriez plus orthodoxes que certains autres de ce temps, qui la réti-écissent quelque peu, en lui dérobant, par exemple, ce qu'ils appellent les citations tnciics. Jonglerie de mots et apparences pures. Si l'on coninience par déclarer, selon les principes de l'agnosticisme, que la Bible est un ouvrage humain, écrit par des hommes et pour des homnujs: sauf à les dire théologiquement divinspai' immanence, le moyen de rétrécii- l'inspiration? Universelle, l'inspiration, oui, au sens moderniste : nulle, au sens catholique.

L'Éf/llse (59-01).

59. Nous voici à l'Église, où leur- fantaisies vont nous offrir plus ample matière.

L'Église est née d'un double besoin: du liesoin qu'éprouve tout iidèle, surtout s'il a eu (luehjue expérience originale, de communiquer sa foi: ensuite, quand la foi est devenue commune, ou, comme on dit, collective, du besoin de s'organiser en société, pour conserver, accroître, propager le trésor commun.

Alors, qu'est-ce donc que l'Église?

Le fruit de la conscience collective, autrement dit de la collection des consciences individuelles : consciences qui, en vertu de la permanence vitale, dérivent d'un premiei' croyant — pour les catholiques, de Jésus- Christ.

Or toute société a besoin d'une .■nilorit<' diiigeante, qui guide ses membres à la fin commune, qui, en même temps, par une action prudemment conservatrice, sauvegarde ses éléments essentiels, c'est-à-dire, dans la société religieuse, le dogme et le eultc. De là, dans

174 LETTRE ENCYCLK^UE

l'Église caihuliqiie, le triple pouvoir, disciplinaire, doctrinal, liturgique. — 60. De l'origine de cette autorité, se déduit sa nature ; comme de sa nature, ensuite, ses droits et ses devoirs. Aux temps passés, c'était une erreur commune que lautorité fût venue à l'Kglise du deiiors, savoir de Dieu immédiatement: en ce temps-là, on pouvait, à bon droit, la regarder comme autocratique. Mais on en est bien revenu aujourd'liui. De même que l'Eglise est une émanation vitale de la conscience collective, de même, à sou loui-, l'autorité <\-.t un produit vital de l'Église.

La conscience religieuse, tel est donc le principe d'où l'autorité procède, tout comme l'Église, et s'il en est ainsi, elle en dépend. Vient-elle à oublier ou méconnaître cette dépendance, elle tourne en tyrannie. 61. Nous sommes à une époque où le sentiment de la liberté est en plein épanouissement : dans l'ordre civil, la conscience publique a créé le régime populaire. Or, il n'y a pas deux consciences dans Tiiomme, non plus que deux vies. Si l'autorité ecclésiastique ne veut pas. au plus intime des consciences, provoquer et fomenter un conflit, à elle de se [>lier aux formes démocratiques. Au surplus, à ne le point faire, c'est la ruine. Car il y aurait folie à s'imaginer que le sentiment de la liberté, au point où il en est, puisse reculer. Enchaîné de force et contraint, terrible serait son explosion ; elle emporterait tout. Église et religion. — Telles sont, en cette matière, les idées des modernistes, dont cest. par suite, le grand souci, de chercher une voie de conciliation entre l'autorité de l'Église et la liberté des croyants.

Les rapports de l' Église et de l'Etat (ii2-'\ I

62. Mais l'Église n'a pas seulement à s'entendre amicalement avec les siens ; ses rapports ne se bornent pas au dedans : elle en a encore avec le dehors. Car elle

Sll! LES DOCTRINES DKS MODERNISTES 17;"»

iioccupe pus seule k' luornJe : en i-egard, il y a dautres -ociétôs, avec qui elle ne peut se dispenser de (.-ouimuniquei- et d'avoir comniei'ce. Vis-à-vis de celles-ci, quels sont donc ses droits et ses devoirs : c'est ce qu'il s'agit (le déterminer, et non pas sur d'autre principe (su), bien entendu, (|ue sa nature même, telle qu'ils l'ont décrite. — Les règles qu'ils appliquent sont les mêmes que pour la science et la foi, sauf que là il s'agissait d'objets, ici de tins. De même donc que la foi et la science sont étrangères l'une à l'autre, à raison de la diversité des objets, de même l'Eglise et l'Mtat, à raison de la diversité des fins, spirituelle pour l'Eglise, temporelle pour TEtat.

