‹ Les Moignons Douloureux: Etude Clinique et TraitementChapitre 15 sur 41 · AS · texte numérisé non relu

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l'intervention, le blessé perçoit à nouveau le membre disparu, mais il se trouve très soulagé. Il sort du service très satisfait. Le blessé est revu à plusieurs reprises. Il n’a plus de secousses, mais les douleurs existent encore, elles sont beaucoup moins violentes qu’autrefois, les crises sont plus rares, mais néanmoins, elles persistent toujours, parfois assez vives. On envoie le malade à Strasbourg, chez le Professeur Leriche qui lui fait une infiltration lombaire. Soulagement complet pendant un mois, mais nouvelle récidive.

Nous avons revu le blessé récemment, soit deux ans et demi après les interventions. Il sent son pied, mais n’en souffre qu’assez rarement, de façon supportable. Il marche avec son appareil sans trop de gêne. Il a pu reprendre un travail. Le moignon est normal, mais sa palpation détermine dans tout le pied des fourmillements insupportables. De temps à autre, il se plaint de secousses, indolentes d’ailleurs.

« En somme, dit le malade, je souffre encore, mais la vie est supportable. Je suis, précise-t-il, amélioré de 50 /%. »

L'observation n° VII concerne un blessé de 19 ans, amputé de jambe à Nice, en mai 1936, pour fracture ouverte. Suites aseptiques. Deux mois après, il commence à ressentir de violentes douleurs au niveau du pied absent, cuissons et brûlures très vives, surtout au gros orteil. Mais en outre, il souffre du moignon lui-même, surtout sur la crête tibiale : ce sont des élancements, des fourmillements très pénibles. L’exa-

men montre une amputation à la partie moyenne de la jambe. La cicatrice est simple, bien étoffée, sans ulcération ni trouble trophique. Il existe un point douloureux extrêmement vif, correspondant à un névrome.

En juiliet 1936, infiltration à la novocaïne de la cicatrice et du névrome ; les douleurs disparaissent totalement et on ne fait pas les autres injections prévues. Le blessé ne sent plus le membre absent, ne souffre plus de son moignon, il dort normalement, sans hypuotiques, pour la première fois. Durée de l’amélioration : 1 mois. En août 1936, douleurs très vives, apparition de secousses douloureuses, nouvelle injection de novocaïne, léger soulagement. Peu à peu, les douleurs augmentent au niveau du pied, la marche devient impossible, entravée par des douleurs en éclair et des crampes au mollet. Fourmillements, brûlures exaspérantes au niveau de la cicatrice. Apparition d’une petite ulcération. Une troisième injection de novocaine étant restée sans effet en octobre 1936, on décide une intervention sympathique. Le fait que le blessé est obèse et, malgré son jeune êge, pèse plus de 100 kgs, oblige à une intervention péri-artérielle. Octobre 1936 (Dr F. Leclerc) sympathectomie périfémorale sous anesthésie locale. Résultat immédiat bon. Le malade ne souffre plus du pied, il peut faire jusqu’à trois kilomètres avec son appareil. Douleurs du moignon, secousses, ulcérations ont disparu. Soulagement : deux mois.

Peu à peu, les souffrances recommencent et le blessé est revu en mai 1937. La cicatrice s’est ouverte,

Pate

les douleurs du pied sont intenses, ce sont des brüûlures atroces cette fois. Du moignon, il se plaint beaucoup moins depuis l'intervention, mais les secousses sont revenues. Devant le syndrome purement tronculaire, on décide de pratiquer l'intervention sur le sciatique préconisée par Leriche. Sous avertine-éther le Dr F. Leclerc découvre le sciatique: injection d’acide phénique dans le bout central, suture minutieuse à la soie triple zéro. Après des douleurs très violentes le soir de l'intervention, le blessé ne sent plus son pied pendant deux jours.

Puis après 48 heures, il perçoit à nouveau le membre absent, mais ne souffre plus. Cependant, 8 jours après l’opération, douleurs très violentes dans le pied pendant 2 heures, puis la crise cesse et disparaît complètement. Sur les conseils du Professeur Leriche, 10 injections de sérum salé hypertonique intra-veineux.

En septembre 1937, plus de douieurs, lulcération a disparu. L’amputé porte toute la journée son appareil, et se déclare enchanté; le moignon est à peu près indolent à la palpation.

Revu en décembre 1938 et ces temps derniers, soit presque 2 ans après la dernière opération, le blessé se porte parfaitement, travaille activement. Il ressent toujours quelques douleurs aux changements de temps, mais insignifiantes. Le moignon indolent et sec. Il se déclare guéri.

La dernière opération concerne un homme de 56 ans. Entré à l’hôptal de Dijon dans un service de chirurgie pour ulcération du pied. Amputation de

Lisfranc puis amputation de jambe au lieu d'élection un mois après (Dr de Girardier). Suppuration pendant plusieurs mois.

Immédiatement après l’amputation de jambe, le blessé commence à souffrir du pied continuellement avec des paroxysmes très pénibles. Ce sont, surtout la nuit, des crispations très douloureuses des orteils. Aucune douleur sympathique au niveau du moignon.

En novembre 1935, sympathectomie périfémorale (Dr J. de Girardier) qui fut suivie d’un soylagement transitoire. Quelque temps après le syndrome réapparaît tel qu’il était avant l'intervention avec crises paroxystiques la nuit. On calme le blessé avec de la morphine (4 cg. par jour en moyenne).

Les douleurs augmentent de violence et les crises de fréquence ; le malade passe trois ans après dans le service de clinique chirurgicale du Pr G. Leclerc. L'examen montre : un moignon sec, douloureux à la palpation, on ne sent pas nettement le névrome. Devant ce syndrome tronculaire pur, on décide d’intervenir sur le nerf. Le 10 novembre 1938 (Dr F. Leclerc), avertine+protoxyde d'azote. Découverte du sciatique, section du nerf, injection d'acide phénique. Suture à la soie très fine. Fermeture totale.

Suites : il souffre énormément le soir même, ne sent plus son pied deux ou trois jours, puis, après ce délai, le perçoit à nouveau. Les douleurs sont nettement diminuées, le blessé peut se passer de morphine.

Mais le résultat est loin d’être parfait, une ulcératon de la taille d’une pièce de 20 francs apparaît.

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