‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 59 sur 177 · Epist., x · texte numérisé non relu

Epist., x

SAINT GRÉGOIRE LE GRAND. m

considérants du décret qu'il fit rendre a cet égard au concile de Rome en 595, il est dit : « Si nous les laissons faire, tous les domaines de FÉglise seront abandonnés ; et si nous les repoussons sans examen, nous ôtons quelque chose à Dieu qui nous a tout donné. 11 faut donc que celui qui veut se donner à Dieu soit auparavant éprouvé en habit séculier, afin que si ses mœurs font voir la sincérité de son désir, il soit débarrassé de la servitude des hommes pour en embrasser une plus rigoureuse1. » Les esclaves pouvaient se faire moines, d après une loi de Justinicn, sans le consentement de leurs maîtres; mais il fallait les affranchir en payant à ceux-ci leur valeur : l'esclave devenu moine qui se montrait

1. Cum ad clericalem professionem tam ex ccclesiastica quam ex wpculari inilitia quotidie pœne innumerabilis multitudo conflueret, nequaquam eos ad ecclesia itici decoris olbcium, sed ad capiendum fiolummodo monachicum propositum... suscipiendos censebat. Joan. Duc, u, 10. — Multos de ccclesiastica familia seu saeculari militia novimus ad omnipotentis Dei servitium festinaro ut ab humana servitutc liberi in divino servitio valeant familiarius in monasteriis converatri... Necessc est ut quisquis ex juris eccle^iastici vel saecularis militia; servitute Dei ad servitium converti déciderai, probelur prius in laico habitu, et si mores ejus... in mona*terio , servire permittatur ut ab humano servitio liber recédât qui in divino amore districtiorem subirc appétit servitutem. Epist.. iv, H, ed. Coletti. Append. v, ed. liened.— Madillox (Ann. Bened., 1. viii> c. 0'»,, Fleury (I. xuv, c. i et Lal p. 230), sont tous d'accord pour appliquer aux enclaves les termes de ce décret. Il faut s'incliner devant de si graves autorités, et cependant , en rapprochant ce» termes du passage de Juan Diacre dont nous donnons un passage en tête do cette note, on serait tenté de croire qu'il s'agit non pas de ceux qui fuyaient la servitMde proprement dite, mais seulement le service ordinaire do l'Église et de l'LUt, ou de la vie sécuiiè.e.

infidèle à sa nouvelle vocation risquait d'être renvoyé à son ancien maître1.

Dans toute cette vaste correspondance par laquelle Grégoire prit en quelque sorte possession de l'occident pour la papauté, je ne sais s'il existe une lettre plus touchante que celle qu'il adressait au

sous-diacre de l'Eglise romaine en Campa nie, au sujet d'une jeune esclave qui voulait se faire reliu jeune esebTe 8'euse- (( J ai appris que le défenseur Félix possède Calel,a* une jeune fille, nommée Catella, qui aspire avec larmes et un véhément désir à l'habit religieux, mais que son maître ne veut pas le lui permettre. Or je veux que vous alliez trouver Félix , et que vous lui demandiez l'ame de cette fille; vous lui en payerez le prix voulu et vous l'enverrez ici par des personnes graves qui la conduiront au monastère. Et faites cela vite , afin que votre lenteur ne fasse courir aucun danger à cette âme*. »

Ses efforts pour la propagation de l'Ordre bénéficiions dictin furent aussi efficaces que constants. Il con-

toonâsuqnes. 1

sacra une portion du patrimoine de l'Eglise à fonder de nouveaux monastères en Italie. Il en construisit pour la première fois dans l'île de Corse. Il confia à des moines la garde et le service de plusieurs

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