‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 38 sur 177 · CHAPITRE IV Relations avec les Francs et les Burgondes · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Relations avec les Francs et les Burgondes

Il se tourne vers les races nouvelles, se fait leur allie* et leur éducateur, et commence ainsi à émanciper l'Église et l'Occident du joug byzantin. — Virgile d'Arles; Brunehaut; lettre au Jeune roi Childebcrt. — Célèbre diplôme d'Autun où la suprématie temporelle de la papauté sur la royauté est invoquée.

II ne se contenta pas du rôle imposant de défenseur de Rome, de protecteur de l'Italie et de nié- croire

1 se tourne

diateur entre les Grecs et les Lombards. Il fit plus.

» races nouvel!

En se tournant vers les peuples germaniques, il montrait la voie par où l'Église romaine et avec elle l'âme et l'avenir de l'Occident pouvaient s'émanciper du joug déshonorant de Byzance.

L'empire romain n'existait plus dans sa forme première. Ce comble d'opprobre avait cessé. Le monde civilisé échappait à cette domination absolue exercée par des monstres ou des aventuriers et admirée de nos jours par des âmes basses qur eussent mérité de vivre sous Caracalla ou sous Arcadius. Le genre humain avait fini par sentir sa honte. On peut supporter sans rougir le joug d'une nation libre, quelque inique et cruel que soit sou-

vent ce joug; mais obéir à un peuple lui-même asservi au plus répugnant despotisme, c'est trop exiger de la bassesse humaine. Le monde s'était donc insurgé contre Rome, et l'insurrection avait partout triomphé.

Il fallait empêcher les Barbares victorieux et les pays ravivés par la rude épreuve de la conquête de confondre dans une réprobation commune le fantôme odieux de la vieille Rome impériale avec cette jeune Église dont Dieu, par un secret miracle de sa providence, avait établi le siège souverain au foyer même de cet empire qui l'avait si cruellement persécutée, qu'elle avait en vain essayé de régénérer après l'avoir converti, mais qu'elle devait désormais effacer et remplacer dans le monde. Il fallait empêcher Constanlinople de se croire héritière de Rome et de venir implanter sa dégradante et égoïste domination à côté de l'autorité tutélaire et jusqu'alors irréprochable des papes. Les Francs, les Visigoths, les Lombards, les Anglo-Saxons, entrent en scène : ils inaugurent les destinées des races qui sont encore après treize siècles à la tête de l'humanité. Ils inclineront volontiers leur force juvénile et indomptée devant la pure et naissante majesté de l'Église, mais non devant la servitude décrépite de l'empire byzantin.

Grégoire fut l'homme prédestiné à l'œuvre de cette transition salutaire et décisive. En lui l'indépendance spirituelle et temporelle de l'Occident se

prononce. 11 est le premier des papes qui se préoc- h s**ert cupe surtout des races occidentales, qui s'associe, peup^

en le dirigeant, au mouvement ascensionnel des éaianri|*r l'Église

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conquérants germaniques. Il est leur ami, leur édu- du cateur et leur maître. Pour les assimiler à l'Église, J°°g 3fMnUn* pour la ployer à leurs instincts et à leurs raisons, sans compromettre l'élément traditionnel et l'autorité souveraine dont le fover immuable devait rester debout au milieu de Rome désolée, il ne fallait rien moin^que le tendre et patient génie de Grégoire et de ses successeurs.

Congtemps pressé entre les Lombards et les Byzantins, entre la férocité encore inassouvie des Barbares et la décrépitude vexatoire du despotisme, Grégoire, avec cet instinct de l'avenir que Dieu accorde quelquefois au* àmes pures, chercha ailleurs un appui pour l'Église romaine. Son regard se porta sur des races nouvelles qui n'étaient guère moins féroces que les Lombards, mais qui ne pesaient pas comme eux sur l'Italie et sur Rome, et qui manifestaient déjà des conditions de force et de durée.

L'Occident se séparait de plus en plus de l'Orient4. Le patriarche de Constantinople, malgré les titres orgueilleux dont il parait sa servitude, tombait de plus en plus au premier rang de la domesticité impériale. Les patriarches d'Antioche, d'Alexandrie,

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