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Chez certains sujets au contraire l'illusion est d’une telle netteté que le blessé peut faire jouer chaque segment du membre amputé. Il peut commander au membre fantôme, serrer les doigts dans les paumes par exemple, étendre les doigts, etc...
Cette image n’apparaît chez certains que la nuit et, en se réveillant, le blessé peut croire quelques instants qu'il n’est pas infirme. Chez d’autres, l’hallucination est surtout nette au moment des variations atmosphériques, le membre habituellement perçu de façon assez vague, est senti dans tous ses détails à l’occasion d’un changement brusque de température ou lors d’un orage.
Cette illusion apparaît à des moments variables après l’exérèse. Pour certains, c’est immédiatement en se réveillant du sommeil anesthésique que l’illusion se constitue. Il est bien connu le cas du blessé qui ne sait pas et qui ne se doute pas qu’il a fallu sacrifier opératoirement un de ses membres. Chez d’autres, l'illusion se constitue peu à peu et c’est avec étonnement que, quelques jours après l’opération, il s’aperçoit que réapparaît la sensation du membre qu’on vient de lui enlever. Cette hallucination une fois installée peut persister indéfiniment; chez quelques amputés de longue date, elle finit par s’estomper, et par devenir une sensation très vague.
La perception du membre fantôme a souvent paru inexplicable autrement que par un phénomène psychique, hallucination consistant en une image corporelle cénesthésique, se réfléchissant sur la personnalité du sujet (Van Bogaert, Lhermitte). Cependant,
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il y a longtemps, Descartes avait exposé la théorie de lexcitation périphérique. Les cylindraxes du neurone, nous l’avons vu, restent excitables, il suffit de les piquer pour s’en rendre compte. Or, ils reçoivent des excitations à chaque instant, musculaires ou vasomotrices. Les fibres continuent à les transmettre à leur centre habituel, le blessé doit donc normalement, physiologiquement, sentir son membre amputé.
La preuve en est, qu’il est très facile de faire disparaître l’hallucination, soit en injectant le névrome à la novocaïne, soit en changeant les conditions circulatoires à son niveau.
Une intervention sympathique, infiltration ou opération, fait disparaître l'illusion... (Obs. III, IV, V).
La théorie de l’image du « moi corporel », image psychique à laquelle se rattache le « schéma très vivant du membre inutile > paraît donc insuffisante pour comprendre ce qu’on observe quotidiennement. Comment expliquer, en effet, que cette image disparaisse lorsqu'on provoque une vaso-dilatation au niveau du moignon ?