SAINT AUGUSTIN DE CANTORBÉRY
Toujours est-il qu'il fallait du sang nouveau pour infuser une vie nouvelle dans les germes épars ou incomplets de la chrétienté anglo-saxonne, pour continuer et achever l'œuvre des missionnaires monastiques du mont Cœlius. Ceux-ci auront toujours la gloire d'avoir les premiers abordé, défoncé, ensemencé ce sol fécond, mais rebelle; d'autres vont venir arroser de leurs sueurs les champs qu'ils ont préparés et récolter la moisson qu'ils ont semée- Mais les fils de saint Grégoire n'en demeureront pas moins devant Dieu et les hommes les premiers ouvriers de la conversion du peuple anglais. Ils ne déserteront pas d'ailleurs leur tâche. Comme des navigateurs retranchés dans un fort construit à la lui te sur la plage qu'ils veulent conquérir, ils se concentreront dans leurs premières et indestructibles fondations de Cantorbéry, dans le monastère métropolitain de l'église du Christ et le monastère extra muros de Saint-Augustin ; ils y maintiendront le dépôt des traditions romaines et de la règle bénédictine en même temps que cette citadelle de l'autorité apostolique qui a été pendant des siècles le cœur et latfte de l'Angleterre catholique.