‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 140 sur 177 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Conversion de l'Irlande

L'Irlande, convertie par deux esclaves, devient chrétienne sans avoir été" romaine. — Légende de saint Patrice : les bardes et les esclaves. — Sainte Brigitte; la lampe de Kildare. — Los monastères irlandais : Bangor; saint Luan. — Les missionnaires irlandais.

Pendant que les missionnaires du Mont-Cassin plantaient lentement et obscurément dans le nouveau royaume des Francs l'Ordre dont saint Grégoire le Grand, par son exemple et par ses disciples, soo-eoa. régularisait et propageait partout l'observance, un homme avait paru, dans F Eglise et en Gaule, comme le type d'une race et d'un esprit à part. Moine et législateur monastique comme Benoit, il menaça un moment d'éclipser et de remplacer dans le monde catholique l'institut bénédictin. Ce fut saint Colomban.

Il venait du nord, comme saint Maur était venu du midi. Il était né en Irlande; il amenait avec lui une colonie de moines irlandais, et il nous oblige à faire un retour sur cette race et cette contrée dont il a été le plus illustre représentant parmi nous.

L'Irlande, cette île vierge où jamais proconsul

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L'Irlande deTieni r»i rétienne

sans avoir né romaine.

n'avait mis le pied, qui n'avait jamais connu ni les exactions de Rome ni ses orgies, était aussi le seul lieu du monde dont l'Évangile eût pris possession sans effusion de sang. Ainsi en parle Ozanam 4, et véritablement personne n'en a mieux parlé, bien qu'il convienne de se tenir quelque peu en garde contre son admiration excessive qui Ta porté à grandir outre mesure le rôle des Irlandais du vie au xir siècle, en leur attribuant trop exclusivement ce besoin de propagande et d'expansion , cette soif d'enseignement et de conversion qui caractérisa toute l'Eglise et tout l'Ordre monastique pendant cette longue et glorieuse période. La prépondérance de la race irlandaise dans l'œuvre de la prédication et de la conversion des nations païennes ou à demi chrétiennes, surtout au vne siècle, n'en demeure pas moins incontestable; la France, la Suisse, la Belgique, l'Allemagne, lui en doivent d'immortelle?» actions de grâces. Cette branche de la grande famille des peuples celtiques, connue sous le nom d'Hiberniem, de Scots ou de Gaëls, et dont les descendants et la langue ont survécu jusqu'à nos jours en Irlande, dans les Highlands de l'Écosse, dans le pays de Galles et dans la Basse-Bretagne . avait adopté avec enthousiasme la loi du Christ, et bientôt, au moment où en Gaule et dans la Grande- Bretagne la vitalité celtique semblait s'abîmer sous

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