‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 148 sur 177 · I. Irulyta vatos · texte numérisé non relu

I. Irulyta vatos

Notnino Sapho, Versibus istis Duke soU-bat Edoro r.irmen.

... Do« tiloqUDntra Carmina hnquens, Fnvola noMra Suscij't» li^tus.

k2. Traduction (TOzanav.

MOINES D'OCC. II. -i-I

l'orthodoxie du Saint-Siège, qui s'était mis, selon eux, en contradiction avec un concile général1. Golomban écrivait au milieu de populations mêlées d'orthodoxes et de schismatiques , d'hérétiques et même de païens. Lui-même, évidemment fort peu instruit du fond de la question, se fit l'organe des inquiétudes et des défiances du parti qui se prétendait seul fidèle à la doctrine du concile de Chaleédoine contre l'erreur d'Eutychès. Tout en réclamant, dans une série d'apostrophes bizarres et obscures, l'indulgence du pape pour un Ecossais imbécile chargé d'écrire pour le compte d'un Lombard, roi des gentils, il avertit le pontife des imputations2 élevées contre lui, et le conjure de prouver son orthodoxie et d'excommunier ses détracteurs. Sans doute quelques-unes des expressions qu'il emploie seraient aujourd'hui regardées comme irrespectueuses et justement réprouvées. Mais alors, jeunes et fécondes, la foi et l'austérité pouvaient être plus

1. Les Trois Chapitres (on nommait ainsi trois écrits de Théodore de Mopsueste, d'Ibas et de Théodoret) avaient été condamnés comme nestoriens par le concile de Constantinople (5e œcuménique) en 553. et par le pape Vigile: condamnation repoussée par les évéques d'Afrique et d'Istrie comme portant sur le concile de Chalcédoine qui avait, selon eux , approuvé ces écrits. Les Lombards tenaient pour ces évéques, que Grégoire le Grand ménageait à cause de leur zélé contre les Ariens: mais sous Boniface IV la querelle se ranima. Agilulfe et Théodeliude y engagèrent Colomban.

2. Quando rex gentilis peregrinum scribere, Longobardus, Scotum hebetem rogat... quis non mirabitur potiusquam calumniabitur? Epist. v, ad Bonif. Pap.< ed. Gai.land., p. 355.

indulgentes. Si sa lettre est empreinte de la franchise et de l'indépendance d'un Celte, d'un Breton, un peu trop mordant1, 'comme il le dit lui-même, elle respire aussi le tendre et filial dévouement d'un Romain passionné pour l'honneur du Saint-Siège. Qu'on en juge par ce fragment : « J'avoue que je gémis de la mauvaise renommée qu'a la chaire de saint Pierre dans ce pays. Je vous parle non comme un étranger, mais comme un ami, comme un disciple, comme un domestique. Je parle librement à nos maîtres, aux pilotes du vaisseau de l'Eglise, et je leur dis : Veillez! et ne méprisez pas le petit avis de l'étranger. Nous, Irlandais, qui habitons les extrémités du monde, nous sommes les disciples de saint Pierre et de saint Paul, et des autres apôtres qui ont écrit sous la dictée de l' Esprit-Saint. Nous ne recevons rien de plus que la doctrine apostolique et évangélique. Nul d'entre nous ne fut jamais ni hérétique, ni juif, ni schismatique. Le peuple que je vois ici, qui supporte le poids de beaucoup d'hérétiques, est jaloux; il se trouble comme un troupeau effrayé. Pardonnez-moi donc si, en nageant au milieu de ces écueils, j'ai dit quelques paroles offensantes pour les oreilles pieuses. La liberté native de ma race me donne cette hardiesse. Chez nous ce n'est pas la personne, c'est la raison qui prévaut. L'amour de la paix évangélique va me faire tout dire. Nous sommes liés à la chaire de Pierre; car, quelque

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