‹ Les Moignons Douloureux: Etude Clinique et TraitementChapitre 6 sur 41 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Notre expérience personnelle du traitement des algies consécutives aux amputations est encore modeste.

Nous avons examiné personnellement une douzaine de malades et nous en avons opéré huit, mais les guérisons obtenues chez ces blessés souffrant intolérablement nous ont encouragé à publier nos résultats. |

Le Professeur Leriche a bien voulu, depuis Strasbourg, nous conseiller. Il a accueilli et examiné certains de nos malades que nous lui avons adressés de Dijon et pour lesquels son avis nous a été extrêmement précieux.

Nous tenons à remercier celui à qui tant d’amputés sont redevables d’avoir trouvé un soulagement à leur souffrance. Il existe indiscutablement une sorte d’association de ceux qui souffrent; ils se connaissent les uns les autres, discutent de leur traitement, et, fait rare en médecine (dont nous avons eu plusieurs fois la preuve), il en est qui savent que c’est au Professeur Leriche, à ses travaux, à son obstination qu’ils doivent de n'être plus relégués parmi les incurables.

Bien des chapitres de cet ouvrage sont inspirés

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soit de son enseignement, soit de ses écrits, tous sont imprégnés des idées qu’il a tant de fois exprimées.

Ce travail n’a pas d’autre prétention que de rapporter quelques faits; en eux-mêmes ils ont une valeur indiscutable; quelles que soient les théories et les pathogénies, ils existent et n’ont pas besoin de justification. Nous avons voulu également en tirer les conclusions qui en découlaient logiquement.

Nous nous en tiendrons strictement aux types douloureux que nous avons observés, aux thérapeutiques que nous avons pratiquées et aux résultats qu’elles nous ont donnés.

Dans les moignons douloureux, nous ne comprendrons pas les troubles dus à une amputation incorrecte, moignons coniques, cicatrices vicieuses, sections à des niveaux différents des deux os dans les exérèses de l’avant-bras ou de la jambe. Nous n’envisagerons pas non plus les infections osseuses, ostéites, ostéomyélites, ou les ossifications de cicatrices. Tous ces troubles sont facilement curables par des interventions locales et sont loin de notre sujet. Nous n’envisagerons en somme que les cas où la douleur, quel qu’en soit le mécanisme, est d’origine nerveuse, où Le ou les neurogliomes sont responsables directement ou indirectement de l’état douloureux.

Nous n’avons pas observé de cas légers où la thérapeutique est le plus souvent facile. Il s’agit là de blessés ne souffrant que de temps à autre, aux changements de temps par exemple, dont la vie est donc presque normale. Ils sont habitués à de légères douleurs, dans l’extrémité perdue, ou au niveau de la

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cicatrice, et le plus souvent ils n'en demandent pas le soulagement.

Tous les malades que nous avons vus étaient dans un état sérieux, leur activité était totalement arrêtée et quelques-uns avaient subi déjà bien des traitements. Cependant, nous n’avons pas eu l’occasion de traiter de grandes hyperesthésies douloureuses, telles que les a décrites Leriche. L'observation n° 2 s’en rapproche, mais quoique le blessé souffrit énormément, en particulier au contact, il ne présentait pas cet épouvantable état de douleur superficielle et diffusante, exacerbée au moindre effleurement, qui caractérise cette forme si particulière et si difficile à soulager. Nous avons pu examiner un certain nombre de malades, maïs pour diverses circonstances, plusieurs ne purent être traités, et finalement nous n’avons retenu que huit observations personnelles que nous avons pu suivre pendant plusieurs mois ou plusieurs années.

Sur huit malades opérés, deux sont traités depuis seulement 6 mois, les autres déjà depuis deux, trois, quatre ou cinq ans.

Dans les premiers chapitres, nous rappellerons simplement ce que les travaux de Leriche, les articles de ses élèves ou les thèses qu’il leur a inspirées ont exprimé sur la cicatrisation des nerfs après amputation. Nous ciasserons ensuite les divers types douloureux, enfin nous exposerons les méthodes de traitement, les résultats que nous avons obtenus et les indications telles que nous les concevons à la lumière de ces résultats.

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