I. Il s'appelait Autharis, et >>ou château Eussy
trésorier de Dagobert, imita son frère aîné et consacra également sa part de l'héritage paternel a la fondation d'un autre monastère, aussi sur la Marne, et qui s'appela d'après lui Reuil (Hadolium).
Restait le troisième, Dadon, qui prit ensuite le nom d'Ouën (Audocnus). Il était devenu le plus cher des leudes de Dagobert et son principal confident ; il avait même reçu de lui la charge de référendaire ou de garde du sceau dont, selon l'usage des rois francs, tous les édits et actes de l'autorité publique étaient scellés. Il n'en suivit pas moins l'exemple de ses frères et l'inspiration que la bénédiction de Colomban avait déposée dans leurs jeunes cœurs 4. Il chercha dans les forets qui couvraient alors la Brie un lieu convenable à la fondation qu'il voulait créer et doter. Il le trouva enfin près d'un torrent nommé Rebais, un peu au midi des sites choisis par ses frères ; c'était une clairière n * criais, qui lui avait été montrée pendant trois nuits de «28-638. suite par une nuée resplendissante en forme de croix. Il y fit construire un monastère qui a gardé le nom de ce torrent , quoique Ouën lui eut d'abord
donné celui de Jérusalem, comme un symbole de
I. Jows, Yita S. Columbani, <;. 00. — Viri inrl v ti, optimat.-s auke. S. Aidoen., Vita S. EUyii. I, c. 8. — Filii illustris viri Autlftrii. ex pra»clara Francorum progeuie... In proprio solo... In pairimonio proprio... In quo etiam mona>tica socundum B. Columbani Iu*tituta una cum caterva... militant. Gestans ojus annulum quo si-rnahantur publiée totius regni potiora bigua vel edicta. Yita S. A<jili. c. U.
la paix fraternelle et de la vie contemplative qu'il comptait y faire régner*. Ce fut là qu'il voulut aussi, comme ses frères, achever sa vie dans la retraite; mais ni le roi, ni les autres leudes ne voulurent y consentir, il lui fallut rester quelque temps encore à la cour mérovingienne, jusqu'au jour où il fut élu évéque (en même temps que son ami Eloi), par le consentement unanime du clergé et du peuple.
Il exerça dans toute la province de Rouen une sorte de souveraineté à la fois spirituelle et temporelle; car il avait obtenu du roi de Neustrie un privilège d'après lequel on ne pouvait y établir sans son aveu ni évéque, ni abbé, ni comte, ni aucun autre juge2. Pendant ses quarante-trois ans de 639-68.1.
\. Dcsiderans illic haberi collegium pacis et unanime fraternitatis contemplationem... Cum Rex et cuncti proceres Francorum il li nollent adquiescere. . . Vtta S. Agili, c. 18-19. — Si l'on prend une ancienne carte de Champagne, on verra que les trois monastères de Jouarre, de Ilcuil (réduit au rang de prieuré sous Cluny) et de Rebais, forment une sorte de triangle, entre la Marne et le Morin. Les pierres de l'église abbatiale de Jouarre, démolie depuis la Révolution, ont été employées au pont de la Ferté -sous- Jouarre ; mais la crypte subsiste encore, et M. de Caumont y a récemment retrouvé l'inscription qu'avait déjà publiée Mabillon en l'honneur de la première abbesse de cette célèbre communauté :
«« Hic membra po>t ultim i teguntur | fata scpulrro beat»' | Theodiccheldis intcmeraiw virgini* génère nobitis meritis fulgens | stretma moribus flagrant in dognate almo | Cenobii hujus mater sacratas Deo virgines | sumetites oleum cum l.uupadibus prudentes i ivitat | sponso filias occurrere X". Exultât Paradisi in ^luia. » Rulirlin monumental, t. IX, p. 180.