l»o*t patrie i.m»Tes, et culmina lap>a parentnni
Qua* prius a l I v hrymas fulmina rapt » trahar* ..
Uutilans m trnubiis aunuu
Pirata solo rO' ufat...
Totaque sic uno gen* jacet in tumulo... Tune rapitur !aix-ns tua trôna revinrta captll:*,... f>«ula non licuit captivo infigen» po>ti... Nufla maritalem cakavit planta cruoretn... Non <rt|uaro «ju^o v«'l l'aria- a œn i-ia nVtu. < "*< -!i"*ul'i it fort ii na viris qii"s perrut>t hn<«tis,
t t ftVrom cunrtis una superstes a«o .. Sii'pe sub bumetto contiens lumina vultu.
Murmuia tîausa lateu*, noc mua tuia la*, ut.
De Exvidio Thtuvijkt rt /*v.*t»u n rlrjHiul, , ap. Vu a t. l-^RTUNAii opera.
cubines1. On lui en connaît jusqu'à six de cetle sorte, dont deux veuves de ses deux frères et deux sœurs épousées à la fois. Quant à Radegonde, il l'aima passionnément, au moins pour un temps, et plus que toutes les autres, tout en se plaignant de sa froideur et de l'étrange contraste qu'il rencontrait à chaque instant entre elle et lui : a Ce n'est « point une reine que j'ai là, » disait-il, « c'est une « vraie religieuse2. » La jeune et belle captive cherchait naturellement dans la religion la seule douceur qui pût la consoler de son mariage, et la seule force que dût respecter, tout en la comprenant à . peine, le maître qu'il lui fallait subir. Lorque le roi l'appelait à souper avec lui, elle le faisait attendre
1. Cf. Act. SS. Rolland., toc. cil., p. 50. — On nous permettra de renvoyer au savant commentaire des hugiographes jésuites pour les difficultés que soulèvent non -seulement la polygamie de Clotaire, mais surtout la question de savoir comment Radegonde a pu prendre le voile du vivant de son mari. Il faut rendre à Clotaire la justice de reconnaître que, malgré son goût effréné pour les femmes, il savait respecter la virginité quand elle lui apparaissait consacrée par la religion , ainsi que le démontre la touchante histoire de Consonia, riche héritière provençale, dont l'immense fortune avait attiré une foule de prétendants, et qui alla demander à Clotaire la faveur de rester dans le célihat au milieu de ses domaines, dont le revenu était consacré à l'Église et aux pauvres. Elle l'obtint, après avoir guéri d'un mal mortel une des filles de Clotaire. Plus tard, cette jeune princesse obtint de son frère Sigebert que Consortia, de nouveau poursuivie eo mariage par un seigneur franc , put garder la liberté que lui avait assurée Clotaire. Act. SS. O. S. B., t. I, p. 235.
2. Quam tanto amore dilexit, ut nihil preter illam se habere aliquoties faterctur. Vit. S. Juniani, loc. c— Dicebatur habere se magis jugalem monacham quam regiuam. Bolund., p. 09.
jusqu'à ce qu'elle eût ûni ses lectures pieuses; Clotaire s'en irritait et lui en faisait de violentes querelles que le Barbare amoureux cherchait ensuite à se faire pardonner en rachetant par des cadeaux les injures qu'il lui avait dites. La nuit, elle se levait d'auprès de lui pour aller s'étendre sur un cilice, jusqu'à ce qu'elle fût à demi gelée et que le lit même pût à peine la réchauffer. Toutes ses journées étaient consacrées à l'étude des saintes lettres, à des entretiens prolongés avec les clercs et les évêques qui venaient à la cour de Soissons, et surtout à l'aumône et à l'administration d'un hôpital qu'elle avait fondé dans ce domaine d'Athies, ou elle avait passé les premières années de sa captivité, et où elle rendait elle-même aux femmes malades les soins les plus dévoués1.
Tout, dans sa vie, révélait l'empire absolu de la foi du Christ sur son âme , et l'ardente passion de servir cette foi sans réserve et sans retard. Tantôt on la voyait, lorsque ses servantes avaient vanté le nouvel attrait qu'ajoutait à sa beauté une sorte de coiffure ornée de pierreries, à l'usage des reines barbares, courir déposer ce diadème sur l'autel de l'église la plus voisine2. Tantôt,
1. Rixas habebat a conjugc, ita ut vicibus multis princops pcr raunera satisfaceret quod per linguam peccassct... Gelu penetrata... vis tepefteri poterat vel foco vel lectulo... Morborum curabat putredines, virorum capita diluons... Boixand., toc. cit.