63. Autrefois, on a pu sul)orilonner le tenjpoi-el au spirituel ; on a pu parler de questions mixtes, où l'Eglise apparaissait comme reine et maîtresse. La raison en est que Ton tenait alor.- l'i'^glise, connue instituée directement de Dieu, en tant qu'il est auteur de l'ordre surnaturel. Mais cette doctrine, aujoui-d'hui, philosophie et histoire s'accordent à la répudier. Donc séparation de l'Eglise etde l'Etal, du catholique et du citoyen. Tout ratholique, cai- il est en même temps citoyen, a le droit et le devoir, sans se pj-éoccuper de l'autorité de l'Eglise, sans tenir compte de ses désirs, de ses conseils, de ses commandements, au mépris même de ses réprimandes, de poursuivre le bien public en la manière qu'il estime la meilleure. Tra(;er et prescrire au citoyen une ligne de eonduite, sous un prétexte (luelconque, est un ul)us de la puissanee ecclésiastique, contre le(juel c'est nu devoir de réagir de toutes ses forces.

Les principes, dont toutes ces docti'ines dériveiii, ont été solenin^Uemenl eondamnés par Pie VI, Noti-i' prédécesseur, dans sa Cotislitution Auctorcm lidei\

i l'rup. 2. L.i proposilion qui vUihlit que le poiicoir a été

176 LETTBE ENCYCLIQLE

64. 11 ne suffii pas ù l'école modernislo que l'Etat soir séparé de l'Église. De même que la foi doit <e subordonner à la science, quant aux éléments phénoménaux, ainsi faut-il que dans le^i aifaires tem|iorelles, rÉglise s'assujetisse à l'Etat. Cela, ils ne le disent peut-être pas encore ouvertement : ils le diront quand, sur ce point, ils seront logiqvies. Posé, en effet, que dans les choses temporelles, l'Etat est maître, s'il arrive que le croyant, aux actes intérieurs de religion, dont il ne se contente pas d'aventure, en veuille ajouter d'extérieurs, comme serait l'administration des Sacrements, la conséquence nécessaire c'est qu'ils tombent sous la domination de l'État. Et que dire alors de l'autorité ecclésiastique, dont justement il n'est pas un seul acte qui ne se traduise à l'extéi'ieur ? Il faudra donc qu'elle lui soit totalement assujettie. 65. C'est l'évidence de ces conclusions qui a amené bon nombre de protestants libéraux à rejeieitout culte extérieur, même toute société religieuse extérieure, et à essayer de faire prévaloir une religion purement individuelle. — 66. Si les modernistes n'en sont point encore arrivés là, ce qu'ils demandent, en attendant, c'est que l'Église veuille, sans trop se faii'' prier, suivre leurs directions, et qu'elle en vienne enfin à s'harmoniser avec les formes civiles. Telles sont leurs idées sur l'autoiité disciplinaire. — 67. (ijaant à l'autorit'' doctrinale vi dogmatique, bien plus avancées, Ijien plus

donné par Dieu à l'Église. pour étreconiuiuninné aux Pasteurx. qui sont ses uiinislres pour le salut des âmes, ainsi comprise que le pouvoir de ministère et de gouvernement dérive, de la Communauté des fidèles, au.r Pasteurs : hérétique.

