Job, v
il a pu même arriver que de coupables supercheries aient abusé de la foi et de la piété de nos an-
cêtres. Mais aussi, justice en a été faite par la critique jalouse et savante de ces grands maîtres de la science historique que les Ordres religieux ont fournis au monde, bien avant que les dédains systématiques et les théories aventureuses de nos docteurs contemporains eussent profité de quelques inexactitudes et de quelques exagérations pour reléguer toute la tradition catholique au rang des mythologies semi-historiques et semi-poétiques qui précèdent toutes les civilisations incomplètes. Il n'y a pas d'écrivain faisant autorité parmi nous qui hésitât à répéter ces belles paroles d'un vrai savant chrétien : « Certaines gens ont cru faire marque de grande piété, en donnant de petits mensonges pour des articles de religion. Cela est aussi dangereux qu'inutile : on risque ainsi de faire douter de ce qui est vrai par haine de ce qui est faux ; et d'ailleurs notre piété a pour se nourrir tant de vérités, que les mensonges lui sont à charge , comme les soldats poltrons dans une armée de braves !. »
Ainsi parlent et pensent tous les écrivains chrétiens; mais ils n'en sont pas moins pénétrés du sen-
I. Fuere qui uiagnae pietatis loco ducerent mendaciola pro relicione confin^ere : quod et pcriculosum est, ne veris adiinatur fides propter falsa, et minime necessarium; quoniam proprictate nostra tain multa sunt vera, ut falaa tanquam ignavi milites atque inutiles oueri sint niagis quam auxilio. Liidov. Vives, de Tradendis Disripu- 4i*t lib. v.
i!0 LES MOINES ET LA NAITRE.
liment qui dictait à un païen du siècle d'Auguste, à Titc-Live. ces nobles lignes que ne désavouerait aucune plume chrétienne : « Je n'ignore pas que cette indifférence vulgaire, qui ne se soucie pas que les dieux puissent intervenir aujourd'hui dans nos a (Ta ires, s'oppose en outre à ce que Ton publie les prodiges du passé; mais pendant que je raconte les choses d'autrefois, il me semble que mon cœur prend , lui aussi , des années , et je sens qu'un res- |iect religieux m'astreint à reproduire dans mes annales ce que tant d'hommes très-sages ont cru devoir recueillir pour la postérité1. »
i. Non sum nescius ut «idem negligentia qua niliil Deos poriondcre vulgo nunc credant, neque nuntiari admodum ulla prodigia io puhlicum, neque in annules roferri : caMerum et mihi, vetustas res scribenti, nescio qno pacto antiquus fit anhnus : et quseJam religio tenet, qua? illi prudentissimi viri publiée su*cipienda censuerint, ea pro dignis habere, qua? in meos annales referara. Tit. Liv., I. c. 13.
