ADO
Le syndrome se rapproche un peu de ce qu’a écrit Leriche à la Société de Chirurgie de Lyon en mars 1934. Dans cette communication, il isole un syndrome douloureux caractérisé par une hémialgie faciocervico-thoracique s’arrêtant net sur la ligne médiane allant en arrière jusqu’à la nuque et descendant jusqu’à la limite inférieure du thorax. En même temps, il existe des crises de strictions thoraciques avec angoisse, parfois, ajoute-t-il, des crises épileptiques.
Chez notre blessé, les symptômes ne s’arrêtaient pas net, sur la ligne médiane, au contraire, les douleurs peu à peu avaient diffusé jusqu’à devenir atroces dans la nuque, le dos, puis l’épaule et le bras du côté opposé à l’amputation. Enfin, notre mutilé n’a jamais ressenti son membre absent. Notre cas est également très différent de celui de Leriche par le traitement.
Son malade, en effet, dont l’observation complète se trouve dans la thèse de Duviol, fut traité par l’injection de novocaïne au niveau des 2 ou 3 premiers ganglions dorsaux. Le résultat immédiat fut bon, mais il récidiva 7 mois après, les douleurs et les crises épileptiformes qu’il présentait étant réapparues. C’est alors que furent pratiquées, après une sympathectomie péri-carotidienne qui échoua, les infiltrations de la cicatrice qui amenèrent la guérison.
Notre facon de faire fut inverse et le résultat presque immédiatement acquis. Début du traitement par la novocaïnisation du névrome et de la cicatrice, amélioration insuffisante, guérison par linfiltration
deux fois répétée du stellaire.
EU pro
Mais cette observation ne doit pas faire admettre sans réserve que, en présence d’un moignon douloureux le premier geste souvent « suffisant du reste » soit de faire une infiltration.
Bien des malades catalogués succès de linfiltration ont récidivé (observation de Leriche dans la thèse de Duviol) et ont cherché ailleurs un soulagement de leurs douleurs réapparues. Nous en connaissons plusieurs exemples et nous en avons un entre autres dans ce travail.
Les malades « véritables hallucinés de la douleur portent leur peine et leur membre blessé d’une ville à l’autre », écrit Wertheimer dans son article du traité de Chirurgie Orthopédique ; et plusieurs de nos malades qui avaient subi des infiltrations ou des sympathectomies péri-artérielles à Lyon ou à Paris furent considérés sur le moment comme des succès et nous les revimes cependant avec des douleurs nécessitant une nouvelle intervention (obs. III, IV, V).
Nous avons déjà exposé l’histoire de M. Caï… obs. IV), blessé de guerre, amputé de cuisse en 1936, souffrant dès le lendemain de son opération d’intenses douleurs dans le pied droit, brûlures et sensations de tortion, avec paroxysmes nocturnes arrachant des cris au blessé.
Quatre injections de novocaïne au niveau de la chaîne lombaire furent pratiquées à l’hôpital E.-Herriot en 1938, chaque injection état suivie d’une amélioration durant environ une demi-journée. La quatrième eut un résultat un peu plus satisfaisant. Mais, quelques mois plus tard, il souffrait toujours autant et