Publiée par Mabillon , Analecta, t. IV, p
Mor*Es D'ocr. il. 13
et sVntoare
surtout de moi nés.
Il eo fait des évèquts et
des légats.
se dédommageait de son mieux en sf entourant de ses anciens confrères, et fit décréter à cet effet, par le concile de Rome, en 595, que les officiers laïques et séculiers qui faisaient le service intérieur et secret auprès des papes seraient remplacés par des clercs et même par des moines choisis avec soin pour être témoins de toute sa vie. Avec ceux qu'il s'était ainsi adjoints comme les compagnons familiers de son intimité, il s'appliquait à suivre autant que possible, dans ses études, dans ses occupations, dans ses prières de la nuit et du jour, les usages du monastère; de sorte que le palais pontifical offrait un tableau de celte Eglise des temps apostoliques, dont la vie monastique était la plus fidèle image1.
La plupart de ces moines qu'il associait ainsi a ses travaux quotidiens étaient tirés de son ancienne abbaye de Saint-André, dont les hôtes lui inspirèrent toujours une affectueuse coufiance. Il en promut plusieurs à l'épiscopat, notamment Maximin et Marinien2, qu'il fit archevêques l'un en Sicile et
i. Remotis a suo cubiculo &*>cularibus, clcricos ibi prudcntissiraos consiliarios familiaresque delcgit... monachorum simos sibi familiarcs elegit... Cum quibus die noctuque versatus, il i li il monasticae perfectionis in palatio, nihil ponlificalis institutions in Ecclesia dereliquit... Cum eruditissimis clericis religiosissimi monachi... Talem ecclesiam Romanam exbibuit qualis prima sub Àpostolis fuit... Joan. Diac, il, 12.
l2. Marinien, qui avait longtemps vécu dans le monastère avec Grégoire, fut élu malgré ses propres répugnances, et en désespoir de cause, par les gens de Ravennc, dont le pape avait refusé de confirmer deux élections antérieures. Grégoire eut dans la suite plus d'une occasion de réprimander et de contredire son ancien ami.
Fautre à Ravenne; puis Augustin, qui fut l'apôtre et le premier métropolitain de l'Angleterre. Il aimait surtout à les employer comme légats et à leur confier le soin de le représenter auprès des princes dont il recherchait l'alliance dans l'intérêt de l'Église. Probus, que nous avons déjà nommé et qui lui succéda comme abbé de Saint-André, établit la paix, entre le roi des Lombards et l'exarque de Ravenne, et Cyriaque, qui remplaça Probus dans le gouvernement de la même abbaye, fut successivement envoyé, comme légat, en Sardaigne pour y prêcher la foi aux infidèles, auprès de la reine Brunehaut, en Bourgogne, et du roi Récarède, en Espagne, pour travailler à l'extirpation de la simonie et de l'invasion de l'épiscopat par les laïques. Le pape ne plaçait pas toujours sa confiance avec un égal bonheur : témoin cet André, moine grec qui lui servait d'interprète pour sa correspondance avec les évèques d'Orient (car Grégoire ne savait pas le grec), et qu'il fallut punir pour avoir falsifié les traductions et attribué au pontife des paroles qu'il n'avait jamais prononcées i.