‹ Les moines d'OccidentChapitre 103 sur 113 · Hook, Lives of'tke Arvhbùhops, p. 53 et · texte numérisé non relu

Hook, Lives of'tke Arvhbùhops, p. 53 et

"à. Dilectissiino fratri Honorio Honorius... Exorainus ut vestram

du

règne

d'Eihviu.

DE CÀ.NTORBÉRY. 407

Ce même pape écrivit au roi Edwin pour le féliciter de sa conversion, ainsi que de l'ardeur et de la sincérité de sa foi, et pour l'exhorter à beaucoup lire les œuvres de saint Grégoire, qu'il appelle le prédicateur des Anglais et qu'il recommande au roi de prendre pour perpétuel intercesseur auprès de Dieu1. Mais quand cette lettre arriva en Angleterre, Edwin n'était déjà plus.

Les six années qui s'écoulèrent depuis sa conver- ho^niè sion jusqu'à sa mort comptent assurément parmi les bientau» plus glorieuses et les plus heureuses qu'il ait été donné à aucun prince anglo-saxon de connaître. Il plaça rapidement la Northumbrie à la tête de l'Heptarchie. Au midi, son zèle ardent pour la foi qu'il avait embrassée après de si mûres réflexions débordait jusque sur les populations qui, sans être soumises à son autorité directe, appartenaient à la même race que ses sujets. Les Est- Angles ou Anglais

dilectionem in praedicatione Evangelii laborantem et fructilicantem sectantemque magistri et capitis sui sancti Gregorii regulam perpeti stabilitate confirme* (redemptor)... ut flde et opère, in timoré Dei et caritate, vestra adquisitio decessorumque vestrorura quaï per Domini Gregorii exordia pullulata convaiescendo amplius extendatur... long» terrarum marisque intervalle, quse inter nos ac vos obsistunt, ac et nos condescendere coegerunt, ut nulla posait ecclesiarum vestrarum jactura per cujuslibet occasionis obtentum quoque modo provenire : sed potius commissi vobis populi devotionem plenius propagare. Ap. Bejum, II, 18.

1. Pradicatores vestri,.. Gregorii fréquenter leotione occupât i, pr« oculis affectum doctrinse ipsius, quam pro vestris animabus libenter exercuit, habetote : quatenus ejus oratio, et regnum vestrum populumque augeat, et vos omnipotenti Deo irreprehensibilcs reprtesentet. Ibid. H, 17.

Coiivei*ioii

des.

Ist-Aiiglieii».

408 SAINT AUtiUSTLN

orientaux, comme on Ta vu, lui avaient offert de régner sur eux et il avait refusé. Mais il usa de son ascendant sur le jeune roi, qui lui devait sa couronne, pour le déterminer à embrasser la religion chrétienne avec tout son pays. Eorpwald expiait ainsi l'apostasie de son père, et Edwin payait ainsi la rançon de la généreuse pitié que la royauté est-anglienne avait prodiguée à sa jeunesse et à son exil.

Au nord, il étendit et consolida la domination anglo-saxonne jusqu'à l'isthme qui séparait la Calédonie de la Bretagne. Il a laissé une trace ineffaçable de son règne dans le nom de la forteresse construite par lui sur le rocher qui dominait dès lors l'embouchure du Forth et qui dresse encore ses flancs sombres et alpestres, véritable Acropole du nord barbare, au sein de la grande et pittoresque ville d'Edimbourg (Edwin' s burgh) .

A l'ouest, il continua, avec moins de férocité qu'Ethelfrid, mais avec non moins de bravoure et de succès, la lutte contre les Bretons de Cambrie; il les poursuivit jusque dans les îles du détroit qui sépare la Grande-Bretagne de l'Irlande; il s'empara de l'île de Man et de cette autre île qui avait élé le dernier abri des Druides contre la domination romaine, et qui, à partir de la conquête d'Edwin, prit le nom de la race victorieuse des Angles, Angles-ey.