2. Quotics... more vesticbat do barburo, a circumstantibus pucllis bi laudaretur pulchcrrimum. Ibid.
indignée de rencontrer sur sa route un temple païen, un vestige de ce qu'elle regardait comme une superstition diabolique , elle s'arrêtait au milieu de son cortège militaire pour en ordonner la destruction immédiate : malgré les cris furieux et la résistance acharnée de la population d'alentour, composée de Francs encore idolâtres qui voulaient défendre avec leurs épées it leurs bâtons le sanctuaire de leur culte national, elle restait à cheval au milieu de son collège j use pi' à ce que l'édifice eût disparu dans 1»> flammes1.
Au bout de six ans de mariage, Clotaire fit tuer, sans qu'on sache pourquoi, un tout jeune frère de Radegonde, compagnon de sa captivité, quelle aimait tendrement et à qui nul crime ne pouvait être imputé.
La reine fut à la fois accablée et indignée de cet attentat, et d'autant plus qu'elle paraît, d'après quejques mots qui lui échappèrent plus tard, avoir été la cause innocente de la mort de son frère. « Ce jour-là, » disait-elle, « je me suis sentie deu\ fois esclave ; j'ai subi de nouveau tout le poids du
1. Sîeculari pompa se coniitanle... Fa nu m quod a Francis coleh..tur... diaboliro maohinamento... Franci et universa muHitudo cum gladiis et fustibus... Ilrgina... equum quem sedebat in autea n<>ii inovit. Boi.land., p. 70. — La religieuse Baudonivia, eu racontante trait, dit: « Quod audivimus dicimus, et quod vidimus testamur. 11 est probable qu'avant de suivre la reine dans le cloître, elle lt pai lle de sa nuis, a !aiqu\
joug ennemi1. » Nul ne nous a dit ce qui se passa à cette occasion entre Radegonde et son maître. Nous voyons seulement que ce crime fut le signal de sa délivrance. Avec la permission de son mari, Ki|e |irPm, obtenue on ne sait comment, elle quitta la résidence le *0,!e" royale de Soissons et s'en vint à Noyon auprès de l'évêque Médard, qui avait sur le roi et sur toute la nation un extrême ascendant.
Elle va le trouver à l'autel où il célébrait et le supplie de la consacrer a Dieu en lui donnant le voile. L'évéque hésite et résiste ; les seigneurs francs qui se trouvaient là l'entourent, le font descendre violemment de l'autel et lui interdisent de consacrer à Dieu une femme dont le roi avait fait une reine en l'épousant publiquement. Mais alors Radegonde va prendre dans la sacristie un habit de religieuse dont elle se revêt elle-même, et, revenant vers l'autel, elle dit à l'évéque : « Si tu tardes à me con- « sacrer, si tu crains plus un homme que Dieu, le < bon Pasteur te demandera compte de l'Ame de
I. Fratrem injuste per hommes iniquos occidit. Grec. Tir., m. rYater interficitur innocenter. Fortinat.
De nece permani cur dolor alta taces?... Dum dure dura mihi rcfugit , sihi vulncra fixit :
La^dero qui litnuit causa doloris a test. Percutilur juvenis tenera lanugine barba»... Impia crede; tua- rca smn, gerroane, salutis
Mors cui sola fui , nulla sepulchra dedi. Qua? semel oxcessi patriam, bis capta remansi,
Al^uc hostes iterum, Iratro jacente, tali... Non vacat ulla dics laclirymis, post funera frntris... Qu* mala pertulorim, neque pra'scns ore re 'errera.