Prop. 3. De plus, celle qui établit que le l'ontife Bomain est chef ministériel ; ainsi e.vpliquée que le l'ontife liomain reçoit, non pas du Christ, en la personne du Bienheureu.r Pierre, mais de l'Église, le p(juvoir de ministère dont il est investi dans toute l'Église, comme successeur de Pierre, vrai Vicaire du Christ el Chef de toute l'Église: hérctique.

pernicieuses sont sur ce point leurs doctrines. Veut-on savoir comment ils iuiaminent le magistère ecclésiastique? Nulle société religieuse, disent-ils, n'a de véritable unité, que si la conscience i-eli.uieuse de ses membres est une, et une aussi, la formule qu'ils adoptent. Or cette doublu unité requiert une espèce d'intelligence universelle, dont ce soit l'office de chercher et de déterminer la formule répondant le mieux à la conscience commune, qui ait en outre sutlisamment d'autorité, cette formule une fuis arrêtée, pour l'imposer à la communauté. De la combinaison et comme de la fusion de ces deux éléments, intelligence qui choisit la formule, autorité qui limpose, résulte, pour les modernistes, la notion du magistère ecclésiastique. Et comme ce magistère a sa première origine dans les consciences individuelles, et qu'il remplit un service public pour leur plus grande utilité, il est de toute évidence qu'il s'y doit subordonner, par là même se plier aux formes populaires. 68. Interdire aux consciences individuelles de procla. mei- ouvertement et hautement leurs besoins ; bâillonner la critique, l'empêcher de pousser aux évolutions nécessaires, ce n'est donc plus l'usage d'une puissance commise pour des fins utiles, c'est un abus d'autorité. — 69- Puis l'usage de cette autorité ou puissance a besoin de se tempérer. Condamner et proscrire un ouvrage à l'insu de l'auteur, sans explications de sa part, sans discussion, cela véritabh-ment conhne à la tyrannie. En somme, ici encore, il faut trouver une voie moyenne où soient assurés tout ensemble les droits de l'autorité et ceux de la liberté. 70. En attendant, que fera le catholique ? Il se proclamera hautement très respectueux de l'autorité, mais sans se démentir le moins du monde, sans rien abdiquer de son caractère ni de ses idées. — 71. Généralement voici ce qu'ils imposent à l'Eglise. Du moment que sa tin est toute spirituelle, l'autorité reli-

178 LETTRE EXCYCLIQUE

gieusc doit se dépouiller de tout cet appareil extérieur, de tous ces ornements pompeux, par lesquels elle s<' donne comme en spectacle. En quoi, ils oublient que la religion, si elle appartient à l'âme proprement, n'y est pourtant pas continée, et que l'honneur rendu à l'autorité rejaillit sur Jésus-Christ qui l'a instituée.

Point capital du systènie : Vcmlution (72-821

72. Pour épuiser toute cette matière de la foi et de ses rejetons, il nous reste à voir comment les modeinistes entendent leur développement. — Ils posent tout d'abord ce principe général que, dans une religion vivante, il n'est rien qui ne soit variable, rien qui ne doive varier. D'où ils passent à ce que l'on peut regarder comme le point capital de leur système, savoir Vévolution. Des lois de l'évolution, dogme, Eglise, culte, Livres Saints, foi même, tout est tributaire, sous peiu'' de mort. Que l'on reprenne sur chacune de ces choseen particulier, les enseignements des modernistes, et ce principe ne pourra surprendre. (^Hiant à son application, quant à la mise en acte des lois de l'évolution, voi'i leur doctrine, et d'abord pour la foi. Commune à tous les hommes, et obscure, disent-ils, fut la forme primitive de la foi : parce que précisémerit elle j)rit naissance dans la nature même et dans la vie de l'homme. Ensuite, elle progressa, et ce fut pai* évolution vitale, c'est-;'' dire non pas par adjonction de nouvelles formes venuedu dehors et purement adventices, mais par pénétriition croissante du sentiment religieux dans la conscience. Et ce progrès fut tic deux sortes : négatif, par élimination de tout élément étranger, tel que le sentiment familial ou national ; positif, par solidarité avec 1<' perfectionnement intellectuel et moral de l'homme, (<• perfectionnement ayant pour effet d'élargir et d'éclairer

SUR LES DOCTRINES DKS >!ODERNISTES 179

(]c plud en plus la notion du divin, en même temps que d'c'lever et d'affiner le sentiment religieux.

