CHAPITRE II
Règle de saint Benoit
Aiialys.» do la règle de saint Benoit, la première faite pour l'Occident. — Préambule. — Deux idées dominantes. — Travail. — Obéissance tempérée par la nature et l'origine du commandement. — Analogie avec la féodalité. — Conditions de la communauté ainsi organisée. — Abdication de la propriété individuelle. — Noviciat. — Vœu de stabilité. — Sagesse et mesure romaine. — Analyse des détails. — Liturgie. — Nourriture. — Vêtement. — Pénalités. — Offices. — Hospitalité. — Malades. — Résumé de la règle, par Bossuct. — Vision de Benoit sur le monde dans un seul rayon. — Il ne prévoyait pas les résultats sociaux de son œuvre. — Immensité de es résultats. — Le monde est reconquis sur les Barbares par les moines.
Btcnim benodictionem dabit legiidator : ihunt do virtuto in virtutem.
P». i.xxxm, 6, 7.
Di lui si feccr'poi diversi rivi Onde l'orio cattolico si riga Si f ho i suoi arbuseelli stan più vivi.
l*AKtDISO, c. XII.
1; Telle fui la vie du grand homme que Dieu desti-
1!„,',ek.ll((il. nait à être le législateur des moines d'Occident. Il nous reste à caractériser sa législation, c'est-à-dire la règle qu'il a écrite et qui a été le code immortel de la branche la plus auguste et la plus féconde de la milice ecclésiastique.
SAINT BENOIT
On doit d'abord remarquer que cette règle est la u première première qui ait été écrite en Occident et pour l'Oc- l>our fTcMeu cident. Jusque-là les moines de cette moitié du monde romain avaient vécu sous l'autorité des règles importées de l'Orient, comme celle de saint Basile, ou des traditions empruntées aux moines d'Egypte et de Syrie, comme celles dont Cassien avait donné un recueil si complet. Saint Benoît ne prélendit ni renverser ni remplacer l'autorité de ces monuments, qu'il invoque et qu'il recommande au contraire clans sa propre règle1. Mais la triste expérience de ses débuts, ce qu'il avait vu et ce qu'il avait souffert dès sa jeunesse, comme anachorète, comme cénobite, comme supérieur, avait dû le convaincre de l' insuffisance des lois qui régissaient les religieux de son temps et de son pays. Pour réprimer le relâchement qui s'introduisait partout, il comprit qu'il fallait substituer au choix arbitraire et variable des modèles fournis par la vie des Pères du désert une règle de conduite permanente et uniforme, et ajouter aux préceptes quelque peu vagues et confus des Pacôme et des Basile un choix de règlements précis et méthodiques, empruntés tant aux leçons du passé qu'à son expérience personnelle. Son illustre biographe nous apprend à y voir la reproduction exacte de sa propre vie dans le cloître *.