Qu'on me permetio de citer ici une belle page, trop peu remarquée, du comte de Maistre :
« A l'égard de la mythologie, entendons-nous encore. Sans doute, toute religion pousse une mythologie; mais, n'oubliez pas, très-cher comte, ce que j'ajoute immédiatement, que cell" d? la religion chrétienne est toujours chaste, toujours utile et souvent sublime, sans que, par un privilège particulier, il soit jamais possible de la coufondre avec la religion même... Écoutez, je vous prie, un exemple; il c^t tiré de je ne sais quel livre ascétique dont le nom m'a échappé :
« Un saint, dont le nom m'échappe de même, eut une vision pendant laquelle il vit Satan debout devant le trône de Dieu , et ayant prêté l'oreille, il entendit l'esprit malin qui disait : « Pourquoi m'as- « tu damné, moi, qui ne t'ai offensé qu'une fois, tandis que tu sauves « des milliers d'hommes qui t'out offensé tant de fois ? » Dieu lui répondit : « M'as-tu demandé pardon une fois ? »
« Voilà la mythologie chrétienne! C'est la vérité dramatique, qui
1/ Eglise ne saurait, du reste, répondre des erreurs ou des mensonges qui se sont glissés dans quelques légendes. Elle n'oblige de croire a aucun des prodiges, même les mieux avérés, dont on y trouve le récit. Mais lorsque de pareils fails sont rapportés par des auteurs graves et surtout contemporains, l'Eglise, qui est elle-même fondée sur les miracles, fait profession de les reconnaître et de les recommander à l'admiration des chrétiens, comme une preuve de la fidélité des promesses de Celui qui a dit de lui-même <» qu'il était admirable en ses « saints, » et ailleurs : « Qui croit en moi fera aussi u des prodiges et plus grands que les miens : ruait jora horum facict. »
Il est donc juste et naturel d'enregistrer ces pieuses traditions, sans prétendre assigner le degré de certitude qui leur appartient, mais sans prétendre non plus poser des limites à l'omnipotence de Dieu. Elles ne troubleront point ceu\ qui savent quels sont les besoins légitimes des peuples habitués à vivre
a sa valeur et son effet indépendamment même de la vérité littérale, et qui n'y gagnerait môme rien. Que le saint ait ou n'ait pas entendu le mot sublime que je viens de citer, qu'importe? Le grand point est de savoir que le pardon n'est refusé qu'à celui qui ne l'a pas demand*'. Saint Augustin a dit d'une manière non moins sublime : Dieu te fail-tl peur ? cache-toi dans ses bras Vis fugere a Deo? luge ad Deum). Pour vous, mon cher comte, c'est peut-être aussi bien; mais pour la foule, il s'en faut de beaucoup. Je dis peut-être, car, soit dit entre nous, tout le monde est peuple sur ce point, et je ne connais personne que l'instruction dramatique ne frappe plus que 1rs plus bellemorales de métaphysique. » Lettres, t. 1, p. 23j.
i\t LES MOINES ET I.A NATURE.
surtout par la foi, et quelles sont les richesses de la miséricorde divine envers les cœurs simples et fidèles. Échos touchants et sincères de la foi de nos pères, elles ont nourri, charmé, consolé vingt générations de chrétiens énergiques et fervents pendant les époques les plus fécondes et les plus brillantes de la société catholique. Authentique ou non, il n'y en a pas une qui ne fasse honneur et profit à la nature humaine et qui ne constate une victoire de la faiblesse sur la force et du bien sur le mal.
Il est d'ailleurs certain que le miracle semblait à nos pères, aux Gallo-Francs dont nous avons l'honneur de descendre, une des conditions les plus ordinaires et les plus simples de l'action de Dieu sur le monde1. Les prodiges que nous avons rapportés étaient regardés par eux comme le résultat naturel de l'innocence restituée par le sacrifice. Aux yeux des populations récemment converties et éblouies par tant de grands et saints exemples, alors même que leur foi reste insensible et leurs mœurs féroces, l'homme, complètement maître de lui-même, redevient maître de la nature. En outre, les animaux rapprochés de ces hommes merveilleux se transforment eux-mêmes, acquièrent une iulelligence plus ouverte, une douceur plus constante. On leur découvre toutes sortes de qualités attachantes et de relations naturelles avec l'existence de gens qui
t. Don Pitba, Histoire de saint Léger, p. xcii.
>gle
s'isolaient de leurs semblables pour vivre en communauté avec la nature. Pendant que les docteurs monastiques se plaisent à chercher dans les particularités plus ou moins fidèlement observées de leurs instincts et de leurs mœurs, des sujets d'enseignement, des analogies avec les conditions ou les épreuves de la vie religieuse1, les fidèles s'accordent à attribuer aux saints religieux, à titre de compagnons, de serviteurs et presque d'amis, des animaux familiers dont l'intimité peuple leur solitude, dont la docilité allège leurs travaux. Cette intelligence, cette sympathie avec les animaux, comme avec toute la nature sensible, est un caractère distinctif de la légende monastique. Les fables antiques y reparaissent quelquefois, mais toujours pour être transfigurées au profit d'une sainte croyance ou d'une vertu difficile,2.
