Essex. Est-Anplie, Northumbrie
fait rechercher ou braver le martyre, aucune vertu ne semble leur avoir fait défaut. Aucun témoignage, aucun soupçon ne s'élève contre l'invincible charité de leur âme, la fervente sincérité de leur foi, la pureté irréprochable de leurs mœurs, le glorieux désintéressement, l'infatigable activité, la constante abnégation, l'austère piété de toute leur vie.
Comment donc s'expliquer leur échec et Tavortement successif de leurs laborieuses tentatives? Peut-être eurent-ils le tort de ne pas assez imiter Notre-Seigneur Jésus-Christ et ses apôtres, de ne pas assez prêcher aux petits et aux pauvres, de ne pas assez' braver la colère des grands et des puissants. Peut-être eurent-ils tort de s'adresser trop exclusivement aux rois et aux chefs de guerre, de ne rien entreprendre, rien tenter sans le concours ou contre la volonté de la puissance séculière1. De là sans douie ces péripéties, ces réactions, ces rechutes subites et complètes dans l'idolâtrie qui éclataient à la mort de leurs premiers protecteurs ; de là encore ces accès de timidité, de découragement et de désespoir où on les voit tomber sous le coup des révolutions et des mécomptes de leur carrière. Peut-être enfin n'eurent-ils pas tout d'abord l'intelligence du caractère national des Anglo-Saxons et ne surent-ils pas gagner et maîtriser les âmes en conciliant leurs habitudes ou leurs idées italiennes avec la rudesse, l'indépendance, la virile énergie des populations de race germaine.