FORMES ETRANGERES
Nous les diviserons en deux classes : t" celles qui sont ou complètement nouvelles, ou analogues pour le sens et pour le son a des formes déjà existantes dans le patois; 2" celles qui se présentent en concurrence avec des formes indigènes identiques pour le sens et différentes pour le
Les formes étrangères de la première classe ne rencontrent, comme nous l'avons dit, aucun obstacle a leur admission.
C'est ainsi que sont entrées les désinences suivantes :
l° -at, -ail, -aille, -aine, -LILLE identiques aux suffixes patois : ùi>{>kti, ùrja, etc.; — Mip'tral, v'ttràl, k'iital (cf. I natif), iiknh'il (cf. Iripàl); — û'itên, vhfn (cf. tlô^n); — otfl (autrefois vhùt), oseille; crAi.*/, groseille (cf. ont, auric.ui.am).
2" -el, -elle, dont personne ne soupçonne la parenté avec notre -rf, -al qui a la même origine : tiklncl , kthûïl , kniiihitl , kôtiïiicl , continuel; Ôttl, rttl, etc. On commence même a substituer tel à ta, lèkïl \ Itki : là paraît limousin.
1 J'en trouve un autre exemple dans lc> note.-i que m'envoie de Saint- Angeau ma cousine, M"" Laroche (J < de Romfort).
MODIFICATIONS IMIWSKKS AU PATOIS PAR l'kLI.MKNT ETRANGER 339
30 -oiR, -oiRE , qui ont pris la place laissée libre par l'ancien suffixe instrumental, -tihir, pétrifié dans deux ou trois mots : râ-ivàr, çriïjivtir, ïkamwAr, briitii'ilr, bàiiwàr, baigxoirf. et banà « baigner » , ani^u'êtr, arrosoir et ariiyti « arroser », etc., a côté des formes britlirtr, râ^vèr, etc.
La lutte n'existe que pour les formes de la seconde classe.
Celles qui sont aujourd'hui écartées victorieusement du patois peuvent se compter. Je n'en vois guère que deux : -ter, -icre et er, f'de l'infinitif et du participe passé de la irt conjugaison. L'assimilation de -ière au patois -yer est facile (kaftyêr, kiïrnasycr , kàininyèr) : elle est déjà faite dans le français très populaire. Quant a -ier, je n'en ai pas noté d'exemples; mais il n'a rien de choquant. Pour Y infinitif et le participe de la rc conjugaison, ils caractérisent tellement le patois de Cellefrouin, que si celui-ci ouvrait sa porte aux formes françaises, il aurait autant de droit que ceux de l'Ouest a être classé dans le groupe des parlers du Nord. On peut prévoir toutefois qu'il finira par se relâcher. Le participe c avance tous les jours : il c>t déjà a Couture et A Saint-Gourson , ne laissant qu'une vie précaire à la forme indigène a. Il a complètement triomphé a Nanteuil.
Les formes entre lesquelles la lutte est engagée à Cellefrouin sont : -al et -à, 4: et -i-:n et -ad, -omi: -ose -ogkf. et -ïtm -un -un, -lai: et -e, -aud et -à, -eux et 11, -ain et -il, in et -/, -on et «. 1:11c est déj.\ terminée entre le poitevin -à et a, le français -euse et cri.