CHAPITRE III
Disciples de Colomban en Italie et en Helvétie
Les successeurs de Colomban à Bobbio: Attalc et Bertulfe; l'arien Ariowald et le moine Blidulfe. — Abbaye de Dissentis en Bhétie; saint Sigisbert.— Saint Gall se sépare de Colomban ; origine do l'abbaye de son nom; encore les démons. — La princesse Frideburga et son fiancé. — Gai! se réconcilie avec Colomban et meurt.
Cherchons donc, s'il se peut, à tracer un tableau abrégé de cette propagande monastique des fils de saint Colomban, à la fois si laborieuse et si abondante, et dont les fruits, pour n'avoir point été exclusivement réservés à la gloire et à l'autorité du missionnaire celtique, n'en devaient pas moins enrichir, pendant mille ans et plus, le trésor de l'Église.
Un mot d'abord sur l'abbaye lombarde où Colomban acheva sa carrière. Il y eut pour successeur Attale, noble Bourguignon. D'abord moine à Lérins, mais rebuté par le spectacle de la décadence de ce fameux sanctuaire, il avait été attiré à Luxeuil par la renommée de Colomban, et désigné par celui-ci pour le remplacer, lors de son expulsion
Ses successeur* il Bobbio.
Attale.
de la BourLroime1. Mais il avait mieux aimé le rejoindre dans l'exil. Après la mort du fondateur, le nouvel abbé eut à subir une insurrection des moines italiens, (jul se déclaraient incapables de supporter tant d'austérités et une discipline si rude. Il les laissa partir; ils allèrent chercher un au ta» gîte, les uns dans les montagnes voisines, les autres jusque sur les bords de la Méditerranée ; plusieurs revinrent plus tard au bercail, où Attale continuait l'œuvre de son maître, en luttant vaillamment contre l'arianisme, qui avait trouvé chez les conquérants lombards du nord de l'Italie une dernière citadelle. Il mourut au pied du crucifix qu'il avait fait placer à la porte de sa cellule pour en baiser les pieds chaque fois qu'il entrait ou sortait, et fut enterré à coté de Colomban.
«ertoife. Après lui ce fut encore un étranger qui gouverna 6*7^6*0. l'abbaye, Bertulfe, noble Austrasien et proche parent du fameux Arnoul, évéque de Metz, premier progéniteur connu de cette race earlovingienne qui devait bientôt réunir sous ses lois l'Italie et la Gaule. Bertulfe était né païen; l'exemple de son cousin l avait converti et conduit à Luxeuil, d'où il avait suivi Attale à Bobbio. A peine élu, il lui fallut lutter contre Tévèque de Tortone, qui voulait réduire l'abbaye sous sa juridiction et cherchait à s'armer de l'autorité du roi des lombards, Arkmald.