‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 143 sur 177 · I.ik* the bri«ht larap that shone in KiMarc'a liuly fane · texte numérisé non relu

I.ik* the bri«ht larap that shone in KiMarc'a liuly fane

And hurnd through long agos of «larktu'ss ami sJoim, Is tin» li".irt that aflli tions Invt- ciniu u'i-r i:i vain.

Wliosf» spirit ontlivfs th«»m , iinfali»£ arul vvarm ! Krifi! oh Erin! thns bright thr-»ngh t!ie U*ars

Of a long night of botxlagc ttiy spint appears.

Mookk, hish Mthxlin, no :j.

2. Ih ilget ou livide. Il y a encore dix-huit paroisses en Irlande qui portent le nom de Kilbri '•/<*, ou église de Brigitte

3. Lors d»» l'invasion des Danois, qui brûlèrent Kildare en 83.\ la chasse de sainte Brijiitt > fut transit -e au monastère de Down-

4«i SAINT COLOMB AN.

Ija fécondité du germe monastique planté par

monastères ' * ■

iinande. Patrice et par Brigitte fut prodigieuse. De son vivant encore, l'apôtre de l'Irlande s'étonne de ne pouvoir plus dénombrer les fils et les filles des chefs de clan qui, a sa voix, embrassaient la vie du cloître 4. Pendant les trois siècles qui suivirent sa conversion, l'Irlande semble n'avoir été qu'un vaste monastère. Il n'y eut pas de vallon assez écarté, pas de foret assez touffue , pas d'îlot assez isolé au milieu des lacs ou sur le flanc des immenses falaises de la côte occidentale toujours battues par les flots de l'Atlantique, pour ne pas servir de retraite a des anachorètes ou à des cénobites dont l'empreinte est resiée dans les rares et rudes débris de leurs étroites cellules, bien dignes de ces àpœs et vigoureux soldats du travail et de la pénitence. La rustique architecture de ces monastères primitifs a laissé une trace visible dans ces célèbres Tours rondes répandues sur le sol de l'Irlande, qui ont si longtemps exercé la perspicacité des archéologues,

Patiick, où reposait le corps de saint Patrice. En 850, le m^mo danger lit transporter de l'Ile d'Iona au même asile les reliques de saint Columb-Kill. Ainsi les trois grands saints de la race echique se trouvèrent réunis dans la môme tombe. Leur translation solennelle fut célébrée, en 1180, par un légat du pape Urbain 111.

1. Filii Scotorum et filia? regulorum monacbi et virgines Chri*ti esse videutur... Et de génère nostro qua> ibi Cbristo nata» sunt, neseimus numerum earum. Confessio^ loc. cit. — Mabillon croit quf Patrice donna la règle de Marmoutier à mîs communautés naissante*. Prœf. in [ sœc. Ilened., cap. i, n°'2.\Cf. H.F.rrf N, Disquisittones monasticœ, p. 57. Antwcrpia, 1GH, in-folio. — Lanigan croit qu i! y avait des moines en Irlande même avant saint Patrice..

jusqu'à ce que la science contemporaine eût démontré que ces monuments n'étaient autre chose que les beffrois des cathédrales et des abbayes érigées entre la conversion de File et sa conquête par les Anglais1. Parmi tant de saints, successeurs et émules de Patrice, nous n'en nommerons qu'un seul, Luan, parce que six siècles plus tard saint Bernard a consacré sa mémoire en affirmant qu'il avait fondé à lui seul cent monastères2. Ce Luan était un petit berger qui avait été élevé par les moines de l'immense abbaye de Bangor. Car bientôt ce furent des villes tout entières qui s'élevèrent à Bangor 5, à Clonfert et ailleurs, dont chacune renfermait plus de trois mille cénobites. La Thébaïde reparaissait en Irlande, et l'Occident n'avait plus rien à envier à l'Orient.

Il y avait de plus un développement intellectuel que les laures d'Egypte n'avaient pas connu. Les communautés irlandaises, recrutées par des reli- in,el^eUe gieux gaulois et romains que l'exemple de Patrice

1. Bangor ou Benckor, fondé en 558 par saint (Comgall , * 002) , qui en fit la principale école d'Irlande. Cette abbaye irlandaise, située au bord de la mer, à l'embouchure méridionale du golfe de Belfast, ne doit pas être confondue avec un autre monastère celtique du même nom , placé sur la rive opposée de la mer d'Irlande , à l'extrémité nord-ouest du pays de Galles, et qui est encore aujourd'hui le siège d'un évôché anglican. Il y a vu un troisième monastère de Bangor, également dans le pays de Galles.

