Mu tare s«culum, non relinquere. Epist., m
2. Il parle au pluriel, parce que Maurice avait associé Bon fils Théodose à l'Empire en 591.
3. Neque ut episcopus, neque ut servus jure reipublicae, sed jure privato loquor.
une vie chrétienne sous l'habit du siècle. Mais beaucoup aussi ne sauraient être sauvés, s'ils n'abandonnent pas toutes choses...
« Et qui suis-je, pour parler ainsi à mes maîtres, sinon poussière ou ver de terre1? Cependant, quand je vois cette loi s'attaquer à Dieu, maître du monde, je ne puis me taire. Car ce pouvoir sur le genre humain a été donné d'en haut à mes maîtres, aOn d'aider ceux, qui veulent le bien à élargir la voie des cieux et à faire que le royaume terrestre serve le royaume céleste. Et voici qu'il est défendu à celui qui a été une fois enrôlé dans la milice terrestre d'entrer au service de Notre-Seigneur, à moins qu'il ne soit invalide ou en retraite... Voici ce que le Christ leur répondra par moi, le dernier de ses serviteurs et des vôtres : « Je t'ai fait, de secrétaire, « comte des gardes; de comte, césar; de césar, « empereur; ce n'est pas assez, je t'ai fait père « d'empereur. J'ai soumis mes prêtres à ta puis- « sance, et toi tu retires tes soldats de mon serti vice2! » Dites, seigneur, dites h votre serviteur ce que vous pourrez répondre à celui qui, au jour du jugement, vous parlera ainsi 5.
« Peut-être croit-on qu'aucun d'eux ne se con-
1. Ego autem ha>c dominis meis loquens, quid sum, nisi pulvis et verrnis?
2. Ego te de notario comitem excubitorum... Sacerdotes meos tuas manui commisi...
3. Respondc, rogo, piissime domine, servo tuo, quid venienti et hœc dicenti responsurus es?...
vertit de bonne foi : mais moi, votre indigne serviteur, je sais combien de soldats, convertis de mon vivant, ont, dans les monastères, donné l'exemple de toutes les vertus, et y ont même fait des miracles. Et voici une loi qui interdit toute conversion semblable. Cherchez, je vous en conjure, quel est l'empereur qui a rendu une loi pareille *, et voyez s'il vous convient de Fimiter. Et considérez d'ailleurs que l'on veut empêcher les hommes de quitter le monde, dans un temps où la fin du monde approche. Car le temps n'est pas loin où, au milieu de l'incendie du ciel et de la terre, dans l'embrasement universel des éléments, entouré des archanges et des anges, des trônes, des dominations, des puissances, le Juge redoutable paraîtra. Quand il pardonnerait tous les péchés, s'il ne trouve que cette seule loi portée contre lui, quelle sera, je vous prie, votre excuse?... Je vous conjure par ce juge terrible de ne pas rendre inutiles vos larmes, vos jeûnes, vos prières si abondantes en toute occasion devant Dieu, mais de tempérer ou d'abroger cette loi, car l'armée de mes maîtres croîtra d'autant plus contre l'armée ennemie que l'armée de Dieu se sera accrue j)our la prière.
« Soumis du reste à votre jussion, j'ai expédié cette même loi dans les diverses provinces, et parce qu'elle ne s'accorde pas à la volonté du Dieu tout-
1. Il dit dans une lettre suivante que ce Tut Julien l'Apostat.
moorh u'orc. h. 9
puissant, je vous en avertis par cette supplique. J'ai ainsi rempli mon devoir des deux côtés, rendu obéissance à l'empereur, et ne me suis point tu sur ce qui m'a paru contre Dieu1. »
Quelque modeste et humble que fût cette lettre, il n'osa la faire remettre à l'empereur par son résident ordinaire auprès de lui, mais il la confia à un médecin de Maurice qui était son ami particulier, pour qu'il la présentât en secret et dans un moment favorable. On ne sait quel fut l'effet immédiat de cette réclamation, mais elle fut écoutée, car une lettre postérieure du pape aux métropolitains d'Illyrie et d'Italie^enjoint de ne recevoir les soldats dans les monastères qu'après trois ans de noviciat, et ajoute que l'empereur consent à ces conditions 2.
Ces contestations perpétuelles avec la cour by-
L>mperenr
Maurke assassiné, zantine peuvent expliquer, sans 1 excuser, la con-
et remplace
par duite tenue par Grégoire à la mort de l'empereur Maurice. Ce prince, infecté comme tous ses prédécesseurs de la manie d'intervenir dans les choses de l'Eglise et d'y intervenir avec tout le poids du pouvoir absolu, valait beaucoup mieux que la plupart d'entre eux. Grégoire lui-même a rendu justice plus d'une fois à sa piété, à son zèle pour l'Kglise, à son respect pour les canons3. Il a reconnu que sous son règne les hérétiques n'osaient plus ouvrir