1. Voir le curieux opuscule de S. Pierre Damien, De bono religion» status et variarum animanlium tropologis (op. 52), où il déduit l'exemple d'une vertu monastiquo des mœurs de tous le» animaux réels ou fabuleux dont l'histoire natun lie de son temps (telle que la formulaient les Bestiaires, le Physiologus, etc.) lui avait donné connaissance.
S. Après avoir lu ce qui précède, le regrettable baron d'Fxkstein, si versé dan» l'érudition orientale, m'écrivait : «Je suis frappé, dans vos récits d'ïs rencontres entre les rois chevelus et les moines, de l'extrême ressemblance entre ces aventures et celles des rois de la caste des guerriers dans les épopées indiennes et persanes, dans les légendes bardiques et druidiques et dans les sagas des races germaines. 11 est évident que les rois guerriers et les sages des bois, chez les païens de la race des Aryas, ont eu des rencontres toutes pareilles. Partout le sage des bois protège la bCtc fauve contre le roi chasseur ; très-
Les n»oin.-s En outre, les récits les plus autorisés affirmaient
ci les beies 1
îîTa te ces P'euses croyances. Dans cette histoire des Pères du désert, dont saint Athanase et saint Jérôme ont écrit les premières pages, il y a mille traits plus ou moins bien constatés qui nous montrent les animaux les plus féroces aux pieds des Antoine, des Pacôme, des Macaire, des Hilarion et de leurs émules. A chaque page, on y voit les onagres, les crocodiles, les hippopotames, les hyènes et surtout les lions, transformés en compagnons respectueux, en serviteurs dociles de ces prodiges de sainteté, et on en conclut, non pas que ces bétes eussent des âmes raisonnables, mais que Dieu savait gloriGer ceux qui se dévouaient à sa gloire et montrer ainsi comment toute la nature obéissait à l'homme avant que par sa désobéissance il se fût exclu du Paradis. Bornons-nous k rappeler l'histoire touchante de Gérasime, l'Androclès chrétien, abbé d'un monasci 1ère aux bords du Jourdain, qui avait tiré une épine du pied d'un lion et que le lion reconnaissant ne voulut jamais abandonner. La bête redoutable se fit en quelque sorte recevoir de la communauté : elle se nourrissait alors de lait et de légumes cuits,
souvent il désarme le roi et l'introduit, pour l'instruire, dans son ermitage. Très -souvent aussi les betes fauves sont des génies incarnés qui obéissent aux pontifes et secondent leurs bonnes œuvres. C'est donc un très-vieux fonds qui s'est reproduit dans les récits des bénédictins; c'est encore un souvenir de la primitive vie des peuples chasseurs dans les forets du vieux monde. » Lettre du 28 septembre
comme les moines; elle allait chercher au Jourdain de l'eau pour les besoins du monastère; et lorsque le vieil abbé fui mort, elle s'en vint mourir, en rugissant de douleur, sur sa tombe1.
Le Gaulois Sulpice-Sévère, que l'on peut regarder comme le plus ancien de nos annalistes religieux et qui avait été étudier en Orient les institutions monastiques, confirme dans ses dialogues tout ce que rapportent a ce sujet les auteurs orientaux. Il raconte les faits dont il avait été témoin oculaire dans la Thébaïde; comment, en parcourant le désert, il avait vu le moine qui l'accompagnait offrir les fruits du palmier à un lion qu'ils avaient rencontré, et celui-ci s'en repaître modestement et pacifiquement comme n'importe quel animal domestique; puis comment, dans la hutte d'un autre solitaire, on voyait arriver régulièrement tous les soirs à l'heure du souper une louve qui attendait à la porte qu'elle fût appelée à manger les restes du petit repas, après quoi elle léchait la main de son hôte qui la caressait familièrement2.
