I-ig. 41. V"« D
Ma
Larynx Lèvres
/ — ù — n il — p'" — ur ton happeur1! » est devenu dyàbl tûn àmtir! Les trois autres nous sont
1 Ouvrier qui raccommode avec des crampons de fer (happes) les vases de terre fêlés.
aussi fournis par des p : tô p'dpô (p. 128), ît p'à jèn... (p. 130), et s âp'ilâv... (p. 131).
Telles sont les seules variations que j'ai observées dans la sonorité des consonnes isolées. Les consonnes groupées en contiennent de bien plus importantes.
Consonnes groupées.
Considérées au point de vue de l'attraction qu'elles peuvent exercer les unes sur les autres et de la tendance qu'elles ont à s'assimiler, au moins quant à la sonorité, les consonnes se divisent en deux classes : l'une, qui est très assimilable, comprend les muettes (/>, b, t, d, k,g) et les spirantes (/, v, s, 4, /); l'autre, qui l'est beaucoup moins, se compose des liquides (/, /, m, n, y, r) et des semi-voyelles (y, u>, w). Nous étudierons successivement ces deux classes.
MUETTES ET SPIRANTES
Les muettes et les spirantes peuvent être contigufis à des consonnes de la même classe ou à des liquides et des semi-voyelles. Nous commencerons par la première catégorie.
1° Groupes fonnés uniquement de muettes et de spirantes. — Les groupes ainsi constitués ne se trouvent qu'à l'initiale et entre voyelles.
A l'initiale, les sourdes restent telles et les sonores s'assourdissent. Le maintien des sourdes se déduit de la comparaison des tracés comme k tutu « que veux-tu? », et vu-tu « veux-tu? » dans lesquels on constate le même rapport entre l'instant où le larynx s'ébranle et celui où les lèvres se ferment pour le v.
Fig. 42. V»« E.
Lar\ nx
L t vrcs
k V — U t Il V M / M
FONCTION DU LARYNX
L'assourdissement des sonores est clair dans :
Fig. 4}. V»« E.
Larynx
Lèvres
v'p âyrl <T / ùrà « refuser »
Entre voyelles , il y a le plus souvent assimilation de la première consonne à la seconde, très rarement de la seconde à la première; quelquefois les deux consonnes gardent leur valeur naturelle.
Pour les sourdes, une seule expérience suffit. J'ai choisi les groupes les plus simples, comme abpa, apba, etc., plaçant entre deux a chacune des consonnes sourdes, et les faisant suivre â tour de rôle par chacune des sonores. La ligne du larynx, contrôlée par celle des lèvres, indique nettement la qualité de la consonne qui, dans mon intention, était sourde. Pour juger des sonores, j'ai employé un double tracé. Par exemple, s'agissait-il de connaître le sort de b dans abka, j'ai inscrit d'abord apka, puis abka. Si les deux tracés sont identiques, on est en droit de conclure à l'assourdissement du b. Il n'est donc rien de plus facile que la constatation qu'il s'agit de faire ici. Ainsi les quatre tracés suivants montrent au premier Fig. 44. V«« E.
coup d'œil : les deux premiers, que le b de abka est devenu sourd, puisqu'il est identique, quant a la ligne du larynx , au premier p de apka ; les deux seconds, que e, resté sourd dans at^a, est devenu sonore dans ae'da.
Il est inutile de dire que, dans ces expériences, j'ai procédé autrement que dans celles que j'ai rapportées plus haut. Dans les premières, je recherchais à quelle distance l'oreille décompose les groupes; je devais donc faire effort pour conserver à chaque consonne sa valeur propre. Dans celles-ci, au contraire, où je me proposais d'établir ma prononciation réelle et de savoir si elle différait de ma prononciation intentionnelle, je me suis étudié à faire abstraction de l'objet de mes recherches et a parler le plus naturellement possible.
Or, voici ce que j'ai pu constater. Sur 146 inscriptions de groupes formés d'une sourde et d'une sonore, 120 présentent l'assimilation de la sourde à la sonore, 26 seulement le maintien de la sourde, à savoir : k et e 4- à 2 fois; k et / + g } fois; / et k 4- v 4 fois; />, f, k, 4 + ^ 4 fois; /, k, f, s et € -f / 9 fois; /, s et 4 + b incomplètement atteints 4 fois.
Dans les groupes formés d'une sonore et d'une sourde, l'influence des sourdes sur les sonores précédentes parait encore plus puissante. Je ne rencontre dans mes tracés que trois cas où la sonore s'est conservée (abla, a^pa, açka).
J'ai relevé quelques exemples d'un commencement d'influence de la première consonne sur la seconde , et ils appartiennent tous à des groupes artificiels : adpa , upâçpâ, où la partie sourde afférente au p est diminuée
Fig. 45. V«« D.
de moitié. On s'en rend compte en reportant sur la ligne des lèvres le point où finissent les vibrations laryngiennes de Vu initial et celles du g. La ligne du larynx est confirmée dans ce tracé par celle du nez.
Enfin j'ai rencontré un cas de l'action réciproque de deux consonnes l'une sur l'autre : ko piis byc « ça pousse bien », qui est devenu presque ko pù^ pyl, et èpôtlti, fig. 36, qui fournit un exemple d'assourdissement de
FONCTION DU LARYNX
la seconde muette et une transposition de lettres (j'ai cru dire ôpôtbô er j'ai inscrit ôpdptô').
Fig. 46. V»« D.
k—o p ti s' b' — y — ? / à — r
Il ne semble pas que les muettes et les spirantes groupées se comportent dans la conversation autrement que dans les mots isolés. Les quelques différences qu'on peut relever tiennent à l'élasticité spéciale dont jouissent les groupements phraséologiques.
