‹ Les modifications phonétiques du language, étudiées dans le patois d'une famille de CellefrouinChapitre 8 sur 93 · SÎ · texte numérisé non relu

SÎ

30 Liquides ou semi-voyelles placées entre une sourde et une voyelle. — Après les sourdes, les liquides et les semi-voyelles sont presque entièrement sonores : pra, plji, épia, épia comparés a pa . Les tracés des nasales sont clairs par eux-mêmes comme plus haut, fig. 58, celui de apna dont la ligne nasale eit couverte de vibrations. D'autre part,/mw, ptve comparés a pu, pû>a comparé à pu montrent que le moment où le larynx est entré en vibration , Fig. 61. Vm D.

è p / — a e p la p—r—a p — a

rapporté à celui où les lèvres se sont ouvertes , est le môme dans tous les cas, c'est-à-dire que les consonnes interposées entre le p et la voyelle finale sont entièrement sonores. Cependant le y a une tendance marquée à s'as-

Fig. 62.

ormLrmit

mm

p-y—â Hg.

put — a

pw — e p-a V** D.

p — y ô p i pd' i p — m

sourdir. Dans pyO (fig. 62 et 63) et dans pyl sunout, comparés à pi, il n'est évidemment pas entièrement sonore.

Cette tendance s'accentue dans le discours suivi , et elle apparaît aussi , quoique a un degré moindre, pour r, / et /.

Voici les cas que j'ai relevés :

r est sourde pendant un tiers de sa durée 1 fois sur 20 : ....pr batr

Fig. 64. V»k D.

p-r b a / r p—r p ar 1 i

FONCTION DU LARYNX

« ....pour battre »; / est assourdi d'une façon notable dans ....papîl « ....papelin »; / dans ph, u s bûrrà p[o « ils se bourreront bien » ; enfin

Fig. 6$. l,V«« D.

[us' b]urr—d

y est en partie sourd dans ....pyfri « pierres », et dans

« Pierret ».

.pyàrl

Fig. 66.

Il est naturel, du reste, que l'assourdissement se produise dans le discours suivi et rapide plutôt que dans les mots isolés.

Il résulte de ce chapitre qu'il existe dans la sonorité de mes consonnes des variations dont je n'ai pas conscience, plus fréquentes dans certains cas que dans d'autres, et n'ayant à peu près dans aucun une fixité complète. Elles ont ce vague , cette indécision qui les rend impropres a être senties, et qui caractérise le point de départ d'une évolution phonétique.

Ce fait ne m'est pas personnel. La prononciation de M. le docteur Rosapelly, qui est bourguignon, n'est guère différente de la mienne en ce point. Elle nous a fourni avec des sourdes : apb'a, afpa, acTpa; avec des demi-sonores : afpa, ab'ka; avec des sonores : ap'ja, ap\a, at'ba, ab'la, as'ba ; sans modification : abpa, afba, agpa, apga, apda, cuba, aUa, asba, absa, avpa, abka ; tantôt avec des sonores, tantôt avec des sourdes : prisme, rythme, peuple, fable, cible, meuble, peuple, poutre, pâtre, sabre, article.

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