1. Veoit lco in monastrrium etquœrcbat senem suum... Dicebant ci : Migravit senex ad Dominum... Et stans abbas Sabbatius supra sepulcrum abbatis Gerasimi dixit leoni : Ecce hic senex noster so pultus est : et inclinavit genua supra sepulcrum senis... Cum ergo id leo audisset et vidisset... tune et ipse prostravit se... et rugiens ita continue- defunctus est super sepulcrum senis. Joan. Moschis , De vit. Pair., lib. x, p. 89i.
2. Habebam unum ex fratribus dueem locorum peritum... Fera paul ulum modesta... Accepit tam libère quam illum animal domestitum ; et cum comedisseî, absc^ssit... Alhim .-prpie singularcm vînnn
41t> LES MOINES ET LA NATURE.
Revenu dans sa patrie, Sulpice-Sévère y écrivit la vie de saint Martin, le premier propagateur de la vie cénobitique en Gaule. Il y raconte que le grand s»im Martin évèque, visitant son diocèse et marchant sur les i« i.i^g«>a«. bords de la Loire, suivi d'une foule nombreuse, 3i6^*7. y aperçut des oiseaux aquatiques, nommés plongeons, qui poursuivaient et avalaient le poisson. « Voilà, » dit-il, « voilà l'image du démon : voilà « comment il tend ses pièges aux imprudents. « comment il les dévore et comment il n'est jamais « rassasié. » Et aussitôt il ordonne à ces oiseaux aquatiques de quitter les eaux où ils nageaient et d'aller demeurer désormais au désert. A sa voix, dit l'historien, et à la grande admiration de la multitude, les oiseaux, pour lui obéir, sortirent du fleuve et gagnèrent en troupe les coteaux et les forêts voisines1.
Qui ne se souvient du corbeau qui , selon saint Jérôme, apportait tous les jours, pour le repas de Termite Paul, un demi-pain, et qui lui en apporta un entier le jour où saint Antoine vint le visiter? Comme ses grands frères d'Orient, le patriarche
vidimus in parvi tugurio... Lupa ei solita orat adstare cœnanu.. pancm qui eœnuhe superfuissct... Manu blanda caput triste permulcet. Sulp. Sever., DiaL, i, c. 7.
I. Cum suo illo, ut semper frequentissimo... comitatu, mergos in fluminc conspicatur... Forma, inquit, h»c demonum est... Ita gregv facio omnes in unum illx volucres congrcgaUe... non sine admirationc multorum. Stu». Sevm Epist., m.— Le nom populaire de imirtins-pAheurs donné à ces oiseaux vient probablement de cette légende.
des moines d'Occident a aussi son oiseau familier,
mais qui vient lui demander sa nourriture au lieu
de la lui apporter. Saint Grégoire le Grand, dans la &nn« Benoit
biographie qu'il lui a consacrée, rapporte qu'étant un (£1™,.
encore dans son premier monastère de Subiaco, m**».
saint Benoît voyait, à chacun de ses repas, arriver
de la forêt voisine un corbeau qu'il nourrissait de sa
main1.
Ces récits, pieusement transcrits par les plus grands génies que l'Église ait possédés, nous préparent à écouter sans surprise bien d'autres traits qui témoignent de la familiarité intime des moines avec les créatures.
Tantôt ce sont des passereaux indomptés, COmil'lC Les moinedit la légende, qui descendent du haut des arbres icsouLv pour venir ramasser des grains de blé ou des miettes mxcM. de pain, dans la main de cet abbé Maixent devant lequel nous avons vu s* agenouiller Clovis, au retour de sa victoire sur Alaric ; et les peuples apprenaient ainsi combien grandes étaient sa mansuétude et sa douceur2. Tantôt ce sont d'autres petits oiseaux qui viennent chercher leurs repas et laisser caresser leurs membres délicats par ce Walaric qui w»urk.
t. Ad horam refectionis illius ex vicina siîva corvus venire consueverat, et panem de manu ejus accipere. S. Ghec. Magnm Dial., n, 8.
