‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 58 sur 177 · Epist., vu · texte numérisé non relu

Epist., vu

3. Cognovi quod peculiaritati studeat, quse rcs maxime testatur cum cor monachi non habere. Epist., xii, 24.

SAINT (ilt fcGOIRE LE GRAND. 187

Les moines ne pouvaient pas plus tester que posséder en propre. Dans un concile tenu à Rome en 600, l'abbé Probus, qui avait remplacé Grégoire comme supérieur du monastère de Saint- André, ne put obtenir par dispense spéciale, le droit de faire son testament en faveur de son fils que parce que le pape déclara que, de simple reclus qu'il était, on l'avait fait abbé malgré lui d'un monastère dont il n'était pas même moine, sans lui laisser le temps de disposer de son bien avant d'y entrer.

La légitimité et la sincérité des vocations religieuses fut encore l'objet de sa vigilance spéciale. ,lTelIte On voit par ses écrits qu'il avait fait une étude . à la ZTnié particulière des conditions propres à éclairer et à toeaUo0Sdécider les chrétiens sur leur vocation spirituelle. Dans la vie religieuse elle-même, il ne voulait pas qu'on se livrât à la vie contemplative avant de s'être longtemps et sérieusement éprouvé dans la vie active. « Quand on veut, » disait-il, « atteindre la

citadelle de la contemplation, il faut commencer par s'exercer dans le champ du travail. » Il s'étend longuement sur les dangers de la vie contemplative pour les esprits inquiets et présomptueux, qui risquent, par orgueil , d'aspirer à dépasser les forces de l'intelligence,-et d'égarer les faibles en s'égarant eux-mêmes. « Quiconque , » ajoute-t-il , « veut se consacrer à la contemplation , doit nécessairement s'interroger à fond pour savoir jusqu'à quel point il peut aimer. Car c'est l'amour qui est le levier de

l'âme. Lui seul peut la soulever, et, en l'arrachant du monde, lui donner tout son essor et la faire planer dans les eicux *. »

Cette intelligente étude de la vie morale et intérieure des religieux ne pouvait que le rendre d'autant plus attentif aux moyens par lesquels se recrutait la population toujours croissante des monastères. Il fit enjoindre l\ un mari qui s'était fait moine dans un couvent de Sicile sans le consentement et la conversion simultanée de sa femme, de retourner auprès de celle-ci, en marquant nettement dans sa lettre la différence entre la loi divine h double I» dorée et humaine sur l'indissolubilité du mariage2. Il in- Doticiaf. terdit aux supérieurs de tonsurer leurs religieux, c'est-à-dire de les recevoir définitivement dans l'Ordre monastique, avant d'avoir éprouvé leur conversion par deux ans de noviciat; c'était un an de plus que n'avait fixé saint Benoît3. Il voulait que ce noviciat sérieux, subi en habit laïque, éprouvât les dispositions de cette foule de laïques et surtout d'esclaves appartenant soit à

l'Eglise, soit aux séculiers, qui cherchaient un asile dans les monastères, afin d'échanger la servitude humaine contre le service de Dieu. Dans les

1. IWps«;o c-st ut qnivjuis ad contemplationom studia proporat semetipsum Mibiilitor intorrogot , quantum amat. Machina quippe mentis est vis nmoris : qu.v banc dum a mundo rxtrahit, in alta sustollit. Moralia.. lib. vi, c. 37.

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