Albert le Ci\am>, p
La \ !i.:.tiu.;<ji |J, p. 271*.
SCftjS LES PREMIERS MÉROVINGIENS. 309
il fut ravi en extase : les yeux du pauvre aveugle s'ouvrirent pour contempler le ciel ouvert sur sa tète, et il se mit à chanter un dernier cantique que Ton répète encore dans son pays :
« Je vois le ciel ouvert; le ciel, ma patrie, je veux « m'y envoler... J'y vois mon père et ma mère « dans la gloire et la beauté; je vois mes frères, « les hommes de mon pays. Des chœurs d'anges, « portés sur leurs ailes, volent autour de leurs « têtes, comme autant d'abeilles dans un champ de « fleurs. »
Le troisième jour après cette vision, il dit à Christine de lui faire son lit, non pas comme d'habitude, mais avec une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette. « Quand l'ange noir viendra me « chercher, qu'il me trouve couché sur la cendre. »> Christine tout en lui obéissant lui dit : « Mon oncle, . « si vous m'aimez, demandez à Dieu que je vous « suive sans tarder, comme la barque suit le cou- <t rant. » Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, « se jetant à ses pieds, y mourut aussi1. » Hervé, le moine aveugle, est resté jusqu'à nos jours le patron des chanteurs mendiants qui chantent encore sa légende en vers bretons, et l'on a montré longtemps dans une petite église de basse Bretagne2 le berceau de chêne vermoulu où l'endormirent de leurs chansons \o