‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 120 sur 177 · Greo. Tiros., fiist., 1. ix, c. 30, 4'J · texte numérisé non relu

Greo. Tiros., fiist., 1. ix, c. 30, 4'J

En outre, pour mieux orner son cher sanc- ;>,8 tuaire, elle envoya demander à l'empereur Justin à Constantinople un fragment de la vraie croix qu'il lui arcorda. Nouvelle Hélène, elle reçut avec des transports de joie la sainte relique, qui donna son nom au monastère de Radegonde , et ce fut à l'occasion de cette translation que l'on entendit retentir pour la première fois les accents sublimes du Vexilla régis et du Pange lingua, hymnes nouvelles] que cette solennité inspira au poëte Venantes Fortunatus et que toute l'Église chante depuis lors.

Ce Fortunatus 1 était un laïque italien qui, en venant visiter les sanctuaires de la Gaule, s'était fixé ses relation-

avec

à Poitiers. Il fut longtemps après évèque de celte ie ^ Fortuné ville et biographe de Radegonde, mais il n'était alors renommé que par son talent poétique, trèsrecherché et très-admiré par les Gallo-Francs. La reine cloîtrée en avait fait son secrétaire et l'intendant des biens du monastère. Dans des vers où les souvenirs classiques et le bel esprit se rencontrent peut-être trop souvent avec les inspirations de la foi catholique, il entre dans une foule de détails curieux sur l'aimable et touchante intimité qui régnait entre lui, l'abbesse Agnès et Radegonde ainsi que sur les soins gracieux et vigilants dont

1. Ne" à Ceneda, près Tnïvise, ea 530. Il ne devint évequo de Poitiers qu'en l'année 500 , douze ans après la mort de Radegonde.

elles l'entouraient. Mais il y prend le Christ à témoin de l'innocente ardeur de ses sentiments pour la jeune abbesse, qu'il aimait comme une sœur, et pour l'auguste fondatrice, qui lui permettait d'user avec elle de la respectueuse familiarité d'un fils1. 11 parle souvent au nom de celle-ci , surtout dans une pièce célèbre, où il suppose que la reine conservait, à cinquante ans, le souvenir poignant et passionné de son pays ravagé, de sa famille égorgée, et d'un cousin alors réfugié à Conslanlinople et qui avait peut-être partagé les premiers jours de sa capti\ité, lorsqu'elle -même, traînée en esclavage , avait quitté pour toujours sa patrie désolée.

Comme on a dit que Radegonde elle-même avait dicté ces vers où respire le sentiment d'une véritable poésie et d'une poésie toute germanique de ton et d'inspiration , nous en citerons à notre tour quelques passages exactement traduits :

« Lorsque le vent murmure, j'écoute s'il m'apporte quelque nouvelle, mais de tous mes proches

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