Act. SS. Bolland., die 42 octobris
et Cadwallon,
La
Northumbrie
est
envahie.
Edwin est tué.
1 4 octobre
u mais bien le chrétien Cad wallon, qui parcourut penfi,™iSr dant une année entière toutes les provinces de la Noiihumbrie. Northumbrie, en massacrant tout ce qu'il rencontrait, en livrant même les femmes et les enfants à d'atroces tortures avant de les mettre à mort. Il était, dit Bede, résolu à extirper du sol de la Bretagne la race des Anglais, dont le christianisme récent n'inspirait que le mépris ou le dégoût à ce vieux chrétien enivré de sang et d'un patriotisme féroce1.
On ne sait pourquoi la Northumbrie, après la mort d'Edwin et de ses fils, ne fut pas conquise et partagée par les vainqueurs; mais elle demeura divisée, asservie et replongée dans le paganisme. La Deïra échut à Osric, cousin germain d'Edwin; la Bernicie à Eanfrid, l'un des fils d'Ethelfrid, revenu de son exil d'Ecosse. Tous deux avaient reçu le baptême : l'un avec son cousin, à York; l'autre, de la main des moines celtiques d'Iona. Mais une réaction païenne avait été la conséquence inévitable de la catastrophe du premier roi chrétien dans l'esprit des Northumbriens. Les deux princes cédèrent à cette réaction et renièrent leur baptême. Ils n y gagnèrent rien. Le roi de Deïra fut tué en combattant les Bre-
1. Maxima est facta strages in Ecclcsia vel gente Nordanhymbrorum... Unus ex ducibus paganus, alter... pagano saevior. . Quanrvis noraen et professionem haberet christiani, adeo animo et moribus barbarus, ut ne sexui muliebri vel innocuae parvulorum parceret œtati, quum uni versos atrocitate ferina morti per tormenta contra deret... Totum genus Anglorum Britannise fmibus erasurum se esse deliberans; sed nec religioni Christian» quœ apud eos exorta erat, aliqiiid impendobat lionoris. Bede, H, 20. Cf.. IH, \.
DE CÀNTORBÉRY. 475
tons, et le roi de Bernicie égorgé dans une entrevue qu'il avait sollicitée du sauvage Cadwallon.
L'évêque Paulin ne se crut pas obligé de rester Fuite
de
témoin de tant d'horreurs. Il ne songea qu'à mettre Paulin en sûreté la veuve du roi Edwin, cette douce Ethel- dTtneibur&e. burge qui lui avait élc confiée par son frère pour un autre destin; il la ramena par mer dans le royaume de ce frère, avec la fille et les deux derniers fils qu'elle avait eus d'Edwin. Même auprès de son frère, le roi de Kent, elle craignit de les garder en Angleterre ; voulant elle-même consacrer son veuvage à Dieu, elle les confia au roi des Francs, Dagobert, son cousin1, auprès de qui ils moururent en bas âge. Quant à Paulin, qui n'avait laissé à la garde de son église d'York qu'un courageux diacre italien dont il sera parlé plus tard, il trouva le siège épiscopal de Rochester vacant par suite de la mort du moine romain qui en était titulaire et qui, envoyé par le primat auprès du pape, venait de se noyer dans la Méditerranée. Paulin fut pourvu de cet évêché par le roi et par l'archevêque Honorius qu'il
1 . Voici le tableau de la parenté entre la reine de Northumbrie et
le roi d'Austrasie :