A l'intérieur de ses États, il fit régner une paix et une sécurité si inconnue avant et après son règne <|u'elle passa en proverbe, car on se disait que, du

DE CÀISTORBÉRY. MO

temps d'Edwin, une femme avec son enfant nouveau-né aurait pu traverser l'Angleterre de la mer d'Irlande à la mer du Nord sans rencontrer quelqu'un qui lui fit le moindre tort. On lui savait gré de ce soin si minutieux du bien-être de ses sujets, qui le portait à faire suspendre auprès des fontaines sur les grands chemins des coupes en cuivre pour que les passants pussent boire à leur aise, sans que personne songeât à les voler, soit par crainte, soit par amour du roi. Aussi personne ne lui reprochait la pompe inusitée qui signalait son cortège, non-seulement quand il allait à la guerre, mais lorsqu'il chevauchait paisiblement à travers les villes et les provinces, en faisant porter au-devant de lui et au milieu des bannières militaires la lance surmontée; d'une grande touffe de plumes que les Saxons avaient empruntée aux légions romaines et dont ils avaient fait l'étendard sacré du Bretwalda et le signe de la domination suprême dans leur confédération.

Mais toute cette grandeur et cette prospérité allaient s'engloutir dans une catastrophe subite.

Il y avait d'autres Angles que ceux de Northumbrie et d'Est-Anglie déjà adoucis ou entamés par l'influence chrétienne ; il y avait les Angles de la Mercie, c'est-à-dire de la grande région centrale qui s'étendait

1. Sicut usque hodie in proverbio dicitur, etiamsi millier una cum recens nato parvulo vellet totam perambulare insulam a mari ad mare, nullose lsedente valeret. . Erectis stipitibus aereos capeos suspendi juberet... Hlud genus vexilli quod Romani Tufam, Angli vero Tuuf appellent. Bede, II, 16.

Ligne

des

terriens

païens

et

«les Bretons

chrétiens

contre

Ethrin,

sous Penda,

de l'Humber à la Tamise. Le royaume de Mercie était le dernier État né de la conquête anglo-saxonne ; il avait été fondé par ceux des envahisseurs qui, trouvant toutes les places prises sur le littoral oriental et méridional de l'île, s'étaient trouvés contraints de s'enfoncer dans l'intérieur. Il devint le centre de la résistance païenne et de ses retours offensifs contre la propagande chrétienne qui aura désormais son foyer principal en Northumbrie. Les païens de Mercie trouvèrent un chef formidable dans la personne de Penda, issu de race royale, ou, comme on le croyait alors, du sang d'0din,et roi lui-même pendant vingtdeux ans, mais enflammé de toutes les passions de la barbarie et surtout dévoré de jalousie contre la fortune d'Edwin et la puissance des Northumbriens. Depuis la conversion d'Edwin, ces instincts farouches s'étaient renforcés par le fanatisme. Penda et les Merciens restaient fidèles au culte d'Odin dont tous les rois saxons se croyaient les descendants. Edwîn et les Norlhumbriens n'étaient plus à leurs yeux que des traîtres et des apostats. Mais chose plus surprenante, les habitants primitifs de l'île, les Bretons chrétiens, plus nombreux en Mercie que dans toul autre royaume anglo-saxon, partageaient et excitaient la haine des païens saxons contre les néophytes de la même race. Ces vieux chrétiens, on ne saurait assez le redire, toujours exaspérés contre les envahisseurs de leur île, ne tenaient aucun compte de la foi des Angles convertis et ne voulaient à aucun

I>ti OANTORBÉRV.

titre entrer en communion avec eux1. I^es Bretons de Cambrie, restés indépendants, mais toujours menacés, vaincus et humiliés depuis près d'un siècle par Ida, Ethelfrid et Edwin, professaient et nourrissaient leur antipathie avec encore plus de fureur que les autres*. Leur chef, Gcadwalla ou Gadwallon, le dernier héros de la race celtique en Bretagne, d'abord vaincu par Edwin et forcé de se réfugier en Irlande et en Àrmorique8, en était revenu avec un redoublement de rage et des auxiliaires de race celtique pour reprendre la lutte contre les Northumbriens. Il réussit à faire alliance avec Penda contre l'ennemi commun. Sous ces deux chefs, une immense armée, où les Bretons chrétiens de Cambrie coudoyaient les païens de Mercie, envahit la Northumbrie. Edwin les attendait à Hatfield, sur la frontière méridionale de son royaume. 11 y fut écrasé. Il périt glorieusement les armes à la main, à peine âgé de quarantehuit ans, d'une mort qui lui a mérité d'être compté parmi les martyrs4. L'aîné de ses fils périt avec lui ; l'autre, prisonnier de Penda, qui lui avait promis la vie sous serment, fut égorgé par le parjure. La Northumbrie fut mise à feu et à sang, et la nouvelle chrétienté complètement anéantie. Le plus barbare des persécuteurs ne fut pas l'idolâtre Penda,

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