Le^ m'y apparaît toujours sonore : pîp\i « pipes-y »; âp* t juin « heup! Julou (petit Jules) -»; àp\ vj, kôki « happe, va, ceci »; sttp', Bulo « soupe, Boulaud »; siip', DàslU « soupe, Docité »; trp' ! yrlâr « heup! gueulard », etc.
Le k est sonore dans « pliï bê Iryi 1 ! « il pique Iv (bien) bien ! » Il est sourd dans : k dôtre... « que d'autres... »; k vu vàjë... « que vous le vouliez... »; / krï k v eàtrU « je crois que vous chanteriez. »
L's est sonore dans : u i bttrrâ p[o « ils se bourrant plo {plane); » kô pus' b'yè1 « ça pousse bien ».
Le ( est sonore dans pue by?l « pouche (tousse) bien ! »; — sourd dans : aeba « achever »; l (vh « un cheval »; tà( dil prildr « tâche d'en prendre ».
Le /' est sourd dans t bl k vit-ttï? « eh bien! que veux-tu? »; — à moitié sourd dans : fù b pnldr! « il faut be (bien) prendre! »; u hr b for! « il boit be (bien) fort! »; y âtà b càUi « j'entends be (bien) chanter ».
Le d est sourd dans pà d kit pà « pas de quitte pain, c.-à-d. pas même de pain ». Dans k d pïil «...un lait de poule » répété deux fois, il est, la première fois, sourd au tiers, la seconde aux trois quarts. Il est presque entièrement sonore dans pârll d pû màtï « partir de plus matin ».
Le est à moitié sourd dans fûg, pttl « joue, petit »; — sonore dans fi m brtg pà là! « il ne bringue (fait des jeux de main) pas tant! ».
1 Voir fig. 106. |! * Voir fig. 46.
RolMUOT.
Le v est sourd dans : mo pôv pyàrl ' / « mon pauvre Pierret ! »; tnô pîw* ptll! « mon pauvre petit ! »; si vt v fàrsàvt1 « si vous vous forciez » ; aux trois quarts dans : mâ pav'fœm ' / « ma pauvre femme! ».
Le ç est sourd dans : th£ pà lô bt! « [tu ne] tais pas ton bec ! » ; kaki ni bûi pâ sô 50 « celui-ci ne bouse pas son sol (aire a battre le blé) ».
Le / est sourd dans lté b[à n êpif pà « ce blé n'épie pas »; ht n pttf pà et qu'il ne puisse pas »; firf pà |« [ne] feuge (fouis en parlant du porc) pas »; ni sif pà « [ne] scie pas », identique à sU pà « [ne] sèche pas » inscrit immédiatement après.
Il serait intéressant de rechercher si , dans les cas que nous venons de relever, il n'y a eu en réalité que îles modifications portant uniquement sur la sonorité des consonnes. Cette étude me paraît trop compliquée pour l'aborder en ce moment. Cependant, il nous est facile de constater que le v assourdi est bien resté un v pour le travail des lèvres. Il suffit, en effet, de comparer les tracés où le v est suivi d'une /, pour voir que le v * Fig. 47. V»« D.
jMt' p-»- yfHrrTP* "'1
perd dans ce cas les vibrations du larynx , mais qu'il reste différent de Vf par une moindre fermeture des lèvres. Dans une série d'inscriptions où Vf et le v ont été placés devant les mêmes sourdes, jamais la ligne des lèvres n'a atteint pour v la même hauteur que pour /. Dans un cas, pourtant, elle s'en est bien rapprochée, c'est dans avfa. D'autres inscriptions simultanées des vibrations du larynx et des traces de la langue sur le palais (l'expérience peut se faire si l'on entoure une palatale de labiales) montrent que le / dans atba, par exemple, est sonore, mais que, tout en se rapprochant de la région d'articulation du d, il ne l'atteint pas.
De plus , l'impression que j'éprouve en prononçant les consonnes modifiées pourrait aussi être prise en considération. Si je n'y sens aucun changement, ce doit être que les mouvements volontaires de la bouche et
1 Voir fig. 66. H ■ Voir fig. 38. J ' Voir fig. 47.
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FONCTION DU LARYNX
de la langue ne sont pas altérés, et que le larynx seul, dont l'action m'échappe, est contrarié par la contiguïté d'articulations disparates.
Plus tard, sans doute, les enfants entendront les sonores assourdies comme des sourdes et les sourdes sonorifîées comme des sonores, et, dans leur bouche, poussée plus avant par une erreur d'oreille, l'évolution, qui n'est encore qu'à son début, atteindra sa dernière étape. 2° Groupes formés de muettes ou de spirantes et de liquides ou de semi-voyelles.
D'abord il convient d'écarter les groupes dans lesquels entrent les semivoyelles et ceux qui commencent par une liquide. Ils sont tous dans mes tracés tels que j'ai eu l'intention de les prononcer, et la muette sourde se maintient. Reste donc le cas où une sourde est suivie d'une liquide.
Dans cette situation, la sourde se trouve quelquefois modifiée (8 fois sur plus de 100 cas). Je n'ai pas d'exemples pour /, /, J'en ai un pour si, kl, k[ et km, deux pour pl, ce qui est intéressant.
Mais ce qui l'est bien plus, c'est que le / et le p suivis d'un r ont une tendance marquée à devenir sonores : tr dans un grand nombre de tracés Fig. 48. V*« D.
Larynx Lèvres
l'est aux deux tiers; pr l'est une fois entièrement.
Fig. 49. V« D.
Nez
Larynx Lèvres
« p'— r— / i « à a ils prétendent ».