‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 115 sur 177 · Giieg. Te bon., iv · texte numérisé non relu

Giieg. Te bon., iv

2. Ilist. Eccl. Francor., 1. x, c. 20. — Il existe en outre deux Vies de saint Arédius (ap. Rolland., t. VI August., p. 175;. La première et la plus courte, Vita prima, est d'un anonyme contemporain. La seconde, Vita prolixior, est attribuée par Mabillon, qui l'a publiée dans ses Analecta (p. 108), à Grégoire de Tours lui-même; mais Ruinait {Opéra Grey. 7ur., p. 1285) et les Bollandistes ont démontré que cette attribution est inexacte. Du reste, Grégoire parle de lui dans plusieurs autres endroits de ses ouvrages. Ilist. Franc, 1. vin, c. 15 et 27. — De mirac. S. Juliani, c. 10. — De cirtut. S. Martini, n, 30. — De gloria Confess., c. 0.

lier1. C'était une fonction qui tendait des lors à devenir très-importante, et dont les titulaires viorent plus d'une fois grossir les rangs de l'Ordre .Monastique. Nizier, ce raoine devenu évêque de Trêves, dont nous avons raconté plus haut le courage et l'humanité, crut distinguer sur la figure du jeune courtisan qu'il rencontrait dans le palais de son roi l'empreinte d'une vertu surnaturelle. 11 l'attira dans sa cellule où il lui parlait de Dieu et lui inspirait, avec la connaissance des vérités religieuses , le goût de la vie claustrale. Une colombe qui , pendant ces entretiens confidentiels , venait sans cesse se poser sur la tête ou sur l'épaule du Jeune et docile Arédius, acheva de convaincre le prélat que l'Esprit-Saint devait éclairer son élève !. Il lui permit toutefois de retourner dans son pays, auprès de sa mère Pélagie, qui n'avait pas d'autre famille que cet unique enfant. Mais rentré dans son Limousin, Arédius ne voulut plus s'occuper de ses champs ni de ses vignes, qu'il abandonna à sa

1. Parentela nobil gcneratus... Nobilissima vidclicet origine... valde ingenuus... Theodeberto rogi traditus, aulicis palatin is adjuo- {iitar... ut canccllarius prior ante conspectuni régis adsistcrct.. canccllarii sortitus oflicium. Ubi supra. — Le HuôYou, se fondant sur un texte dont il ne cite pas l'origine (Sanetus Arédius, Lemoviceosis ibbas, apud Theodcbertum canccllarius, qui! prior erat mtlitia pfllatina)% dit que cette charge était le poste le plus éminent de la cour des Mérovingiens, fnslit. merov., i, 383.

'2. !Sescio quid in vultu ejus cerncns divinum... Cum ingrwsi in ccllulam de iis quaî ad Dcum pertinent confabularentur... Gnec. Ttn., ioc. cit.

mère, eo la chargeant de pourvoir à la subsistance de la petite communauté qu'il forma dans un de ses domaines, qu'il peupla surtout de gens de sa maison1, et dont est sortie une ville nommée, d'après lui , Saint-Yrieix 2.

Il avait d'abord voulu s'enfermer dans une caverne, mais, à la prière de sa mère, il transféra son monastère dans un site plus agréable. Il y partageait son temps entre le labourage et l'étude ; il transcrivait surtout, de sa propre main, des exemplaires de l'Écriture sainte et des livres liturgiques qu'il se plaisait li distribuer entre les églises des diocèses voisins. Les pauvres et les malades affluaient auprès de lui, comme les abeilles à la ruche3. Il secourait les uns et guérissait les autres. Il sortait tous les ans de son cloître pour aller à Tours célébrer la fête de saint Martin et baiser en priant la tombe du grand évéque, puis traversait la Loire pour gagner Marmoutier et s'y retremper dans l'esprit monas-

1. Sivecxercitiom agrorum, sive cultus vinearum... ex familia propria tonsuratos instruit monaclios. Grkg. Tlr. , toc. cit. — Dans son Histoire, Grégoire dit qu'il y suivait les règles de Cassien, de saint Basile et des autres abbés , qui monasterialem vilam instituerunt . Il ne fait aucune mention spéciale de saint Benoit; mais dans la Vita prolisioi\ écrite par un témoin oculairo des miracles qui s'opérèrent sur la tombe d'Arédius à la tin du vi» siècle, tout porte déjà l'empreinte de la règle bénédictine. Cf. Bolland., toc. cit.

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