73. Pour expliquer ce progrès de la foi, il n'y a pas a recourir à d'auti-es causes qu'à celles-là mêmes qui lui donnèrent origine, si ce n'est qu'il faut y ajouter Taction de certains hommes extraoï-dinaires, ceux qunous appelons prophètes, et dont le plus illustre a été Jésus Christ. Ils concourent au progrès de la foi, soit parce qu'ils offrent dans leur vie et dans leurs discours, quelque chose de mystérieux dont la foi s'empare et qu'elle finit pai* attribuer à la divinité; soit parce qu'ils sontfavorisés d'expériences originales, en harmonie avec les besoins des temps où ils vivent. — 74. Le progrès du dogme est dû surtout aux obstacles que la foi doit surmonter, aux ennemis qu'elle doit vaincre, aux contradictions qu'elle doit écarter. Ajoutez-y un effort perpétuel pour pénétrer toujours plus profondément ses propi*es mystères.

Ainsi est-il arrivé — poui- nous borner à un seul exeiuple — que ce quelque chose de divin (lue la foi reconnaissait en Jésus-Christ, elle est allée l'élevant et l'élargissant peu à peu et par degrés, jusqu'à ce que delui finalement elle a fait un Dieu. — 75. Le facteur principal de l'évolution du culte est la nécessité d'adaptation ;iux coutumes et traditions populaires; comme aussi le besoin <le mettre à profit la valeur que certains actes tirent de l'accoutumance. — Pour l'Eglise enfin, c'est le besoin de se plier aux conjonctures historiques, de s'harmoniser avec les formes existantes des sociétés civiles. — 76. Telle est l'évolution dans le détail. — Ce que Nous voulons y faire noter d'une façon toiii''. spéciale, c'est la théorie des nécessités ou besoins : elle a d'ailleurs été jusqu'ici la base de tout; ot c'est là-dessus que portera cette fameuse méthode -[u'ils appellent ■historique.

77. Nous n'en avons pas fini avec l'évolution. L'évolution est due, sans doute, à ces stimulants, les besoins ; mais sous leur seule action, entraînée hors de la ligne traditionnelle, en rupture avec le germe initial, elle '•enduirait à la ruine, plutôt qu'au progrès.

Disons donc, pour rendre pleinement la pensée des modernistes, que l'évolution résulte du conflit de deux forces, dont l'une pousse au progrès, tandis que l'autre tend à la conservation.

78. La force conservatrice, dans l'Eglise, c'est la tradition, et la tradition y est représentée par l'autorité religieuse Ceci, et en droit et en fait : en droit, parce que la défense de la tradition est comme un instinct naturel de l'autorité; en fait, parce que, planant au-dessus decontingences de la vie, l'autorité ne sent pas ou que très peu. les stimulants du progrès. La force progressive, au contraire, qui est celle qui répond aux besoins, couve et fermente dans les consciences individuelles, et dans celles-là surtout qui sont en contact plus intime avec la vie. 79. Voyez-vous poindre ici. Vénérables Frères, cette doctrine pernicieuse qui veut faii'e des laïques, dans l'Église, un facteur de progrès ? Or c'est en vertu d'une sorte de compromis et de transaction entre la force conservatrice et la force progressive, que les changements et les progrès se réalisent. Il arrive que les consciences individuelles, certaines du moins, réagissent sur la conscience collective : celle-ci, à son tour fait pression sur les dépositaires de l'autorité, jusqu'à ce qu'enfin ils viennent à composition ; et le pa te fait, elle veille à son maintien.

