‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 96 sur 177 · CHAPITRE II Arrivée des Bénédictins en Gaule · texte numérisé non relu

CHAPITRE II Arrivée des Bénédictins en Gaule

Saint Maur à Glanfeuil, en Anjou. — Propagation de la Règle bénédictine. — Première rencontre de la royauté franque avec les fils de saint Benoit : Théodebcrt et saint Maur.

La renommée de Benoît et de son œuvre n'avait pas lardé à franchir les limites de l'Italie; elle avait surtout relenti en Gaule. Un an avant la mort du patriarche, on vit arriver au Mont-Cassin deux envoyés du prélat gallo-romain , Innocent, évéque du Mans, qui, non content des quarante monastères qu'il avait vus naître pendant son pontificat dans le pays des Génomans, voulait encore enrichir son diocèse d'une colonie formée par les disciples du nouveau législateur des cénobites d'Italie. Benoît MiMi01l confia cette mission au plus cher et au plus fervent d^Gauî£ de ses disciples, à un jeune diacre nommé Maurus, comme lui d'origine patricienne, qui s'était dignement préparé à ces labeurs lointains en renchérissant sur les austérités de la Règle, et qui semblait désigné à toute la communauté corn m 3 le successeur naturel du fondateur. Il lui donna quatre compagnons, dont l'un a écrit l'histoire de la mis-

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sion1, et lui remit un exemplaire de la Règle, écrit de sa main, avec le poids du pain et la mesure du vin que chaque religieux devait consommer en un jour, pour servir de types invariables de cette abstinence qui devait constituer l'une des forces principales du nouvel institut»

A la tète de cette poignée 3e missionnaires qui allaient jeter au loin une semence destinée à être si féconde, Maur descend du Mont-Cassin, traverse l'Italie et les Alpes, s'arrête un moment à Agaune, au sanctuaire que la royauté burgonde venait d'élever sur les reliques de la légion thébéenne5, puis pénètre dans le Jura pour y visiter les colonies de Condat et y faire sans doute connaître la règle de son maître. Arrivé sur les bords de la Loire, et repoussé par le successeur de l'évèque qui l'avait appelé, il s'arrête en Anjou que gouvernait alors un vicomte nommé Florus, au nom et sous l'auto-

1. La vie de saint Maur, par son compagnon Faustus, a Subi de fâcheuses interpolations au ixr siècle, selon les Acta Sanctomm Ordinis S. Benedirti de n'AcmnY et Mabillon. Le P. Papebroch (ap. Rolland., d. i(J et 22 Maii;la regarde comme complètement mensongère. Mais l'authenticité de sa mission et des principaux traits de sa biographie, contestée par Basnage et Baillet, a été victorieusement démontrée par Mabillon .ui-mème (Prœf. in sœc. I, Act. SS. 0. S. B.), et surtout par dom Ruinait dans l'Appendice da tome ! des Annales bétièdictines de Mabillon. — Cf. aussi la savante Histoire des évAjues du Mans, par dom Piolin, bénédictin de Solesmes, Î8M, t. I, p. 237. Ce dernier ouvrage renferme de très-précieux détails sur la propagation de la vie claustrale dans le Maine pendant toot le vi* siècle.

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