S. Multoties ave» fene relictis nemorum ramis... Cum indomiti pa&sercs in dextera illius mensœ reliquiaa colligebant, mansuetudinera et sanctitatem ejus populi compererant. Vita S. Maxent., c. 3. Act, t. I, p. 561.
Momn o'occ. n. 87
va bientôt nous apparaître comme l'un des plus illustres disciples de saint Colomba n, l'apôtre du Ponthieu et le fondateur du grand monastère de Leuconaus. Charmé de cette gentille compagnie, quand ses disciples approchaient et que les alouettes voletaient tout effrayées autour de lui, il arrêtait de loin les moinôs et. leur faisait signe de reculer: a Mes ûls, » leur disait-il, « n'effrayons pas mes « petites amies, ne leur faisons pas de mal ; lais- « sons-les se rassasier de nos restes1. » Ailleurs, c'est encore Karilef qui, en binant et en taillant la petite vigne dont il avait offert le pauvre produit au roi Childebert, étouffe de chaleur et de sueur, se dépouille de son froc et le suspend à un chêne; puis, à la fin de la rude journée, en allant reprendre son vêtement monastique, il y trouve un roitelet, le plus petit et le plus curieux des oiseaux de nos climats, qui y avait niché et y avait laissé un œuf. Le saint homme en fut si ravi de joie et d'admiration, qu'il passa toute la nuit à en remercier Dieu2. On raconte un trait absolument semblable de saint Malo,
1. Ut... articulis suis quandocumque vcllct, oblitas suae feritatis et quasi domesticas cas pal parc t.. . Circumquaque volitantes aves... Filii, non faciamus eis injuriant, sod permittamus cas pauiulum satiari de micis... Vita S. Walarkiy c. 20.
2. Vitcm circumfodiendo et superflua qua>quc resecando. Sudorc laboris coacto, Testimcntum quod cucullam vocant... Avicula perexigua, cujus vocabulum est bitriscus, dum... juxta familiarem sibi consuctudincm intima quœquc quadani curiositatc pe: Insérât... Iniestimabiîe gaudium cum adtniraLione mixtum eum occupaviu Vita S. Karilefi, c. 12.
l'un de ces grands apôtres monastiques qui ont laissé leurs noms aux diocèses du nord de l'Armorique, mais avec cette différence que celui-ci permit à l'oiseau de nicher dans son manteau jusqu'à ce que la couvée fût éclose i. La tradition se confond de plus en plus avec les rêves de l'imagination, à mesure qu'elle s'enfonce dans les légendes celtiques; l'une d'elles rapporte que quand Keivin , autre moine breton, priait les mains étendues, les oiseaux venaient y pondre leurs œufs2.
Naturellement, les bêtes devaient rechercher et Magloire préférer comme séjour les possessions de ces maîtres ies gisons, si doux et si paternels : de là l'amusante historiette du moine Magloire et du comte Loïescon. Ce comte armoricain, très-riche, que saint Magloire avait guéri de la lèpre, lui fit don de la moitié d'un grand domaine baigné par la mer. Magloire s'étant présenté pour en prendre possession, tous les oiseaux qui remplissaient les bois du domaine, tous les poissons qui en habitaient les côtes, se précipitèrent en masse vers la part qui revenait au moine, comme s'ils ne voulaient d'autre seigneur que lui. Lorsque le comte, et surtout sa femme, virent ainsi dépeuplée la moitié du domaine qui leur restait, ils
1. Dimisit cappam doncc, fotis ovis, pullos in tempore excludcrct ayicula. Siceb. Gemblac, VitaS. 3faclovii,c 15, ap. Siiuim, t. VI, p. 378. Cf. Act. SS. 0. S. B., t. II, p. 180.