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î*8 L'ESPAGNE MONASTIQUE
gique, la médecine, le droit, l'histoire naturelle, la géographie et jusqu'aux arts mécaniques, dans cette vaste encyclopédie qui, sous le nom de traité des Ètymotogics , ou de Y Origine des choses, fut, avec l'ouvrage analogue du moine Cassiodore, le manuel des écoles du Moyen Age1. On a dit de lui avec raison qu'il fut le dernier savant du monde ancien2, et le premier chrétien qui formula la science de l'antiquité pour les chrétiens.
Isidore mourut en 636; mais la lumière qu'il avait versée à flots sur l'Espagne et l'Église ne s'éteignit pas avec lui. Il eut de nombreux disciples, dont saint Ildefonse fut le plus illustre, mais parmi lesquels il faut nommer en passant Braulius, évèque de Saragosse, que l'on vantait comme l'écrivain le plus éloquent de l'Espagne gothique, et ee roi Sisebut, prince lettré, qui eut un double mérite, selon un historien bénédictin, à avoir aimé les lettres, étant roi et étant Goth*.
La plupart des rois visigoths se signalèrent par leur munificence envers les monastères. La seule charte authentique qui nous soit restée de l'époque visigothique est une donation faite en 6Ù6 par le roi Chindaswinde au monastère de Compludo. Ce diplôme est signé par le roi, par la reine Reciberga,
1. Oz\v\y , Ia Civilisation chrétienne chez les Francs, ch. 0.