‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 134 sur 177 · I. Albert le Grand, p · texte numérisé non relu

I. Albert le Grand, p

Les crr(% au senke d.s

Dans ce drame de la lutte des moines avec la nature, les loups, comme on voit, jouent le rôle le plus habituel ; mais les cerfs leur disputent quelquefois le premier rang en fait de transformations prodigieuses. En Irlande, deux cerfs viennent traîner à sa dernière demeure le corps de Kellac, ermite et évéque, assassiné par ses quatre disciples, qui, avant de l'égorger, l'avaient tenu toute une nuit

enfermé dans le creux d'un chêne grand comme une caverne1. L'abbaye de Lancarvan, en Cambrie. tirait son nom et son origine du souvenir des deux cerfs que les disciples irlandais de saint Cadok avaient attelés à la charrette chargée des bois descoiodiK-»* tinés au monastère2. Colodocus, ermite et abbé, ayant refusé de livrer le cerf qui s'était réfugié dans son ermitage au seigneur qui le chassait, celui-ci furieux s'empare des sept bœufs et de la vache qui servaient aux travaux du solitaire et de ses disciples; le lendemain, huit cerfs sortent de la foret et viennent s'offrir au joug pour remplacer le bétail enlevé à celui qui avait sauvé la vie de leur compagnon 5.

Ecoutons la légende de saint Léonor, l'une des perles les plus fines du précieux écrin de la tradition celtique. Léonor était un de ces moines ëvéques,

1. In vasti roboris caudicem, ad caveae similitudinem vacuatum, compingunt. Boixaxd., t. IMaii, p. 100.

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