a sa brebis. » A ces mots, Médard demeure comme frappé de la foudre, et aussitôt il lui impose les mains et la consacre diaconesse1. Clotaire lui-même n'osa pas d'abord revenir sur ce qui avait été fait. La nouvelle religieuse, usant de sa liberté reconquise, allait de sanctuaire en sanctuaire, semant partout, en guise d'offrandes, ses bijoux et ses vêlements de reine. Franchissant la Loire, elle s'arrêta d'abord à Tours, auprès du tombeau de saint Martin, où aflluaicnt alors les pèlerins et les malheureux de toute la chrétienté, et oii elle vil peutêtre son illustre belle-mère Clotilde, qui était venue attendre la mort auprès du saint tombeau2. Elle s'établit ensuite dans le domaine de Saix, en Poitou, que son mari lui avait concédé, et là, vivant en vraie recluse, cette jeune reine, à peine âgée de vingt-quatre ans, se mit à pratiquer les plus rigoureuses austérités, mais surtout h se prodiguer aux pauvres et aux malades et à leur rendre les services les plus rebutants. Après avoir baigné elle-même les lépreuses, elle baisait leurs plaies dégoûtantes : « Très-sainte dame, » lui dit un jour une de ses suivantes, « qui voudra vous embrasser, si vous em- « brassez ainsi ces lépreux? — Eh bien, » répondil-
1. Ne velaret repi conjunctam... Rcginam non publicanam, publicam... Intrans in sacrarium, monachica veste induitur. . . Quod illc contestationis concussus tonitruo... Bolmnd., foc. cit., p. 70.
2. Manillon fixe sa mort en 5U. Les Bollandistes (die 3 Junii) ne précisent aucune date.
elle en souriant, « si tu ne m'embrasses plus jamais, « j'en suis déjà consolée1. »
Cependant le bruit se répand que Clotaire , dont l'amour s'était rallumé par l'absence, est en route pour venir la reprendre 2. Aussitôt, comme pour protester contre tout projèt de ce genre, elle s'enveloppe d'un cilice des plus âpres qu'elle adapte à ses membres délicats, redouble ses jeûnes et ses veilles, envoie ce qui lui restait d'or et de pierres précieuses à un saint reclus de Chinon, en lui demandant de prier avec ardeur pour qu'elle ne retournât pas dans le monde. «J'aime mieux mourir,» lui fit-elle dire par une vieille suivante, «oui, mourir, plutôt que d'être de nouveau livrée à ce roi d'icibas, après avoir déjà joui des embrassements du Roi des deux. »> Le solitaire lui promet qu'elle sera exaucée 3. Alors, rassurée, elle se réfugie près du Cl0laire tombeau de saint Hilaire, à Poitiers, et Clotaire, la reperJJ,dre retenu et dominé encore une fois par une crainte religieuse, lui accorde la permission de construire à Poitiers même un monastère et de s'y enfermer. Quand l'édifice claustral est achevé , elle y entre triomphalement , au milieu de la joie populaire et
1. Sanctissima domina, quis te osculabitur, quœ aie leprosos complecleris?... Vere, si me non osculeris, hinc mihi non cura est. —
BOLLANO., p. 71.
2. Fit sonus quasi rex cam iterum vellet accipere. Ibid., p. 70.
3. Se amplius cruciandam tradidit cilicio asperrimo, ac tenero corpori aptavit... Ipsa inagis optaret vitam fiuirc quam régi terreno iterum jungi, quia jam cœlestis régis copulabaturamplexibus. /M., p. 70.
3ii LES MOINES EN GAULE
on fendant les flots des spectateurs, qui, après avoir inondé les places et les rues, couvrent encore les toits des maisons d'où ils pouvaient la voir passer *.
Mais bientôt de nouvelles alarmes vinrent l'y assaillir. Elle apprit que, sous prétexte de dévotion, Clotaire était arrivé à Tours et qu'il se disposait à venir jusqu'à Poitiers, pour y chercher celle qu'il appelait sa chère reine. Le saint évoque Médard ne pouvait plus user de son ascendant pour la défendre : il venait de mourir. Mais l'illustre iv» Cécile, évéque de Paris , Germain , vivait encore : c'est à lui qu'elle écrivit, en le conjurant de faire respecter son vœu. L'évéque alla trouver le roi devant le tombeau de saint Martin, et le supplia à genoux, en pleurant, de ne pas aller à Poitiers. Clotaire reconnut bien la voix de Radegonde à travers les paroles de Germain, mais il reconnut en même lemps qu'il ne méritait pas d'avoir pour reine une femme qui avait toujours préféré la volonté de Dieu à la sienne. Il s'agenouilla à son tour devant l'évéque et le pria d'aller demander pardon à la sainte de tout ce que de mauvais conseils lui avaient fait entreprendre contre elle. Et désormais il la laissa en paix 2.