‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 133 sur 177 · Albert le Grand, p · texte numérisé non relu

Albert le Grand, p

2. Hersart de La Villem \rqué\ Légende celtique, p. 261. — Albert le Grand raconte que saint Hervé, étant une fois logé dans un manoir, « fort bien emboisé entre plusieurs estangs et viviers, » mais où l'on était fort incommodé par le coassement des grenouilles, leur imposa silence à perpétuité, « et tout incontinent ces bestioles se turent aussi court, comme si on leur eût coupé la gorge, » p. 318.

3. Viderat quotidie lupum ad horam venire et cum clitellis quas asinus portarc solcbat prout sustincre poterat ligna déferre. Vita S. Maclovu, c. 18, ap. Mabillon.

Mais nul parmi les apôtres monastiques de notre Petite-Bretagne ne passe pour avoir exercé sur les animaux les plus féroces un empire plus absolu et plus secourable aux populations que ce Paul , qui a laissé son nom à la ville et au diocèse de Saint-Polsjim Paui de-Léon. Tantôt il fait rentrer pour toujours au

de

Leim. fond des forêts un buffle, qui avait renversé et mis en pièces à coups de cornes la cellule qu'un moine avait bâtie auprès de la fontaine où venait boire cet animal. Tantôt il apprivoise et réduit à l'état domestique une laie féroce avec ses marcassins, dont la race fut longtemps reconnue et conservée par les gens du pays1. Ici, c'est une ourse énorme qu'il fait reculer jusque dans une fosse où elle se rompt le col. Là , c'est un crocodile ou un serpent de mer qui avait mis en fuite le comte du canton avec tous ses guerriers , mais que Paul oblige à se précipiter dans la mer, sur ce point du rivage de la Cornouailles où l'on montre encore un tourbillon qui se nomme Y Abîme du Serpent2.

1. Sus silvatica, ad cujus ubera sugcntcs dcpendebant porcelluli... ferocissima, bcati viri molliter blandita, ac si prioribus annis fuit edomita, deinceps pormansit domestioa, ita ut per pluies au nos illic duraverit progcnies ejus inter reliquos patria? porcos quasi regaJis et prwcipua. Bollard., t. II Marti i , p. 116, 117. — Le même fait se retrouve dans la légende de saint lmier, fondateur du bourg de ce nom dans le Jura bernois. Ap. Trocillat, Monum.de l'évéché de BAÏe. . I, p. 37.

2. /6idM p. 118. — C'est à cette légende que se rapporte l'origine de la maison de Kergounadec , nom propre qui signifie, en breton, celui qui n'a pas peur, parce que son progéniteur fut le seul de toute la paroisse de Cleder qui osa accompagner saint Paul dans son expé-

La légende ne s'arrête pas en si beau chemin : elle ajoute que, voyant le monastère qu'habitait sa sœur, sur le bord de la mer, menacé par les grandes marées, il fit reculer la mer de quatre mille pas, et commanda aux religieuses de borner la nouvelle limite des eaux avec des cailloux, « lesquels tout à l'instant crurent en grands et hauts rochers pour brider la furie des flots. » On comprend assez que l'on interprétait ainsi, sous le toit de chaume du paysan celte, les travaux d'endiguement auxquels avait sans doute présidé l'émigré breton qui fut le premier évéque de Léon.

C'est surtout en Armorique et dans les autres contrées celtiques qu'abondent les traditions relatives à l'empire exercé par les moines sur les bé tes fauves, au proût non-seulement de leur service personnel, mais de leurs travaux de défrichement et de culture. Thégonnec , autre abbé breton, fait traîner par un loup les matériaux nécessaires a la construction de son église. Ce même Hervé, que nous citions à l'instant, fait labourer son loup comme un bœuf. « C'était merveille, » dit le légendaire, « de voir ce loup vivre en mesme estable avec les moutons, sans leur mal faire, traisner la charrue, porter les faix et faire tout autre service comme une beste domestique1. «

uition contre le serpent : quœ non magnam apud nos fidem obtinent, ajoutent les prudents Bollandistcs.

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