CuviEn
3. Lo que es mucho para aquello tiempo que siendo Rey y Godo, se aplicava a las letras. Yepes , Cent, secund., p. 48.
par saint Eugène, archevêque de Tolède, et deux autres évèques, par cinq comtes et par quatre abbés, parmi lesquels on remarque le nom d'Ildefonse, destiné à la plus haute illustration1. Mais le grand nombre de donations analogues est attesté par la formule générale et officielle qui servait de modèle aux actes dressés à cette fin, et que l'érudition française a récemment mise en lumière. Le roi qui voulait fonder ou doter une communauté s'y adressait au saint dont les reliques devaient se trouver dans la nouvelle église, et parlait un langage qui fait en quelque sorte palpiter ces pièces de procédure sous le souffle ardent de la foi espagnole. « Glorieux seigneur et bienheureux triomphateur, » y disait-il, a nous avons décrété que désormais, dans le lieu où repose le trésor de votre corps sacré, il y aura une congrégation de moines destinés à servir Dieu et à honorer votre mémoire selon l'usage des Pères qui ont posé ja règle de la vie monastique. Nous offrons à votre glorieuse mémoire telle et telle portion de notre patrimoine, pour entretenir l'église et son luminaire, son encens et ses sacrifices, pour le vêlement et la nourriture légulière des moines, pour le soulagement des |iauvres et pour que les voyageurs y soient accueillis... Nous voulons que cette donation, faite l>our effacer nos péchés, soit perpétuelle; que nul
I. Yti'ts, Coronica gênerai dd Orden de S. iknito. t. II, [>. 17 i, a Ap^iul., Escritura 13.
prêtre, nul prélat ne puisse l'aliéner. Nous avertissons les abbés futurs à travers les siècles de ne point dissoudre, par la tiédeur et Y irrégula ri té, le lien que nous constituons ici. Et vous qui régnerez après nous, nous vous en conjurons par l'empire du Roi éternel (et qu'ainsi Dieu daigne conserver la nation et le royaume des Goths jusqu'à la fin des siècles ! ) , gardez-vous de rien enlever ou de rien mutiler dans ces oblations par lesquelles nous voulons plaire à Dieu pour notre salut et celui de tous les Goths ! Glorieux martyr, agréez ce don et portez-le sous le regard de Dieu1. » C'est dans ce même formulaire, comme dans la charte de Compludo, qu'apparaissent déjà les formidables imprécations, si usitées pendant tout le Moyen Age contre les violateurs et les spoliateurs des choses saintes, qui les menacent du sort de Sodome et de Gomorrhe , et qui leur assignent une place dans l'enfer à côté de Dathan , d'Abiron et de Judas Iscariote.
Le développement de l'Institut monastique marchait de front avec celui des lettres et de la piété chrétienne, sous l'impulsion des grands docteurs
1. Formula quam facit rex qm Ecclesiam œdificans monasterium facere voluerit. Domino glorioso et triumphalori beatissimo... Juxta Patrum more (sic) qui monachis normam vitœ posuerunt... Pcr a*tatw» succiduaa futuros proemonemus abbates... Pcr nHorni régis imperium (sic Deus Gothorum gentem et regnum usque in finem saeculi conservare dignetur !)... E. de Rozièi\e, Formules visigothiques inédites, n° 9, 1854.
Abbaye d'Agali.
que la vie religieuse enfantait à Y Espagne. Le signataire du diplôme de Compludo, saint Ildefonse, en qui Léandrc et Isidore semblent revivre tout entiers, et qui fut le plus populaire des saints espagnols, sortait comme eux de la fameuse école de Séville; mais il se rattache aussi à un autre centre de science et d'éducation ecclésiastique créé par l'esprit monastique. Aux portes de^olède qui, de- é«>i«
de Tolède.
puis la réunion de toute l'Espagne sous le sceptre des rois visigoths, avait remplacé Séville comme capitale de la royauté visigothe, s'élevait le monastère d'Agali, fondé dès le vie siècle. Au siècle suivant, ce fut une pépinière de saints et, de docteurs et la plus célèbre abbaye de la péninsule. On en vit sortir successivement six évêques métropolitains de Tolède1, et parmi eux Uelladius, jeune seigneur de la principale noblesse, ami et compagnon d'études de Léandre. qui, comme lui, renonça jeune [au monde, vécut longtemps à Agali, avant de se faire religieux, dans la familiarité des moines, et se plaisait à porter les fagots dans le four abbatial2. Devenu évéque après avoir été abbé du monastère,
1. Aurasius, mort en 611; Uelladius, mort en G32 ; saint Just, qui présida avec saint Isidore au ivr concile de Tolède et mourut en 635; Eugène II, moine dès l'enfance, qui présida aux V, vr* et vu" conciles de Tolède, et mourut en 640; Eugène III, qui fut le poéto le plus distingué de l'Espagne gothique (v. BoimnET, op. ci/.), présida les vin*, îx' et x" conciles de Tolède, et mourut en 058; enfin, Ildefonse, neveu du précédent, mort en 007. Les trois premiers et Ildefonse furent non-*eulement moines, mais abbés d'Agali.