‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 81 sur 177 · Voir les conciles vm, xiv, xvi, mais surtout le canon du · texte numérisé non relu

Voir les conciles vm, xiv, xvi, mais surtout le canon du

en 033, qui valida la disposition de Swintbila, après avoir pris l'avts de la nation.

2. Defuncto in pace principe, primates toliusgentis cuin saconlotibus successorem repni comtnuni concilio constituant. Cour, iv, eau. 7i. — Qucm nec electio omnium provehit, uec gothicio sentis nobilitas ad buuc bonoris apicem trabit, sit... anatbcmati condvinnutuç...

AU SIXIÈME SIÈGLF. ÎH

Après avoir bien constaté que le roi n'était que le mandataire et le délégué du peuple, elles semblent lui accorder une sorte de revanche en attribuant à son autorité une plénitude qui contraste avec les limitations que les libertés traditionnelles des races germaniques imposaient à leurs princes, chez qui on savait à la fois mieux reconnaître les droits du sang et mieux contenir l'exercice du pouvoir. Mais jamais, il faut le reconnaître, on n'a parlé au pouvoir souverain un langage plus noble que celui du quatrième concile de Tolède, par la bouche d'Isidore et de ses collègues, au roi Sisenand et à ses successeurs. « Vous qui êtes actuellement roi, et vous tous, princes de l'avenir, nous vous conjurons humblement d'être doux et modérés envers vos sujets, de gouverner avec justice et piété les peuples que Dieu vous confie, et de payer ainsi votre dette au Christ qui vous fait rois. Que nul d'entre vous ne prononce seul dans les causes qui intéressent la vie ou les biens, mais que le crime des accusés soit démontré dans une séance publique avec les chefs du peuple et par un jugement manifeste. Soyez doux dans votre sévérité même ; grAce a cette modération, les rois seront contents des peuples, les peuples des rois, et Dieu des uns et des autres. Quant aux rois futurs, voici la sentence

forte, v, can. 3. — NuUus sub roligionis habitu dctonsus... servilem originem trahcns, vcl çxtraneto gentis homo, nisi generc et moribua digqus. Conc. xyi, can. 17.

que nous promulguons : Si quelqu'un d'entre eux, contre le respect des lois, par orgueil, ou par faste royal, ou par cupidité, opprime et tourmente son peuple, qu'il soit anathématisé par le Seigneur Christ, et à jamais séparé de Dieu 1 ! »

Mais les rois, qui écoutaient docilement ces leçons, ne les pratiquaient guère. Les conciles n'en furent pas moins obligés d'intervenir avec énergie pour réprimer la rapacité des rois et l'insolence subalterne de certains officiers tirés par eux des rangs serviles. « Lorsque, » disent les Pères du huitième concile en 653, que présidait le moine Eugène, comme évêque de Tolède, et où siégeait déjà Ildefonse comme abbé d'Agali, « lorsque, dans les temps passés, l'avidité effrénée des princes s est jetée sur les dépouilles des peuples et s'est acharnée à grossir leur trésor des larmes de leurs sujets, il nous a été enfin inspiré par le souffle d'en haut, après avoir octroyé aux sujets les lois du respect, d'imposer aussi un frein aux excès des princes 2. » Et les Pères du treizième concile en 683 décrètent ce qui suit : « Nous savons que beaucoup d'esclaves

1. Te quoquc prœsenteoi regem futurosque sequcntium aetatum principes... Ne quisquam vestrum solus in causais capitum aut rerum sententiam ferat, scd consensu publico cum rectoribus... Si qui» ex cis contra reverentiam legum supcrba dominationc et fastu regio... crudelissimam potestatem in populo exercuerit... Conc. iv, can. 75.

2. Cum immoderatior aviditas principum scse prona diflunderet in gpoliis populorum... nobis est divinitus inspira tu m ut, quia aubjectis leges reverentiaï dcderamus, principum quoquc excessus retinaculum tempcrantia? poneremus. Concil. vm, ap. Colftti, t. VUI, p. 428.

et d'affranchis, élevés par ordre du roi à des offices palatins, et affectant de s'arroger un pouvoir que la bassesse de leur origine leur interdisait, devenus les égaux de leurs seigneurs par leur nouvelle dignité, se sont faits les bourreaux de leurs anciens maîtres, de ceux-là mêmes à qui ils devaient leur liberté. C'est pourquoi nous défendons qu'aucun serf ou affranchi (excepté ceux du fisc) soit désormais admis à un office palatin1. »

Malheureusement les efforts de ces assemblées pour contenir les excès des princes et de leurs ministres, comme ceux des grands et du clergé, manquaient de garantie et de sanction durable. Les Goths d'Espagne, se laissant trop rapidement dominer par l'esprit et les mœurs des populations romaines, perdirent peu à peu la tradition des institutions et des libertés germaniques. Déshabitués de ces assemblées d'hommes libres et de cette pratique des vertus militaires que l'on voit toujours persévérer chez les Francs, ils ne surent pas créer les contre-poids nécessaires aux violences des rois, qui finirent par jeter la monarchie des Visigoths en proie à l'épée des Arabes.

On reconnaît encore dans leurs prescriptions sans cesse renouvelées et toujours également im- Rigueur*

, »» r • v contre les Juifs.

puissantes contre les Juifs, que 1 on forçait a se laisser baptiser, et que l'on s'acharnait à poursuivre

\. Conctl. îu ToUt., eau. 0, ap. Colctt., t. VU, 1471*

jusque dans leurs coutumes domestiques et intimes, ce caractère implacable de la religion espagnole, qui déjà révoltait deux siècles auparavant la grande âme de saint Martin contre les évêques persécuteurs des priscillianistes *, et qui a presque toujours manqué son but en le dépassant, ainsi que le démontre le rôle, plus important que partout ailleurs, joué par les Juifs, et même par les Juives, dans l'histoire du moyen âge espagnol. Par une lamentable inconséquence , ces mesures impitoyables avaient été précédées par l'exemple des seules voies de persuasion qu'employa le roi Récarède contre les prêtres ariens 2, par le blâme formel de saint Isidore contre le fanatisme néophyte des rois visigoths, et par ce texte du concile de 633, qui respire l'intelligente tolérance du christianisme vainqueur : « Ne peuvent être sauvés que ceux qui le veulent bien. De même que l'homme a péri en écoutant le serpent par l'effet de sa propre volonté, ainsi, sur l appel de la grâce divine, l'homme ne se sauve et ne croit que par la conversion volontaire de sa propre âme. Ce n'est donc pas par la force, mais par le libre arbitre, qu'il faut leur persuader de se convertir3. »

î. Voir plus haut, tome I, livre m, page 225.

Page 1