‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 39 sur 177 · Lac, op. cit., p. 179 et · texte numérisé non relu

Lac, op. cit., p. 179 et

de Jérusalem, allaient être balayés par l'islamisme. Rome restait seule debout, sans cesse violée, mais non encore asservie. L'Afrique et rillyrie qui dépendaient encore alors du patriarchat d'Occident, dont Rome était le siège, allaient l'une succomber sous le fer des Arabes, l'autre se confondre avec les domaines du César de Constantinople. Mais les grandes églises des nouveaux royaumes du Nord et de l'Occident pouvaient compenser et au delà celte perte.

La rupture de tous les liens politiques de la Gaule, de F Espace, de la Bretagne, avec l'empire romain, avait du naturellement relâcher les liens qui rattachaient les Eglises de ces diverses contrées avec Rome. Pour renouer ces liens, pour préserver ces Eglises d'être submergées par les institutions féodales qui allaient prévaloir dans le nouvel ordre social, il n'y avait rien de mieux à faire que de contracter alliance avec les races germaniques qui avaient remplacé la domination romaine. Grégoire prit celle glorieuse et salutaire initiative. Nous verrons plus loin ce qu'il fit pour l'Espagne et pour la Ses rclaiions Grande-Bretagne. Constatons d'abord qu'il choisit les Frauc<. la Gaule, l'Eglise et la royauté franques pour devenir le noyau des grandes chrétientés germaniques. Il se rattachait ainsi la seule nation qui fût restée orthodoxe parmi les Barbares, que l'arianisme infectait encore partout. Il fondait l'alliance qui devait, deux siècles plus lard, affranchir définitive-

ment le Saint-Siège de tout joug étranger, de la domination byzantine comme de la violence des Lombards.

On ne voit pas que, comme son prédécesseur Pélage Iï, il ait appelé les Francs au secours de l'Italie contre les Lombards; ils y étaient déjà venus, et trois invasions franques1 n'avaient produit qu'un surcroît de calamités pour la population du nord de la péninsule. Il suivit une autre voie et entra d'abord en relation plus intime avec P Eglise des Gaules, à l'occasion des domaines que possédait l'Église romaine en Provence, et qui étaient depuis longtemps à l'abandon, comme tous les vastes territoires qui constituaient déjà le patrimoine de saint Pierre. Un saint moine de l'île de Lérins, Virgile, était alors Le moinc VirgUe évêque d'Arles et métropolitain de la Provence. Grégoire lui accorda, sans préjudice du droit du métropolitain, le pallium, et le constitua son vicaire dans la partie des Gaules qui dépendait du roi Childebert, en lui enjoignant de travailler surtout à extirper les vices radicaux de l'Église gallo-franque, la simonie et l'élection des laïques à l'épiscopat2. Il prit occasion de là pour s'adresser directement à ce jeune roi Childebert II, qui régnait en Bourgogne et en Austrasie, et à sa mère Brunehaut, tant pour leur recommander d'appuyer Virgile dans l'exécution des décrets apostoliques que pour leur deman-

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