‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 93 sur 177 · Acg. Thierry, Récits mérovingiens, t. H, p · texte numérisé non relu

Acg. Thierry, Récits mérovingiens, t. H, p

4. Antrustion, homme de la foi 'trust) du chef, terme traduit dans la version latine de la loi salique par celui de conviva régis.

à la violence du maître des violences non moins redoutables et souvent non moins illégitimes. « Adieu, » disait une députation de seigneurs austrasiens au roi Gontran de Bourgogne, petit-fils de Clovis; » adieu, ù roi î nous prenons congé de toi, « en te rappelant que la hache qui a brisé le crâne « de tes frères est encore bonne : et bientôt c'est à « toi qu'elle fera sauter la cervelle*. »

Par quel changement prodigieux ces barbares, à peine baptisés, devinrent- ils le peuple chéri de l'Église et la race d'élite du monde chrétien? C'est ce qu'on verra dans la suite de ce récit. Des à présent i\ faut reconnaître que, par un privilège unique, ils ne furent jamais ariens. Seuls, parmi les conquérants barbares de l'empire romain, ils ne laissèrent pas leur énergie et leur simplicité devenir la proie de cette hérésie dont nul n'a encore expliqué l'inconcevable et irrésistible ascendant sur toutes les nations germaniques, et qui, vaincue chez les vieux peuples chrétiens, sut se créer au sein même de leurs vainqueurs un triomphant asile. Fermer l'accès de la Gaule à tous les autres barbares, et à l'intérieur assurer l'unité catholique en chassant sans persécution ouverte l'hétérodoxie, c'était rendre à la chrétienté naissante deux services souverains. Au midi delà Loire, les populations catholiques, qui ne savaient que trop comment les Barbares ariens

1. Valedicimus tibi, o rex... Scimus soliilam esse securim... cehirius tuum Hbrabit ddixa cerebrum. Greg. Tiro*., I. vit, c. U.

avaient poursuivi le clergé orthodoxe en Afrique et en Espagne, soupiraient avec passion après la domination des Francs1. C'est pourquoi saint Remy disait aux détracteurs de Clovis : « Il faut pardonner « beaucoup à qui s'est fait le propagateur de la foi « et le sauveur des provinces. » C'est encore ce qui explique, sans les justifier, ces formules adulatrices que prodiguent la plupart des auteurs ecclésiastiques à des princes dont la vie publique et privée était chargée de crimes atroces. A la différence des empereurs byzantins, qui faisaient à tout propos intervenir l'autorité de l'État dans les choses spirituelles, et qui se croyaient meilleurs théologiens que les évêques, ils se mêlaient peu de théologie, et, sauf les cas trop nombreux où ils attentaient à la liberté des élections épiscopales au profit de leurs domestiques ou de leurs favoris, ils laissaient à Les Mérovingiens

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