Cum ducibus ac ministris tuis... Mit thynem Ealdormannum
a neige et vente au dehors, un passereau entre par a une porte et sort à tire-d'aile par l'autre ; pence dant ce rapide trajet, il est à l'abri de la pluie cl ce dès frimas; mais après ce court et doux instant il ce disparaît, et de l'hiver il retourne à l'hiver. Telle ce me semble la vie de l'homme, et son cours d'un ce moment, entre ce qui la précède et ce qui la suit, ce et dont nous ne savons rien ; si donc la nouvelle ce doctrine peut nous en apprendre quelque chose de ce certain, elle mérite d'être suivie l. »
Après beaucoup de discours dans le même sens, car rassemblée paraît avoir été unanime, le grand prêtre Coïfi eut une meilleure inspiration que celle de ses premières paroles. Il témoigna le désir d'entendre Paulin parler du Dieu dont il se disait l'envoyé. L'évéque prit la parole, avec la permission du roi. Quand il eut fini, le grand prêtre s'écria : ce Dece puis longtemps j'avais compris le néant de ce que ce nous adorions, car plus je m'efforçais d'y chercher ce la vérité, moins je l'y trouvais. Or, maintenant ce je déclare tout haut que dans cette prédication je ce vois briller la vérité qui donne la vie, le salut et le ce bonheur éternel. Ainsi donc je vote pour que nous ce livrions sur-le-champ au feu et à la malédiction
and Thegnum, dit la traduction de Bede faite en anglo-saxon par le roi Alfred.
1. Alius optimatum régis subdidit : Talis mihi videtur, rex, vita hominuin... quale cura te résidente ad ccenam a^censo foco in média et calido eftectocœnaculo... adveniens unus passerum domum citissiuie pervolaverit... mox de hieme in liiemera regrediens. Bede, 11,13.
« les autels que nous avons si inutilement eonsa- « erés *. » Aussitôt le roi déclara publiquement qu'il adhérait à l'évangile prêché par Paulin, qu'il renonçait à l'idolâtrie et qu'il adoptait la foi du Christ. « Mais qui, » demanda le roi, c< voudra le premier « renverser les autels des anciens dieux, et profaner « leurs enceintes sacrées? — Moi, » répondit le grand prêtre ; sur quoi il pria le roi de lui donner des armes et un étalon, pour mieux violer la règle de son ordre , qui lui interdisait le port d'arïiies et toute autre monture qu'une cavale. Monté sur le cheval du roi, ceint d'une épée, et la lance à la main, il galopa vers les idoles, et à la vue du peuple qui le croyait fou, il jeta sa lance dans l'intérieur du temple. Le fer profanateur s'enfonça dans le mur ; à la surprise des spectateurs, les dieux se turent et le sacrilège demeura impuni. Alors ils obéirent aux exhortations du grand prêtre, qui leur ordonna d'abattre le temple et de le brûler*.
Baptême Ces choses se passaient en la onzième année du
a i™ Edwm r£gne d'Edwj]^ Toute la noblesse northumbrienne et
uobicbbe. une grande partie du peuple suivirent l'exemple du
roi, qui se fit baptiser solennellement le jour de
iî avili Pâques (627) par Paulin, à York, dans une église en bois, bâtie à la hâte pendant qu'on le préparait au bap-
1. Unde suggero, o i ex, ut templa et altaria quse sine fructu utilitatis sacravimus ocius anathemati et igni contradamus. Bbde, II, 3.
2. Ule respondit : Ego... Rogavit sibi regem arma dare et equuni einissarium quem asceiidens... pergebat ad idola. laid. Cf. la version saxonne citée par Lingardj I, 30;
tème1. Aussitôt après, il lit construire autour de ce sanctuaire improvisé une grande église en pierre qu'il n'eut pas le temps d'achever, mais qui est devenue depuis l'admirable Mimter d'York et la métropole du nord de l'Angleterre. Cette ville d'York avait déjà été célèbre du temps des Romains. 1/ empereur Sévère et le père de Constantin y étaient morts. Les Northumbriens en avaient fait leur capitale; et Edwin y constitua le siège de l'épiscopat dont son maître Paulin était revêtu. Ainsi se trouva réalisé le grand dessein de Grégoire qui, trente ans auparavant, dès le début delà mission anglaise, avait prescrit à Augustin d'envoyer un évêque à York et de lui conférer le caractère de métropolitain des douze évèchés suffragants dont il rêvait déjà la fondation dans le nord du pays conquis par les Anglo-Saxons* .
Pendant six années, le roi et l'évêque travaillèrent 027-053. de concert à la conversion du peuple northumbrien et même de la population anglaise des régions voisines. Les chefs de la noblesse et les principaux serviteurs du roi se firent baptiser les premiers, avec les fils du premier mariage d'Edwin. L'exemple d'un roi était d'ailleurs loin de suffire, chez les Anglo-
i. Accepit rex cum cunctis gentis su» nobilibus ac plèbe perplurima lidem et lavacrtim... Ipse doctori et antistiti suo Paulino sedem episcopatus donavit... Baptizatus est ibi sed et alii nobiles et regii viri non pauci... Bede, II, 14.
2. Qui tuœ subjaceant ditioui. . . ita duntaxat ut si eadem civitas cum finitimis locis verbum Dei recfcperit, ipse quoqiie XII episcopos ordinet, et metropdlitani honore perfruatur. Bedej I, 29.
Saxons, pour déterminer la conversion de tout un peuple, et, pas plus qu'Ethelbert et Augustin, le premier roi chrétien et le premier évêque des Northumbriens ne songèrent à employer la contrainte. Il leur fallut sans doute plus d'un effort pour surmonter la rudesse, l'ignorance ou l'indifférence des Saxons Le roi td win païens. Mais les consolations aussi abondaient, car
lévéque Paulin la ferveur de ce pauvre peuple et sa soif du baptême de concert étaient souvent prodigieuses. Paulinétant venu, avec le
ia conversion roi et la reine qui l'accompagnaient maintes fois pen-
Aoithumbriens. dant ses missions, dans une certaine villa royale, tout à fait au nord, ils durent tous les trois y demeurer trente-six jours de suite, et pendant tout ce temps Tévêque ne faisait autre chose du matin au soir que de catéchiser la foule qui affluait de tous les villages Baptême d'alentour, puis de la baptiser dans la rivière qui masse coulait tout auprès. À l'extrémité opposée du pays,
par immersion, au midi, on donne encore de nos jours le nom de Jourdain à une portion du cours de la Derwent, près du vieux gué romain de Mal ton, en souvenir des nombreux sujets d'Edwin que le missionnaire romain y baptisa1. Partout il baptisait dans les rivières ou dans les fleuves, car le temps manquait pour construire des églises1. Cependant il bâtit auprès du principal palais d'Edwin une église de pierre, dont