2. Mémoire du Dr Pt-trie, couronné par l'Académie royale d'Irlande en 1830.

'A. S. Bernard, in Vita S. Malachiœ, c. 0.

muixks n'occ. il. 30

Culture

avait entraînés sur ses pas 4, rivalisaient avec les grandes écoles monastiques de la Gaule. La musique y était en grand honneur ; la calligraphie et l'art de la miniature y étaient pratiqués avec autant d'ardeur que de succès et y créaient des types que l'érudition moderne ne se lasse pas d'étudier2. On y expliquait Ovide; on y copiait Virgile; on \ cultivait surtout les lettres grecques; on n'y reculait devant aucune recherche, devant aucune discussion; on mettait sa gloire à porter sa hardiesse au niveau de sa foi. Le jeune Luan répondait à l'abbé de Bangor, qui le mettait en garde contre les dangers d'une étude trop passionnée des arts libéraux : « Si j'avais la science de Dieu, je n'oflenu serais jamais Dieu ; car ceux-là lui désobéissent « qui ne le connaissent pas. » Sur quoi l'abbé le quitta en disant: « Mon fils, tu es ferme dans la « foi, et la science véritable te mettra dans le droit a chemin du ciel 5. »

us Un caractère plus distinctif encore des moines

mandais. irlandais comme de toute leur nation, ce fut le be-

1. En 536, cinquante moine* du continent débarquèrent à Cork.

2. Voir les manuscrits de la bibliothèque Av Saint-Gall *i;:nalt-> par Waagen, et les fac-similé de V Essai du Dr Reeves. Early Irtsh Calliuraphy, 1860.

3. Voir Ozanav, op. cit., II, 97, 101, 172, et les vers curieuv «j Vil rite :

Benchior bona régula Recta atquo dmna...

Navis nuii'iu.im turbata...

Sinipl»!v sinnil at'|ue <k>ru Urt'leiutiiTio invi. tu...

soin impérieux de se répandre au dehors, d'aller chercher ou porter au loin la science et la foi, de pénétrer jusque dans les parages les plus reculés pour y combattre ou y contenir le paganisme. L'intensité du foyer de science et de zèle apostolique allumé par Patrice en Irlande ne peut guère être apprécié que par l'immense rayonnement de la propagande irlandaise pendant six siècles. Aussi bien ce peuple monastique devint-il le peuple missionnaire par excellence. Pendant qu'on accourait en Irlande pour y puiser l'enseignement religieux, eux s'élancent au dehors. Ils couvrent les terres et les mers de l'Occident. Navigateurs infatigables , ils abordent aux îles les plus désertes; ils inondent'les régions continentales de leurs immigrations successives1. Oubliés ou inconnus dans leur patrie, il faut aller chercher leurs noms dans les annales primitives de toutes les nations européennes, et retrouver leurs reliques sous les autels où les avait enchâssées la reconnaissance des peuples convertis par leur patience, leur courage, leur infatigable activité2. D'incessantes visions leur montraient le monde connu et inconnu à conquérir pour le Christ. Le poème du Pèlerinage de saint Brandon, cette odyssée monacale si célèbre au Moyen Aire, ce

1. In esteras etiam nationea, quasi inundatione facta il la se sanctorum examina etTuderunt. S. Bekmrui, Vita S. Malach., c. .*>.

•2. Albrey de Verk. Inisfail , or Ireland in the oldm lime. Soles. Moore's Histonj of Ireland, t. I, p. 270. Rekves, Opuscules, IS.M-1860.

préambule populaire de la Divine Comédie, nous montre* les moines irlandais aux prises avec tous les rêves et toutes les merveilles de l'idéal celtique. Plus tard, nous les verrons aux prises avec la réalité; nous parlerons de leur métropole sur le rocher d'Iona, aux Hébrides; nous dirons ce qu'ils firent pour la conversion de la Grande-Bretagne et des pays germaniques. Il nous faut auparavant les suivre en Gaule, dans cette terre d'où l'Évangile leur avait été apporté par Patrice. Plusieurs s'étaient déjà abattus sur l'Armorique, lors de cette invasion de réfugiés celtes qu'on a signalée au livre précédent. Mais ce ne fut que vers la fin du vie siècle que l'action de l'Irlande sur les pays directement soumis à la domination franque devint décisive. Elle s'acquitta alors généreusement de sa dette envers la Gaule. Elle en avait reçu Patrice; en retour elle lui donna Golomban.

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