80. On comprend maintenant l'étonnemeiit des modernistes, quand ils sont réprimandés et frappés. Ce qu'on leur reproche comme une faute, mais c'est ce qu'ils regardent, au contraire, comme un devoir sacré. En contact intime avec les consciences, mieux que per-

<oiiiie, sûrement mieux que l'autorité ecclésiastique, ils en connaissent les besoins : ils les incarnent, pour ainsi dire, en eux. Dès lors, avant une parole et une plume, ils en usent publiquement, c'est un devoir. Que l'autorité les réprimande, tant qu'il lui plaira : ils ont pour eux leur conscience et une expérience intime qui leur dit avec certitude, que ce qu'on leur doit, ce sont des louanges non des reproches. Puis ils réflécliissunt que, après tout, les progrès ne vont pas sans crise, ni les crises sans victimes. Victimes, soii ! ils le seront, après les prophètes, après Jésus-Christ. Contre l'autorité qui les maltraite, ils n'ont point d'amertume : après tout, elle fait son devoir d'autorité. Seulement ils déplorent qu'elle reste sourde à leurs objurgations, parce qu'en attendant les obstacles se multiplient devant les âmes en marche vers l'idéal. Mais l'heure viendra, elle viendra sûrement, où il faudra ne plus tergiverser, parce qu'on peut bien contrarier l'évolution, on ne la force pas. Et ils vont leur route ; réprimandés et condamnés, ils vont toujours, dissimulant sous des dehors menteurs de soumission, une audace sans bornes. Ils courbent hypocritement la tête, pendant que de toutes leurs pensées, de toutes leurs énergies, ils poursuivent plus audacieusement que jamais le plan tracé. Ceci est chez eux une volonté et une tactique : et parce qu'ils tiennent qu'il faut stimuler l'autorité, non la détruire; et parce qu'il leur importe de rester au sein de l'Église, pour y travailler et y modifier peu à peu la conscience commune : avouant par là, mais sans s'en apercevoir, que la conscience commune n'est donc pas avec eux, et que c'est contre tout droit qu'ils s'en prétendent les interprètes.

81. Ainsi, Vénérables Frères, la doctrine des modernistes, comme l'objet de leurs efforts, c'est qu'il n'y ait rien de stable, rien d'immuable dans l'Eglise. Ils ont eu

des précurseurs, ceux dont Pie IX, Notre prédécesseur, ('crivait: Ces ennemix rie la révélution divine exaltent le progrès humain et prétendent, avec une témérité et une audace vraiment sacrilèges, l'introduire dans la religion catholique, comme si cette religion n'était pas l'œuvre de Dieu, mais l'œuvre des hommes, une invention philosophique quelconque, susceptUA" de perfectionnements humains^ — 82. Sur la révélation et le dogme, eu particulier, la doctrine des modernistes n'offre rien de nouveau : nous la trouvons condamnée dans le Syllabus de Pie IX, où elle est énoncée eu ces termes : La révélation divine est imparfaite, sujette par conséquent à un progrès continu et indéfini, en rapport avec le progrès de la raison humaine *: plus solennellement encore, dans le Concile du Vatican : La doctrine de foi que Dieu a révélée n'a pas été proposée aux intelligences comme une invention philosophique qu'elles eussent à perfectionner, mais elle a été confiée comme un dépôt divin à l'Epouse de Jésus-Christ, pour être par elh' fidèlement gardée et infailliblement interprétée. C'est pourquoi aussi le sens des dogmes doit être retenu, tel que notre Sainte Mère l'Eglise l'a une fois défini, et il ne faut jamais s'écarter de ce sens, sous le prétexte et le nom d'une plua profonde intelligence 3. Par là, et même eu matière de foi, le développement de nos connaissances, loin d'être contrarié, est secondé au contraire et favorisé. C'est pourquoi le Concile du Vatican poursuit : Que l'intelligence, que la science, que la sagesse croisse et progresse, d'un mouvement vigoureux et intense, en chacun comme en tous, dans le fidèle comme dans toute l'Eglise, d'âge en âge, de siècle en siècle; mais seulement dans son genre, c'est-à-dire selon le même dogme, le même sens, la même acception '*.

Page 1