‹ Les modifications phonétiques du language, étudiées dans le patois d'une famille de CellefrouinChapitre 7 sur 93 · LIQUIDES ET SEMI-VOYELLES · texte numérisé non relu

LIQUIDES ET SEMI-VOYELLES

i° Liquides initiales ou finales. — Les liquides, initiales ou finales, s'assourdissent quelquefois, mais le plus souvent elles restent sonores ou deviennent à moitié sourdes. A la finale, la liquide peut devenir sourde, même après une sonore. Voici quelques exemples :

/ sourde et / sonore : / fâ tu ànû ? « le fais-tu aujourd'hui ? » répété deux fois.

Fig. 50. V»« D.

De même r a été sourde une fois dans rfâ le « refais-le ». m sonore : m pùrl tel bye « me parle-t-elle bien ».

Fig. 51. V**« D.

Nez

Larynx

Lèvres

FONCTION DU LARYNX. 53

m mi-sonore : m fà /<£ sûfrï « me fait-il souffrir ».

m j à t — A s û / ri

Les vibrations nasales ont disparu dans le travail, de la gravure par une distraction de l'ouvrier. Mais la place qu'elles occupent est indiquée par deux traits. Il y a, comme on voit, accord entre le nez et le larynx, et \'m sonore, comparée à celle de la figure précédente, se trouve fort abrégée. n sonore : n fû{ pà o ne fouille pas ».

Fig. jj. V- D.

Nez Larynx

Lèvres

/ sonore et / sourde : /*/•/>/ et pdpf « peuple », nufbl « meuble ». Fig. S4. V* D.

p a p r \ar]b r \ar\b-r

Fig. $6. Vm D.

Larynx

Lèvres

Tous ces tracés sont clairs ; mais il n'y a de vraiment démonstratifs que ceux qui sont positifs. En effet, l'absence de vibrations au commencement ou à la fin d'un groupe peut s'expliquer par l'inertie de l'appareil. Il ne

FONCTION DU LARYNX

semble pourtant pas que ce soit le cas ici. Pour nous en assurer, nous avons eu recours a un autre moyen d'observation. M. le docteur Rosapelly a écouté les bruits qui se produisent dans mon larynx pour le cas qui nous occupe a l'aide d'un stéthoscope; la position de la consonne observée rend l'exploration plus facile. Or l'expérience a confirmé l'exactitude de nos tracés.

2° Liquides ou semi-voyelles placées entre une ivyelle et une sourde. — Mais lorsque les liquides et les semi-voyelles contiguës à des sourdes sont en contact avec des voyelles, les résultats ne sont plus tout à fait les mêmes.

Je ne trouve aucun exemple de nasales assourdies. Or les tracés sont ici tout à fait significatifs. Tant que la pression de l'air se fait sentir dans le nez, la ligne nasale se couvre de vibrations, quel que soit le son voisin, sourde ou voyelle. La sonorité de la consonne est donc complète. Comparez kûm ô fo « comme il faut » avec in krt pà « je ne crois pas », in pô pà « je ne puis pas », kûm hô « comme ça ». Les vibrations sont plus apparentes dans le itr cas; mais elles existent dans tous.

Fig. $7. V»e d.

ï — n | — r — i p à F— M /)[<>] [hu]m k{o] a — p — n — a

Il est vrai que, dans quelques tracés, les vibrations cessent au moment où la pression de l'air commence à décroître. Mais ce serait une erreur que d'y voir un signe d'assourdissement, car le même fait s'observe quand la nasale est suivie d'une voyelle. Cela arrive avec les fortes pressions de l'air : le levier inscripteur est alors emporté si rapidement, que les vibrations sont effacées.

«. Les liquides /, /, r et la semi-voyelle y sont toujours sonores avant les sourdes. Le fait est aisé à constater dans les tracés suivants par la comparaison de la ligne du larynx avec celle des lèvres : il n'y a point d'espace sourd entre la voyelle et la consonne sourde (cf. tîg. 1 16). La ligne de la langue observée sous le menton suffit, du reste, a déterminer la place de 17 et celle de IV. L'a de papa nous montre la langue s'élevant graduellement puis s'abaissant de même jusqu'à sa première position. Par conséquent, toute la partie de la ligne linguale de pilpa qui s'élève au-dessus du point initial de Va appartient à 1'/. D'autre part, pour l'A de kàp, la langue se creuse régulièrement, ce qui est marqué par une élévation du tracé. Or dans karp, a l'élévation du tracé succède un abaissement qui correspond a une élévation de la langue. Tout ce mouvement, étranger à Yà, doit donc être attribué à IV.

/ et r sonores : palpa « palper », ptipa, karp « carpe », kàp.

Fig. $9. V»« D.

Largue

Larynx

Lèvres

p. — a /— />ff7] p — <j — p\a] k à r p k à p

[ et y sonores : u » trâvâl f{à by?] « il ne travaille pas bien » répété trois fois, la première fois avec la variante trâvày, la seconde avec cette autre

FONCTION DU LARYNX

trâvù. (Les vibrations du larynx, mal venues dans la photographie pour va />./, ont été suppléées; le point final est certain ; mais le discours suivi offre des exemples de IV assourdie , fig. 38 et 64).

Fig. 60. V»* D.

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